L’efficacité énergétique grâce à la télégestion de l’eau et du génie climatique : 3 questions à M.Crambert de Lacroix-Sofrel

Le 17 septembre 2013

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Roland CRAMBERT, Directeur marketing et communication Lacroix Sofrel, nous explique en quoi les solutions de télégestion et de télé-contrôle sont une réelle percée sur le sujet de l’efficacité énergétique et comment ce savoir-faire issu d’une R&D constante s’exporte à l’international, seul, ou dans le cadre d’un cluster.

Pouvez-vous nous présenter l'entreprise et nous expliquer quels sont les apports de la télégestion appliquée aux réseaux d’eau au regard de la sobriété, de la sécurité et de l’efficacité énergétique ?

"La société SOFREL créée en 1971 dans le domaine de la sous-traitance électronique s'est spécialisée dans le développement de produits de télégestion qui trouvent leurs applications dans le domaine des réseaux d’eau (eau potable, assainissement, irrigation) et de la protection de l'environnement (prévention des crues,contrôle de qualité des eaux, suivi de nappes phréatiques). Elles s’appliquent également au contrôle du génie climatique (chauffage, réseaux de chaleur, froid, climatisation, ventilation, GTB), de l’éclairage public et de certaines installations industrielles."

"Ces produits de télégestion permettent de contrôler, d'analyser et de gérer à distance tous ces réseaux. Les clients et utilisateurs sont les collectivités locales, les exploitants de réseaux d'eau, de chauffage, d'éclairage public. Nous travaillons également avec les bureaux d'études et d'ingénieries, ainsi qu'avec les installateurs et intégrateurs qui proposent une solution complète aux clients finaux."

« Les économies s'exercent sur 3 postes  : L'eau, l'énergie, l'exploitation
La télégestion consiste à contrôler, gérer et automatiser à distance les installations techniques d'un réseau. Un équipement local (poste local de télégestion) contrôle et enregistre les informations provenant de l'équipement à contrôler (défauts de fonctionnement, niveaux, pressions, températures...) et les transmet à distance en utilisant tout type de support de communication (téléphone, GSM, GPRS, Ethernet...). Les informations ainsi transmises sont reçues par un équipement informatique (poste central de télégestion) qui en assure l'archivage, le traitement et la restitution pour l'analyse (tableaux, courbes, synoptiques). Les informations d'alertes sont transmises directement par messages SMS vers le personnel d'intervention. Des solutions "cloud" permettent également d'accéder aux informations contrôlées via internet.

Au-delà de la télégestion, la mise en place d'un système de sectorisation permet d'avoir une vision globale et permanente des débits d'un réseau de distribution d'eau potable, alors qu'au préalable elle se limitait aux valeurs issues de relevés périodiques des compteurs. La sectorisation offre une solution pour sécuriser le réseau, détecter et quantifier les fuites. Il est ainsi possible de réduire considérablement la consommation d'eau du réseau et des gros consommateurs, grâce une information en temps réel.

Outils d'autosurveillance environnementale, les systèmes de télégestion donnent une meilleure connaissance du fonctionnement du réseau par temps de pluie et temps sec, permettent le respect de contraintes réglementaires : contrôle du fonctionnement des déversoirs d'orage, suivi des débits transitant sur le réseau et des éventuels volumes rejetés. Ces analyses permettent d'envisager le redimensionnement des conduites et des bassins, pour éviter les inondations mais aussi de suivre le fonctionnement des pompes pour analyser leur rendement, réduire leur consommation et anticiper leur renouvellement.


«La télégestion permet d'automatiser le fonctionnement des installations et d'optimiser l'exploitation du réseau. Le remplissage des châteaux d'eau est réalisé en fonction de la demande et des tranches de tarification électrique (on essaie de remplir les réservoirs au maximum quand l'énergie est peu chère). L'enregistrement de toutes les anomalies sur le réseau facilite la maintenance et le remplacement de pompes, l'analyse des débits de nuit permet de réduire les fuites et donc l'eau non facturée. Aujourd'hui on estime que les réseaux ayant un bon rendement ont une répartition de 80% d'eau facturée et 20% de non facturée dont 15 % correspond à des fuites, or cette eau a été traitée et ce traitement à un coût, donc on réalise aussi une économie sur les coûts de pompage et de traitement.
D'autre part le réseau va pouvoir disposer d'une base de données sur l'ensemble de son fonctionnement, la télégestion va faciliter la maintenance des équipements, améliorer le service aux abonnés et permettre de mieux respecter les règles environnementales de rejets des eaux pluviales en référence à la directive européenne (cf. l'arrêté du 22 juin 2007  sur l'auto-surveillance) et éviter les sanctions. »

Quels sont les apports de la télégestion sur les réseaux de chaleur et sur les Contrats de performance énergétique ?

