Robotique d'assistance : Enjeux et perspectives

Le 30 août 2013

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Le vieillissement de la population engendre de nombreux besoins : assistance aux gestes de la vie quotidienne ou à la mobilité, sécurisation des personnes... La robotique d'assistance peut apporter des réponses, et des solutions sont déjà en test, en établissements ou à domicile.

Un marché prometteur

Depuis longtemps utilisés dans des domaines tels que l'industrie ou la Défense, les robots apparaissent à présent pour venir en aide aux personnes âgées. En effet, le vieillissement de la population sera une des variables incontournables des années à venir : En Europe, on dénombre 68 millions de personnes de plus de 75 ans aujourd’hui, et ce nombre devrait atteindre 84 millions en 2020.

Fort de cette conjoncture démographique, le marché mondial des robots d'assistance aux personnes en perte d’autonomie va se développer fortement : il devrait représenter 1 à 2,5 milliards d'euros en 2018, selon l'étude prospective PIPAME-Erdyn (Le développement industriel futur de la robotique personnelle et de service en France - avril 2012). Ce type de robots s'intègre dans l'ensemble plus vaste de la robotique de service personnelle, évaluée à 8 Md$ dès 2015 (cf. Robotique : les secteurs porteurs du robot de service personnel ou professionnel).

Le Japon a, lui, fait le choix d'investir massivement dans ces robots d'assistance, afin de faire face au vieillissement de sa population.

 

Différents type de robots d'assistance

Les robots destinés à aider notamment les personnes âgées peuvent se répartir en plusieurs catégories :

  • Les robots ménagers : mis en service depuis quelques années, ces robots peuvent prendre la forme d'aspirateurs, tondeuses, ... Ils aident au quotidien à réaliser des tâches ménagères répétitives ou pénibles.

  • Les robots compagnons : ce type de robot permet aux personnes âgées de lutter contre la dégradation de leurs capacités cognitives grâce à des entrainements cérébraux

  • Les robots de téléprésence: ces robots permettent au senior d'entretenir un lien social avec ses proches ou avec des services à distance, par visioconférence

  • Les robots "majordomes": Encore peu ou pas répandus, ces robots seront capables de tout faire pour faciliter le quotidien des personnes âgées

 

Quelques acteurs du marché

Sur le marché très prometteur de la robotique de service pour le grand public, de grands industriels se positionnent déjà  : LG, Samsung... mais également des entreprises spécialisées dans ce domaine.

C'est le cas de iRobot, connue du grand public pour ses robots-aspirateurs. L'entreprise américaine (500 personnes), après avoir développé son activité dans le secteur de la Défense puis des robots-nettoyeurs, s'intéresse maintenant à la santé et à l'aide à l'autonomie des personnes âgées.
iRobot teste actuellement, dans 7 hôpitaux et cliniques aux Etats-Unis, un robot de téléprésence qui permet de consulter un spécialiste à distance. Le robot, qui se déplace seul de chambre en chambre, est capable de mesurer différents paramètres vitaux avec l’aide d’une infirmière, et le spécialiste dialogue avec le patient par vidéoconférence (cf. Les Echos du 10/06/13).

L'entreprise envisage également d'équiper le domicile de personnes âgées en perte d'autonomie.

En France, la PME basque Robosoft (20 personnes), qui réalise un CA de 3,2M€ principalement pour la Défense et l'assistance logistique en hôpitaux, développe depuis 4 ans et teste un robot-compagnon pour personnes dépendantes. Ce robot, baptisé Kompaï, permet la visoconférence, donne l'accès à des services, gère les rendez-vous, rappelle les prises de médicaments... et la webcam fixée sur sa tête permet de repérer la personne dans son logement en cas d'alerte. Ce robot pourrait être vendu autour de 5000€, ou proposé sous forme d'abonnement.

 

Les principaux freins à l'essor du marché

Actuellement, les robots assistants sont peu ou pas commercialisés. Le principal frein est leur coût (en général de 1000 à plusieurs dizaines de milliers d'euros). Cependant, ces coûts devraient baisser, d'une part du fait de l'augmentation des volumes, et d'autre part par l'intégration croissante de technologies bas coût issues du grand public. Par exemple, l'intégration du capteur Kinect de Microsoft fournit un moyen de vision à faible coût.

De plus, les aides technologiques ne sont actuellement pas prises en charge par la Sécurité Sociale, et les allocations personnalisées à l'autonomie ne prennent en compte que certaines solutions comme la téléassistance. Cependant, un projet de loi, attendu avant la fin de l'année, devrait élargir le type de technologies prises en charge.

Enfin, si l'acceptation des robots par les personnes âgées est assez naturelle en Asie et notamment au Japon, elle est beaucoup plus difficile en Europe, où les seniors ne sont pas assez familiarisés avec ces nouvelles technologies. La banalisation, dans le grand public, des robots de nettoyage ou de jeu devrait peu à peu lever ce frein.

 

Quelles opportunités pour les PME ?

Pour une PME technologique qui voudrait bénéficier du potentiel de marché de la robotique d'assistance pour l'autonomie, plusieurs positionnements sont possibles:

  • développer son propre robot, ce qui peut être très couteux en R&D. L'utilisation d'une plateforme robotique existante (par ex. à partir d'un robot grand public) est un moyen de limiter les investissements.
  • développer des modules qui s'intègrent dans le robot (capteurs, ...) ou qui s'interfacent avec lui : outils de supervision à distance, équipements du logement adaptés pour être utilisables par le robot, ...
  • concevoir des outils ou services associés (supervision, échange de données entre le robot et des prestataires de services à domicile...)
  • ...

La robotique d'assistance est un domaine vaste où presque tout reste à inventer (et tester) en termes de solutions et de services. Le marché devrait décoller dans les années à venir.

A lire également

Des outils numériques au service de la relation pharmacien-patient

Le 06/08/2014

A la fois professionnel de santé et commerçant, le pharmacien d'officine est souvent le point d'entrée dans le parcours de soins. Son rôle de conseil a été renforcé par les récentes évolutions réglementaires. Dossier pharmaceutique, applications pour smartphones... : de nouvelles solutions servent de support à la relation pharmacien - patient.

La m-santé à la recherche d'un modèle économique

Le 14/05/2014

Les applications et dispositifs de M-santé se multiplient de façon exponentielle, notamment avec l'essor des objets connectés. Pourtant peu de services ont trouvé un modèle économique viable. Des récentes études du BCG et des exemples de services M-Santé déployés permettent d'esquisser des recommandations sur les business models à tester.

Contrat de Filière Silver Eco

Contrat de filière Silver Economie : analyse et recensement des actions engagées

Le 20/03/2014

Le Contrat de filière de la Silver Économie a été signé le jeudi 12 décembre dernier en présence d’acteurs privés et publics du secteur par Arnaud MONTEBOURG, Michèle DELAUNAY et Gilles SCHNEPP, président de la FIEEC et PDG de LEGRAND. 3 mois après son lancement, les premières actions sont lancées parmi les 60 propositions de ce contrat.