Enquête des médecins de l’ASEF : des connaissances culinaires limitées chez les 8-12 ans, une communication à repenser.

Le 04 juin 2013

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Une enquête réalisée par l’ASEF met en lumière les lacunes importantes des 8-12 ans quant au contenu de leur assiette. Selon les médecins de l'ASEF cette méconnaissance favoriserait les mauvaises pratiques alimentaires à l'origine de cas de surpoids. Des données objectives qui permettront d’adapter les actions de sensibilisation et de prévention ?

 

 

 

 

 

L'enquête a été réalisée par l'Association Santé Environnement France (ASEF) au cours du premier trimestre 2013. 910 élèves de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, âgés de 8 à 12 ans, ont été amenés à remplir un questionnaire en classe.

 

 

 

 

Parmi les enseignements de cette enquête publiée le 23 mai, il apparaît que :

  • Les enfants ne boivent pas assez d'eau : près d'un enfant sur quatre ne boit pas d’eau à table mais du sirop, du jus de fruit ou du soda.
  • La consommation d'assaisonnement est trop importante : seuls 20 % des écoliers disent ne jamais rajouter de sel ou de sucre dans leur plat. 10 % d’entre eux déclare rajouter systématiquement des sauces type mayonnaise ou ketchup.
  • Les jeunes ne savent pas reconnaître un certain nombre de fruits et légumes : s’ils reconnaissent facilement les poires, les pastèques et les carottes, en revanche ils sont 87 % à ne pas savoir ce qu'est une betterave. Un tiers d’entre eux ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut.
  • Ils ignorent l'origine d’un certain nombre d’aliments transformés : un quart des enfants ignore que les frites sont faites à partir des pommes de terre. Quant aux chips, jambon et nuggets, ils sont environ 40 % à ne pas savoir d'où ils viennent. Près d’un enfant sur deux ne connaît pas l'origine du steak haché ou du jambon. Enfin, ils sont seulement un tiers à savoir comment sont fabriquées les pâtes.

A l’issue de cette enquête, l’association a sorti un « P’tit Guide Vert des p’tits gourmets », un moyen d’apprendre aux enfants les fondamentaux de la nutrition santé, de les informer et les motiver à adopter une alimentation saine et variée

En France un enfant sur cinq serait touché par le surpoids : l’impact sur leur santé peut être important.

La prévalence du surpoids et de l’obésité infantile s’est stabilisée en France depuis 2000, voire commence à diminuer selon l’enquête récente de la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques). Mais elle atteint encore 18 % chez les enfants de 3 à 17 ans (dont 3,5 % présentent une obésité). De plus, cette tendance à la baisse ne doit pas occulter le fait que les inégalités sociales soient marquées

Pour réduire la prévalence d’obésité chez l’enfant, il est donc nécessaire de développer des actions multiples et cohérentes. Selon une étude publiée dans Journal of Personality and Social Psychology, développer de bonnes habitudes alimentaires est plus important que le contrôle de soi pour favoriser les comportements relatifs à la santé. D’où l’importance d’agir dès le plus jeune âge...

Au-delà de dicter des comportements, il faut expliquer et donner des clés pour éduquer.

Certes, les efforts déployés pour faire passer l’information sont conséquents :

  • le PNNS a fait massivement la promotion des repères nutritionnels ;
  • le GEMRCN offre un fil conducteur dans le développement d’offres visant à améliorer la qualité nutritionnelle des repas servis en collectivité.

Mais les données chiffrées issues de l'enquête de l’ASEF démontrent que la base éducative est à consolider. Elles identifient plus clairement les pratiques alimentaires des plus jeunes ce qui devrait permettre d’adapter au mieux les actions de sensibilisation et de prévention à venir.

Les industriels peuvent avoir une carte à jouer en ce qui concerne l'éducation alimentaire du grand public. Lorsque vient le temps de consommer et de dépenser des calories, les consommateurs, et surtout les plus jeunes, ne doivent pas être face à une contrainte. Didactisme, ludisme au travers de messages funs et non moralisateurs sont donc la clé d’une communication efficace.

Manger, bouger… Mais quoi, pourquoi, comment, à quelles fins et quand ?

Des packagings explicatifs…   ASEF 4

Ou des campagnes de publicité impactantes

Dans cet esprit, Coca-Cola, qui est loin d’être le produit le plus vertueux sur le plan nutritionnel, tente une communication originale qui joue sur la transparence : affichant clairement qu’une canette du célèbre soda fait 139 calories, le spot encourage les gens à s’amuser pour brûler ces calories, en promenant un chien, en dansant, en partageant un fou rire avec des amis, en faisant une danse de la victoire après un strike au bowling….

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Controversée certes, mais bien pensée…

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