Bolloré, opérateur mondial de mobilité électrique

Le 20 juin 2013

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Après le succès d’Autolib’ à Paris lancé en 2011, le groupe Bolloré à remporté cette année trois nouveaux contrats pour son système d’autopartage de voitures 100 % électriques : deux contrats en France à Bordeaux et Lyon et tout dernièrement un premier contrat aux USA, à Indianapolis.

Un premier succès à Paris

A Paris, Autolib’ vient de passer son deuxième hiver sans encombre. Les batteries ont tenu le choc, des équipements tels que de nouvelles housses de siège ont été reçus pour éviter les dégradations, et les Bluecar appartiennent désormais au paysage quotidien de la capitale. Selon le groupe Bolloré, fin avril 2013, le service revendique environ 30 000 abonnés Premium, soit la moitié du nombre nécessaire à la rentabilité du service, et espère atteindre les 60 000 abonnés en 2015. A fin avril 2013, Autolib’ est composé de 1800 voitures (exclusivement des Blue car), de 800 stations et de 4800 bornes.

Le déploiement à Bordeaux

A Bordeaux, ce sont 90 Bluecar, 40 stations et 180 bornes de rechargement qui seront à disposition d’ici fin 2013, avec à terme l’objectif de 150 véhicules et 80 stations. Selon Vincent Bolloré, le service se limitera dans un premier temps à la seule cité Bordelaise avant de se développer dans la communauté d’agglomération. Le système est annoncé comme ne devant pas coûter au budget de la ville, c’est pourquoi les travaux de développement du réseau « Autolib’ » local (dont le nom n’a pas été révélé) sont entièrement à la charge du Groupe Bolloré, soient 10 Millions d’euros. L’investissement serait rentable dans 3 à 4 ans si le service atteint 10 000 abonnés.

La création de « Bluely » à Lyon

A Lyon, le lancement de « Bluely » se fera en octobre 2013, à raison de 130 Bluecar disponibles dans la première cinquantaine de stations, uniquement dans la municipalité Lyonnaise. L’année 2014 verra la Bluecar rejoindre Villeurbanne, avec 120 nouvelles unités et 20 stations. Aussi Bolloré met-il sur la table entre 15 et 20 Millions d’Euros. Contrairement à Paris et à Bordeaux, les stations auront toutes 5 plots de rechargement, dont un sera spécialement à la disposition d’un autre véhicule électrique que la Bluecar, de particulier ou d’entreprise. De plus, Bolloré, suivant le cahier des charges imposé, serait en passe d’acheter une cinquantaine de Renault Twizy. Lyon veut ainsi capter les véhicules électriques en ville, leur promettant la gratuité du stationnement de surface et la possibilité de faire un arrêt durant la location, dans une amplitude d’utilisation de deux heures.

Indianapolis : Un premier projet d’envergure à l’étranger pour Bolloré

Le Groupe Bolloré va exporter son service d’autopartage de véhicules 100% électriques pour la première fois hors de la France. Le maire Greg Ballard a en effet annoncé le 10 juin dernier la signature d’un contrat de 35 millions de dollars (26,4 millions d’euros) entre la ville d’Indianapolis et le Groupe Bolloré. La ville américaine (830 000 habitants) prévoit de lancer ce système à partir de 2014. Progressivement, près de 500 voitures électriques seront mises en service. Elles seront réparties entre 200 stations d’accueil et alimentées grâce à 1 200 bornes de recharge.

Comme en région parisienne, le service d’Indianapolis est un partenariat public-privé qui a pour objectif de mettre à disposition de nouvelles options de mobilité au public. Il permettra également à Indianapolis, en plein développement, de devenir l’une des villes les plus « électrisées » des États-Unis avec un réseau de bornes de chargement également disponibles pour les particuliers propriétaires d’un véhicule électrique. La ville d’Indianapolis compte ainsi en faire un véritable élément d’attractivité.

Même si cette région du Midwest est réputée pour l’affection de la population pour les pick-up et les gros 4 x 4, le groupe Bolloré reste confiant. Le responsable du programme, Hervé Muller, a déclaré que leur étude cible les jeunes adultes qui pourraient bien délaisser leurs véhicules personnels si d’autres options plus intéressantes sont mises à leur disposition. Il ne faut pas oublier en effet qu’Indianapolis possède beaucoup d’étudiants dans sa population.

En revanche, les véhicules utilisés ne seront pas des Bluecar, mais des voitures électriques fabriquées aux USA (Nissan Leaf et Ford Focus BEV). Equipées d'un GPS, elles seront proposées aux particuliers, aux agences gouvernementales et aux entreprises qui veulent réduire leur parc automobile.

Il existe bien des dispositifs de partage de voitures aux États-Unis, mais ils sont concentrés dans quelques grandes villes telles San Francisco, New York ou encore Chicago.  A titre de comparaison, le service similaire utilisant des véhicules 100% électriques est celui de San Diego, Car2Go system, du constructeur Daimler’s, avec une flotte de 300 véhicules.

Bolloré, qui fabrique par ailleurs des systèmes de réseaux électriques intelligents, ne cache pas que son ambition s'étend à tous les Etats-Unis. Le projet à Indianapolis "fait partie d'une stratégie pour développer notre présence aux Etats-Unis. D'autres villes suivront", a fait valoir M. Muller, selon lequel le groupe a engagé des discussions "ces six derniers mois avec un certain nombre de villes grandes et moyennes" dans le pays.

Un pari industriel risqué en passe d’être réussi

On peut souligner ici l’audace du business model du Groupe Bolloré, puisque c’est ce dernier qui réalise la majeure partie des investissements pour les implantations citées. Risqué financièrement pour nombre d’experts, ce modèle basé sur des partenariats public-privé commence à s’avérer payant, avec des horizons de rentabilité atteignables à moyen termes sur les sites engagés et le gain d’avantages concurrentiels certains :

  • avec ses garanties financières apportées aux collectivités, le groupe Bolloré pénètre massivement le marché, celles-ci y voyant un bon moyen de développer un réseau public de recharges électriques avec l’assurance d’un service performant.
  • en donnant l’accès à ses voitures au grand public, l’industriel permet le déploiement de leur utilisation, la démonstration de sa technologie de batteries et devient un opérateur de réseau incontournable.

Ainsi, la première partie du plan « Bluecar » est atteinte, à savoir la démonstration de l’efficacité de ses batteries lithium-métal-polymère, des batteries « chaudes » c’est-à-dire nécessitant une utilisation régulière et intensive. En offrant ainsi à ses voitures électriques un théâtre d'expérimentation, il rend ses batteries crédibles. C'est avec cette technologie que Bolloré pourrait gagner de l'argent à long terme, quitte à concentrer son activité véhicules électriques sur la fourniture de batteries.

Enfin, avec cette dernière expérience à l’international, on s’aperçoit qu’au-delà de la vente de voitures et de batteries, Bolloré commercialise avant un tout un service efficace d’autopartage de véhicules électriques, fructifiant ainsi ses expériences dans l’intelligence de gestion d’un réseau de bornes électriques et dans la mise en œuvre d’un modèle commercial de location. « La stratégie de notre groupe, c’est d’aller couvrir la France et, si possible, une partie du monde, avec nos bornes et avec notre système d’autopartge », a déclaré son PdG Vincent Bolloré ces dernières semaines.

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