« Sur les réseaux de chaleur, les CPE et l'énergie solaire thermique, les apports de la télégestion sont similaires en termes d'économies, ils vont se traduire grâce à la télérelève automatique des compteurs, l'archivage des consommations et de températures témoins, le calcul automatique des consommations journalières, hebdomadaires, mensuelles ;  et le contrôle de ratios de consommation avec alertes sur les dérives.
On peut être plus réactif par rapport à la demande des usagers, notamment pour les dérogations de chauffage au niveau des collèges et lycées. En effet, on peut faciment modifier à distance les consignes de régulation,  réaliser un analyse fine des consommations de chaque bâtiment afin d'améliorer l'efficacité énergétique.

La télégestion des réseaux de chaleur peut se faire sur les chaufferies centrales (biomasse ou gaz) et les sous-stations d'échange de chaleur. C'est ce qui a été réalisé par exemple avec  la communauté d'agglomération  Montluçonnaise qui comprend plus de 75000 habitants dans le cadre de sa démarche développement durable. Elle a signé un contrat de performance énergétique d'une durée de 10 ans visant à obtenir 17% d'économie d'énergie en moyenne par an et à réduire de 5500 tonnes les émissions de CO². Le CPE concerne 96 sites communaux et représente plus de 10 800 m² de surfaces chauffées. Le chauffage est assuré soit par un réseau de chaleur alimenté par une centrale biomasse soit par des chaufferies indépendantes alimentées selon divers combustibles (gaz, fioul, bois). Des panneaux solaires et pompes à chaleur viennent également compléter les installations de chauffage.


Dans le cadre de ce CPE, l'exploitant a mis en place un système de télégestion sur les installations du réseau de chaleur et d'eau chaude solaire. Celui-ci assure la surveillance du bon fonctionnement des équipements de production et de distribution thermique, la métrologie de l'installation, ainsi que le calucul des énergies produites ou d'appoint."

Comment exploitez-vous les opportunités à l’international de vos activités ?

« Aujourd’hui nous réalisons environ 20% de notre C. A  à l’international et notre objectif est de passer à 40% dans les 3 ans qui viennent.  Notre développement à l’international concerne exclusivement l’eau. Pour nos choix de marchés internationaux nos indicateurs sont les suivants : nous allons sur des pays à fort stress hydrique, où les banques de développement peuvent aider à la construction ou au développement de solutions ….
Nous pratiquons des études de marché avec UBIFRANCE ou BCI (Bretagne Commerce International), ou des consultants externes, afin d'identifier les acteurs du marché, connaître leurs besoins, la concurrence, les contraintes technologiques et réglementaires. Ce diagnostic terrain nous permet d'identifier des partenaires de représentation potentiels afin de prendre une décision de développement dans ce pays ou pas. »

Pour le cluster « Eau et assainissement PME et ETI françaises », nous avons une démarche "à l’allemande", en groupe.
« Sous l'impulsion de la société ITRON, leader mondial des compteurs d'eau, nous avons constitué  un cluster qui regroupe 6 sociétés de taille moyenne proposant des solutions complémentaires pour la gestion du cycle de l'eau et toutes intéressées par le développement international. Nous formons un "écosystème de la gestion de l’eau, et en fonction des pays, les projets sont soit collaboratifs avec tous les partenaires pour proposer cette solution globale, soit plus ciblés et pris en charge par les entreprises concernées.
Ainsi nous disposons d’une offre complète pour les exploitants d’eau, et nous nous appuyons sur un savoir-faire français reconnu à l’international dans ce domaine. »
En plus de Lacroix-Sofrel, les membres du Cluster sont  les suivants :

Eca Robotics est spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes d’inspection télé opérés pour l’intervention en milieux hostiles.

Rivard conçoit, fabrique et commercialise une gamme complète de matériels pour le pompage de fosses septiques, l’entretien de réseaux d’assainissement, la déshydratation et le traitement de boues d’assainissement.

Itron conçoit, fabrique et commercialise toute la chaîne de comptage depuis la mesure et la collecte jusqu’à la gestion et l’exploitation des données.

Seifel fabrique des coffrets, armoires en  plastique pour les réseaux (eau, électricité, gaz et télécommunications)

Sainte-lizaine conçoit, fabrique et commercialise des articles de robinetterie, accessoires et dispositifs hydrauliques destinés au transport et à la distribution d’eau potable

Et Jayot LCAB produit des pièces forgées intégrant, pièces forgées, mécano-soudées, pièces usinées, boulonnerie.

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