La recherche d'informations médicales : tendances et nouvelles offres pour le public et les professionnels

Le 05 juillet 2013

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Aujourd'hui, la recherche d'informations de santé sur internet est largement répandue, et de nouveaux services apparaissent, pour les patients ou les professionnels : réseaux sociaux dédiés, informations sur l'offre de soin, aides à la prescription pour les médecins... De nouveaux acteurs se positionnent sur ces opportunités de marchés.

Quelques statistiques

D'après le Conseil de l'Ordre des Médecins, plus de 7 français sur 10 recherchent des informations médicales sur Internet.
Coté  médecins, c'est 96% d'entre eux qui ont régulièrement recours à Google pour y trouver des informations dont, pour une partie d'entre eux, comme une aide au cours d'une consultation. De plus, parmi les médecins utilisant un smartphone, 56% utilisent des applications médicales (principalement bases de données médicamenteuses et interactions) un tiers considèrent leur smartphone comme "un véritable outil d'accompagnement pour la prescription" (étude Vidal - ordre national des médecins).

L'usage d'Internet est donc bien présent pour toutes les branches du secteur médical, qu'il s'agisse de médecins libéraux ou en établissements, généralistes ou spécialistes.

 

Des espaces dédiés aux patients...

De plus en plus de personnes se renseignent sur internet sans passer par leur médecin, ou en complément. Certains sites délivrant ces informations de santé sont devenus de véritables entreprises. Par exemple, Doctissimo.fr pèse plus de 100 millions d'euros en bourse. Son succès est dû à la démocratisation des informations médicales, et aux forums qui permettent le libre échange d'informations entre les usagers. Pour se rémunérer, Doctissimo s'appuie principalement sur la publicité, qui représente environ 75% de ses recettes.

D'autres sites donnent au grand public l'accès à des informations médicales diverses, telles que des données statistiques ou des informations sur l'offre de soin.

A titre d’exemple, le site « mon-hopital.fr » renseigne les internautes sur les tarifs, la qualité de soins et le risque de dépassement d’honoraires des établissements médicaux (pas moins d’une dizaine d’établissements sont référencés pour la ville de Rennes par exemple). Les établissements sont classés en 6 catégories (cœur, chirurgie, grossesse, cancer, examens et reins) et spécialités, afin que l’usager puisse affiner sa recherche.
Les hôpitaux sont notés en fonction des études menées par le gouvernement en 2011. Conçu par un médecin spécialiste ayant travaillé dans le domaine de la qualité des soins, ce site n'a pas pour objectif de gagner de l'argent.

 

De plus, les médias sociaux généralistes (Facebook, Twitter...) jouent aujourd’hui un rôle important dans la recherche d’informations de santé, en proposant des groupes spécifiques aux internautes voulant se renseigner.

Carenity, média social créé spécialement pour les malades chroniques, rassemble plus de 15 000 membres actifs, et patients comme professionnels peuvent échanger sur cette plateforme participative. Totalement gratuit pour les internautes, Carenity se rémunère grâce à la vente d'études aux professionnels de santé, réalisées avec les informations fournies par les malades.

 

...Et aux professionnels


L'usage d'Internet devient de plus en plus indispensable aux professionnels de la santé. Ceci a conduit des entrepreneurs à leur proposer des offres dédiées.

Ainsi, le moteur de recherche Archimedox, créé il y a 1 an par 3 français, permet aux médecins de gagner un temps considérable lors de leurs recherches d'informations sur Internet. En effet, en analysant entre 40 et 60 millions de documents médicaux (issus d'agences de santé, d'universités...), le moteur permet de sélectionner les informations fiables et pertinentes recherchées (les sites tels que Wikipédia sont exclus, faute de véracité des informations).

"Un seul résultat Archimedox est équivalent au filtrage de 100 pages Google obtenues à partir de la même requête, tout en restant aussi rapide" explique Jean-Marc Loingtier, cofondateur de la startup.

En contrepartie, l'utilisateur paie un abonnement, de 26 euros par mois ou 144 euros pour un an. La start-up cible principalement les médecins libéraux, mais également les établissements de santé (le CHU de Poitiers est déjà partenaire).

 

Des réseaux sociaux spécialement conçus pour les médecins apparaissent également, comme Distamed: grâce à cette plateforme, les professionnels de santé partagent informations et expériences. Lancé début juin en version bêta, cet outil collaboratif complètement gratuit se finance grâce aux différentes publicités présentes sur le site et aux différents partenariats de sponsoring.
Les médecins auront même la possibilité, dès juillet 2013, d'accéder à Distamed via leur tablette ou leur smartphone.

 

De l'information médicale vers la consultation à distance

Face à la demande croissante d'informations de santé, les services (web ou mobiles) spécialisés dans le domaine médical sont en pleine expansion. Au-delà de la consultation d'informations, des sites proposent du conseil médical en ligne, en complément d'une consultation classique, via une interaction personnalisée avec un médecin. Et demain, la téléconsultation pourrait même remplacer des consultations traditionnelles.

Il reste à déterminer un modèle économique pour la téléconsultation en France (prise en charge par la sécurité sociale, les assurances santé, ...), mais également une régulation dans l'échange de données sur internet entre le médecin et le patient.

 

Ces services d'information médicales, pour les patients et/ou les professionnels de santé, sont en plein essor. L'information médicale sera de plus en plus utilisée pour affiner les diganostics et les traitements, et les sécuriser (interactions médicamenteuses...). Pour les entreprises du numérique, les opportunités se situent à plusieurs niveaux : développer des outils d'analyse ou de recherche de données de santé (à partir de documents médicaux, de requêtes d'internautes, de données publiques de santé...), proposer des services (web ou mobiles) d'information, des interfaces de consultation (sur PC, smartphones, tablettes) avec éventuellement intégration d'autres fonctions (planning, paiement des actes, traçabilité...). Le marché est porteur mais nécessite, en fonction du positionnement choisi, de s'assurer de la réglementation applicable et la responsabilité juridique, et de définir un modèle économique adapté.

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