La logistique inverse : un maillon fort de votre supply chain?

Le 04 juin 2013

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Les entreprises et leurs responsables supply chain ne peuvent plus se permettre d’appréhender la logistique inverse à la légère. Les enjeux y sont trop importants, notamment en termes d’image de marque, de durabilité, et de rentabilité.

Une gestion spécifique, une nécessité économique

Le terme « logistique inverse » ne fait pas uniquement référence au traitement des déchets. On parle également de gestion des produits retournés ou invendus. Gérer correctement sa logistique inverse ne permet pas seulement de réduire les coûts, mais également d’augmenter le CA. Le consommateur est plus fidèle, et la marque mieux protégée.

La logistique inverse est fondamentalement différente de la logistique « conventionnelle ». Producteurs et distributeurs conçoivent la supply chain pour acheminer avec rapidité et efficience un flux continu de produits depuis le lieu de production vers les lieux de consommation. Ce flux diffère du flux inverse sur plusieurs points :

 

Logistique conventionnelle

Logistique inverse

Qualité des produits

Uniforme

Aléatoire

Prix des produits

Uniforme

Variable

Type de consommateur

Facile à identifier (marketing)

Difficile à identifier

Gestion financière

Claire

Floue et litigieuse

Gestion des stocks

Cohérente

Non cohérente

Coûts de distribution

Compréhensibles

Difficiles à comprendre

Cycle de vie du produit

Contrôlable

Peu contrôlable

Visibilité des process

Transparence

Opacité

Négociation entre parties

Simple et directe

Ambigüe

 

Les leviers de la logistique inverse

Les leviers opérationnels et stratégiques de la logistique inverse diffèrent selon les organisations. Beaucoup d’entreprises la considèrent encore comme un effet secondaire de leur activité. Commercialiser un produit sur le marché secondaire (parfois appelé « marché de l'occasion ») revient à admettre que la vente initiale n’a pas été un succès. C’est pourquoi les entreprises ont tendance à différer les décisions relatives au traitement des retours ou à l’écoulement des invendus. Les produits en question finissent ainsi par perdre plus de valeur que si la décision de liquider les stocks avait été prise  rapidement.

Présentation des différends leviers potentiels :

  • La qualité du produit retourné : un produit de première qualité est susceptible de rapporter plus qu’un produit « de moins bonne facture »…
  • La taille du produit : elle détermine fortement les modalités de son retour. En effet, payer des coûts de transport élevés pour le retour d’un produit encombrant, endommagé et destiné à la casse n’a aucun sens.
  • La position du produit dans son cycle de vie : la gestion d’un produit mature et proche de de la fin de son cycle de vie sera différente de celle d’un nouveau produit à succès
  • Le prix du produit : Par exemple, sur un positionnement low cost, une longue réflexion sur la logistique inverse est contre-productive.
  • La stratégie d’approche du marché : relative aux canaux utilisés par l’entreprise pour toucher ses consommateurs, elle intègre les dimensions marketing et supply chain pour définir le type d’interaction entreprise-consommateur.
  • Les indicateurs financiers : comme la rotation des stocks, qui permet de mesurer la bonne gestion des stocks au sein d’une entreprise.

 

Réussir sa logistique inverse

Avec une meilleure compréhension de la nature et des leviers de la logistique inverse, il est plus facile de gérer efficacement cette activité dont les principes de bases sont simplicité et bon sens.

La performance de la logistique dépend de process courts, comportant peu de manutention et de rupture de charge.  

Plus un produit reste dans le système, plus sa valeur est amenée à décliner. Par exemple, tout produit à composante technologique perd de la valeur chaque mois. Les entreprises doivent alors réduire au maximum le temps que le produit passe dans le « système inverse » pour en récupérer le maximum de valeur.

Les principaux indicateurs de la logistique inverse :

Des indicateurs permettent de mesurer l’impact financier des retours sur l’entreprise et les autres acteurs de la supply chain. Pour analyser la performance de la logistique inverse de son entreprise, il est possible de se référer à ces indicateurs :

  • La quantité de produits récupérés et revendus : quel pourcentage des produits entrant dans le système logistique inverse est revendu ? quelle est la valeur obtenue ?
  • Le pourcentage de matériel recyclé : sa valeur définit la part de produits recyclés de manière appropriée suite à un passage dans le circuit logistique inverse.
  • La perte : combien de produits et autres matériaux sont incinérés, mis en décharge ?
  • Le coût moyen de traitement par article : le ratio « coût total des équipements par mois / nombre d’articles » peut aussi servir à comparer l’efficience de plusieurs lieux de stockage, ou autres équipements.
  • Le pourcentage de coûts récupéré : L’entreprise maximise-t-elle la rentabilité des articles invendus ou retournés par les consommateurs ?
  • Distance parcourue : De manière générale, il est préférable de réduire au maximum les kilomètres parcourus par un article dans le circuit logistique inverse.
  • Energie utilisée dans la gestion des retours : cet indicateur est utilisé dans les programmes de développement durable. Il mesure la quantité et/ou le coût de l’énergie utilisée (fuel, électricité, etc.) lors des process logistiques.
  • Le coût total de possession : il comprend le coût d’acquisition du produit, de sa revente, de son retour, de son transfert sur un marché secondaire (ou de son dépôt en décharge.

 

Valoriser ces produits sur les marchés secondaires 

Un consommateur achetant un ordinateur reconditionné, ou un étudiant utilisant un manuel scolaire d’occasion sont de bons exemples de vente sur le marché secondaire. En dehors de la valeur additionnelle créée, ce marché est source d’autres bénéfices économiques et environnementaux. En effet, il détourne un grand nombre de produits destinés à la casse et contribue à la création d’emplois.

Les différentes entrées sur les marchés secondaires :

  • Grossiste déstockeur
  • Dépôt d’usine
  • Magasins de déstockage
  • Vente aux enchères

Ces marchés sont primordiaux dans la supply chain d’un produit, assurant un rôle de drain pour l’activité de l’entreprise. S’ils n’existaient pas, le système serait « noyé » dans les articles retournés et invendus. Le système logistique inverse agit donc pour éliminer les produits indésirables du réseau, contribuant autant que possible à la rentabilité de l’entreprise. Les produits vendus sur les marchés secondaires sont généralement vendus bien en dessous de leur prix original. Mais un euro récupéré est un euro de moins perdu : la logistique inverse est bien une source de profit !

 

 

Source: www.supplychain247.com "Why Reverse Logistics Needs to Become a Core Competency Inside Your Supply Chain".

Auteur(s)

Corentin LALLES, Bretagne Supply Chain

A lire également

Logistique, transport, supply chain : la blockchain va changer votre métier !

Le 28/11/2016

La 1ère Conférence Nationale Blockchain et Supply Chain a eu lieu le 23 novembre : point de vue sur la manière dont cette nouvelle technologie va bouleverser en profondeur la performance et les métiers de la logistique, du transport et de la supply chain.

Laurent Vigouroux

DDMRP : quand la supply chain crée de la valeur pour l’entreprise

Le 15/04/2016

Pour tout savoir sur le Demand Driven Material Requirements Planning, BSC a interviewé Laurent Vigouroux, consultant indépendant et expert en DDMRP.

Le transport de marchandises « s’uberise », le marché se déstabilise

Le 18/02/2016

Quand le collaboratif devient marchand, c’est l’uberisation. Et cette vague de transformation numérique (BlablaCar, Air B&B, etc.) atteint aussi le secteur du transport de marchandises : comment ? Pourquoi ? Que faire ?