Les chartes d'engagements de progrès nutritionnel font leurs preuves.

Le 09 juillet 2013

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En 2008, St-Hubert souscrivait la première charte d’engagements volontaires de progrès nutritionnel, dans le cadre du PNNS. Depuis, le comité de validation a 35 signatures à son actif : industries agroalimentaires, organisations interprofessionnelles, entreprises de la distribution ou de la restauration. Point à date.

Chartes PNNS, quid ?

Une charte d’engagements volontaires de progrès nutritionnel est la validation par les pouvoirs publics des initiatives prises par une entreprise/marque et relatives à l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits. L’objectif est d'améliorer le niveau global de l'offre nutritionnelle afin que tout le monde en bénéficie, ce qui devrait avoir pour conséquence de baisser les inégalités entre les populations.

Les engagements pris par les entreprises, les distributeurs ou les organismes collectifs doivent être significatifs, c'est-à-dire toucher deux tiers de l'offre des grandes entreprises et la moitié de celle des PME. Une charte nutritionnelle est signée pour trois ans.

 

Tableau récapitulatif des chartes signées entre janvier 2009 et mars 2013 : Listes des chartes PNNS juill 2013

Résumé des chartes signées entre janvier 2008 et mars 2009

Résumé des chartes signées entre juin 2009 et mars 2013 

 

Les chartes, des moteurs d’engagement et de communication au sein d’une politique globale d’amélioration de l’offre nutritionnelle.

En 2013, la mise en place de nouvelles chartes individuelles PNNS et d'accords collectifs prévus dans le cadre du Programme National pour l'Alimentation (PNA) se développent.

PNNS2PNNS terDernier en date ? Quick, qui devient la 1ère enseigne de restauration rapide à signer une charte d’engagements volontaires de progrès nutritionnel. Une nouvelle preuve que la restauration rapide à la française cherche à se défaire de l’image de « malbouffe ».

La charte PNNS Quick prend des engagements destinés à optimiser, d’ici 2015, la composition de 75 % des produits consommés chez Quick et à améliorer les 2 menus enfants. Entre autres, Quick s’engage dans :

  • la réduction des matières grasses dans les burgers,
  • la diminution de la teneur en sucres des desserts,
  • la diminution des taux de sel grâce à l’arrêt du salage des steaks et des frites,
  • l’augmentation des teneurs en fibres dans les pains de burgers.

 

Mais ces reformulations ont-elles un réel impact sur les apports nutritionnels des consommateurs français ?

Résultats de l’étude Oqali : les engagements pris par les entreprises semblent bénéfiques.

Mis en œuvre par l’Anses et l’Inra, l’Oqali est un observatoire de l’offre alimentaire qui mesure l’évolution de la qualité nutritionnelle des produits transformés disponibles sur le marché français. Le 4 décembre dernier, l’Oqali présentait ses premiers résultats après 4 années de fonctionnement.

D’après le rapport, les chartes d’engagements de progrès nutritionnel signées par les entreprises volontaires auraient porté leurs fruits. L’Oqali a en effet constaté certaines améliorations :PNNS

  • Diminution des apports énergétiques journaliers moyens de 0,4 % pour les hommes et 0,6 % pour les femmes.
  • Pour les 8 nutriments étudiés (sodium, sucres, lipides, vitamine D, acides gras saturés, acides gras trans, fibres et calcium), les variations d’apports moyens journaliers totaux sont encourageantes :
    • les apports en vitamine D sont augmentés de 2 %.
    • les apports en équivalent sel diminuent de 1,1 % chez les hommes et de 0,9 % chez les femmes, diminution en grande partie due à la contribution des charcuteries : tous les acteurs de la filière ont souscrit une charte d’engagement collective visant à améliorer leurs produits.
    • les apports en sucres diminuent de 0,4 % chez les hommes et les femmes, notamment grâce à l’ultra-frais laitier et aux BRSA, pour lesquelles plusieurs chartes individuelles ainsi qu’une charte d’engagement collective ont été signées.
    • pour les lipides, les apports diminuent de 0,4 % pour les hommes et de 0,3 % pour les femmes, en partie grâce aux efforts réalisés en charcuterie.

A noter également que les variations d’apports nutritionnels liées à la reformulation des produits touchent tous les consommateurs, quel que soit le niveau socio-économique.

Et pour l’avenir…

Même si elle est modeste, l’amélioration de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire imputable aux chartes d’engagements est encourageante. Mais, pour avoir un impact nutritionnel plus important, il faudrait amplifier le mécanisme par la signature de nouvelles chartes individuelles PNNS et la mise en place d’accords collectifs, comme prévus dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA).

Par ailleurs, la CLCV, importante association française de consommateurs (consommation, logement et cadre de vie), estime que les résultats ne sont pas suffisants et réclame l'adoption d'un cadre règlementaire imposant à l'ensemble des industriels et distributeurs d'améliorer la qualité nutritionnelle de leur offre.

Les acteurs de la filière alimentaire devront peut être accentuer leurs efforts au risque de voir des outils plus coercitifs se mettre en place…

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