Quand le corps communique avec un smartphone

Le 29 août 2013

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Motorola collabore avec plusieurs start-ups américaines sur des solutions d’authentification qui pourraient demain remplacer les mots de passe. Ces dispositifs innovants offrent également des perspectives dans la m-santé.

A l’occasion de la conférence D11 : All Things Digital organisée en mai 2013 aux Etats-Unis par le Wall Street Journal, Regina Dugan, vice-présidente senior de Motorola Mobility, a présenté de nouvelles solutions d’authentification développées par deux start-ups partenaires de Motorola : Proteus Digital Health et MC10.

Basée à Redwood (Californie), Proteus Digital Health a conçu une pilule électronique composée de silicium, recouverte d’une couche de magnésium et de sel de cuivre. Mesurant 1 mm de côté sur 1/2 mm d’épaisseur, elle reste dans l’estomac sans être digérée. Elle génère sa propre électricité en réagissant aux sucs gastriques présents dans l’estomac, émettant pendant quelques minutes un signal électrique. Pour la petite histoire, Proteus est le nom du sous-marin miniaturisé utilisé dans le film "Le voyage fantastique" (1966).

Grâce à ce procédé plusieurs applications sont possibles :

  • La pilule peut servir d’identifiant pour se connecter à sa tablette numérique, ouvrir la porte de son appartement ou être reconnu par sa voiture. Le corps lui-même devient alors le mot de passe.
  • La pilule a aussi la capacité de transmettre des informations au smartphone du médecin via un transmetteur placé sur le corps du patient : signes vitaux, posture corporelle, état du sommeil…
  • La puce intégrée dans un médicament peut également indiquer au professionnel de santé si le médicament a bien été pris au bon moment : un dispositif intéressant en particulier dans le suivi de maladies chroniques nécessitant la prise régulière d’un médicament.

La e-pilule de Proteus Digital Health n’est pas encore commercialisée mais elle a été approuvée par la FDA, agence fédérale américaine des produits alimentaires et de santé. Une expérimentation est en cours au Royaume-Uni, issue d’un partenariat entre Proteus et Lloydspharmacy.

 

Une alternative à la e-pilule est un patch collé sur la peau intégrant des circuits imprimés, une antenne et des capteurs. Une invention de MC10 : cette start-up américaine implantée à Cambridge (Massachussetts) a été créée par John Rogers, chercheur à l’Université d’Illinois, spécialisé dans la miniaturisation des composants électroniques et leur intégration dans du silicone souple compatible avec le corps humain.

A l’origine le produit Biostamp développé par MC10 était utilisé pour le suivi médical des patients, mais il peut aussi communiquer avec un smartphone ou une tablette et être utilisé comme solution d’authentification.

Des perspectives... mais aussi de réelles questions éthiques !

A propos de ces nouveaux dispositifs médicaux, le journaliste Yves Eudes utilise le terme de "contrôle médical numérique" et s'interroge sur les développements possibles à partir de ces technologies (Le Monde du 30 août 2012) : peut-on imaginer que le patient soit contraint de prendre un médicament, dès lors que le médecin pourra suivre en temps réel son comportement ? L'assurance maladie pourrait-elle refuser de prendre en charge des patients qui ne suivraient pas correctement leur prescription médicale ?

S'il est légitime de se poser de telles questions, on peut toutefois considérer que les patients et leur entourage seront plutôt disposés à transmettre ces informations au médecin dans la mesure où leur santé est en jeu.

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