3 questions à M. Michea de la société Ventilairsec sur la ventilation mécanique par insufflation et son intérêt pour la qualité de l’air intérieur

Le 10 juillet 2013

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M. Michea est responsable R&D de la société Ventilairsec, il répond à nos questions sur le coeur de métier de l'entreprise, la solution Ventilairsec et son fonctionnement, les marchés visés et les projets d'avenir.

Pouvez-vous nous présenter la société Ventilairsec, son coeur de métier et l'intérêt de la solution de ventilation par insufflation ?

«Ventilairsec a été créée en 1986 et commercialisait des caissons de ventilation mécanique par insufflation (VMI®) pour des applications principalement curatives dans les logements rencontrant des problématiques d’humidité.


Depuis 2006, ventilairsec a entamé une évolution de sa gamme de produits dont les objectifs premiers sont de recentrer le savoir-faire de l’entreprise autour de la qualité de l’air intérieur et de l’efficacité énergétique.


L’entreprise exerce donc  une activité de conception, fabrication (avec  sous-traitance et assemblage en interne) et commercialisation de systèmes de VMI pour des applications dans le résidentiel et le petit  tertiaire, en rénovation, et pour des volumes jusqu’à 1000m3».


Ce développement a généré le dépôt de 4  brevets sur les éléments suivants : gestion de l’humidité de l’air intérieur, boîte à mélange d’air pour l’optimisation des dépenses énergétiques du système de VMI, systèmes de réseau de distribution des pièces de vie, couplage d’un mur calorique et d’un processus d’insufflation.


L’intérêt principal de la VMI réside dans sa capacité à améliorer la qualité de l’air intérieur, qui est une problématique cruciale de notre point de vue, sans pour autant négliger la question énergétique.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne la VMI, quels sont les avantages et inconvénients de cette technique, et quels sont vos marchés ?

« La ventilation mécanique par insufflation est l’exacte opposée d’une ventilation mécanique contrôlée. Contrairement à une VMC simple flux, où l’air extérieur pénètre dans le logement par dépression et sans aucune filtration, l’air extérieur est aspiré, filtré (voire  traîté), préchauffé, puis insufflé dans le bâtiment. De cette manière, en fonction de l’efficacité du  filtre, l’air neuf peut être débarrassé d’une part très importante de ses polluants (poussières, pollens, particules diesel …)

Par ailleurs, l’insufflation a pour conséquence de placer le logement en légère surpression et donc de créer une barrière aux entrées d’air extérieur non filtré ou aux émanations de radon en provenance du sous-sol.
L’air insufflé  balaye ensuite le  logement et est évacué par les sorties  d’air  pratiquées dans les menuiseries ou les parois de chacune des  pièces.


Au-delà  de son efficience dans la lutte contre les problèmes d’humidité (moisissures, acariens), la VMI permet donc d’obtenir une bonne  circulation de l’air et d’évacuer les polluants intérieurs (CO², COV).

L’avantage  n°1 de la VMI tient donc à la qualité de l’air intérieur. Un autre avantage, en rénovation, est que l’insufflation se fait en un seul point,  éventuellement 2 points en fonction de la taille de l’habitat. L’installation est donc très simple à réaliser et à maintenir.

L’inconvénient  principal, dans le cas du neuf, réside dans le fait que la RT 2012 est pénalisante pour le chauffage électrique qui est utilisé par la VMI pour préchauffer l’air insufflé. Plusieurs développements sont actuellement en cours, notamment avec l’INES, pour substituer des apports solaires à l’énergie électrique.
En termes de concurrence, le système de ventilation par insufflation est un marché de niche où Ventilairsec est le leader français. Sur les capteurs par contre, il y a u peu plus de concurrents et nous préférons nouer des  partenariats.


Le marché de Ventilairsec  est orienté vers la rénovation de l’habitat individuel qui est très adapté à la solution de ventilation mécanique  par  insufflation. L’introduction de la VMI dans la construction neuve nécessite une conception spécifique en amont du logement. »

Parlez nous de votre stratégie R&D et de votre projet de démonstrateur "Villavenir" ?

« Notre équipe est composée d’un bureau d’études et de R&D de 4 personnes, et notre stratégie réside dans l’enrichissement de la VMI initiale  en y ajoutant des briques technologiques. Ce travail vise la mise au point d’un système de ventilation intelligent qui permet d’assurer une bonne qualité de l’air intérieur via un système de double filtration, des fonctions d’autorégulation en fonction de l’usage des occupants du bâtiment, et un couplage possible avec des dispositifs de production d’énergies renouvelables.


Nous travaillons sur un projet de démonstrateur dénommé «Villavenir + Atlantique» qui  est la réalisation de bâtiment Basse Consommation énergétique. Il s’agit de construire 6 maisons BEPOS (bâtiment à énergie positive) pour un bailleur social. Dans ce projet nous avons une maison pilote en test sur 2 ans et nous avons développé une solution de VMI par zone, qui combine la ventilation et le préchauffage de l’air par récupération de calories sous panneaux solaires.

Le système développé vise une ventilation réduite au juste besoin, dans une logique de réduction des dépenses énergétiques tout en garantissant une bonne qualité de l’air intérieur.


Cf. le schéma ci-dessous

Schema Villavenir 1

Quant à l'intégration des EnR nous avons déjà des partenariats sur le solaire et nous prospectons également le couplage avec des pompes à chaleur.

Nous travaillons également avec le CSTB pour obtenir un Avis Technique Expérimental sur le démonstrateur Villavenir et nous envisageons d'aller plus loin pour obtenir un Avis Technique et aller vers le marché du neuf.

C'est une implication lourde financièrement, qui demande beaucoup de tests, de simulations, de développement, de modélisations sur une durée de l'ordre de 1 à 2 ans. Nous espérons développer ce marché d'ici 2 à 3 ans.

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