RFID et logistique : la performance a de l’avenir

Le 28 mai 2013

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Un marché prometteur freiné par la crise

Entre 2011 et 2012, le marché de l’identification par radio-fréquence (RFID) est passé de 6,37 à près de 7,5 milliards de dollars (soit une augmentation de 17 %). Cette progression va s’accélérer au cours des prochaines années puisque la société de recherches IDTechEx estime à 26,2 milliards de dollars la valeur du marché en 2022.

Cependant,  comme indiqué dans Etat du marché de la RFID en logistique, l’adoption est toujours réelle mais encore progressive. En cette période de crise, les investissements lourds se font de plus en plus rares, la tendance étant actuellement à l’économie.

RFID et performance de la supply chain

Le secteur de la santé (Pfizer), l’Armée Française, ou encore l’aéronautique utilisent cette technologie pour optimiser la performance de leurs supply-chains. En 2013, le groupe Beaumanoir, la Scarmor Leclerc et la SVA Jean-Rozé poursuivent leurs réflexions et tests en vue d’un éventuel déploiement significatif.

La technologie RFID contribue à la performance de la supply-chain sur bien des points :

  • Tout d’abord elle constitue un indicateur supplémentaire pour le pilotage de l’entreprise (contrôle de qualité, de production,…) et permet de réaliser des gains de compétitivité dans le domaine du suivi de production.
  • La gestion de la traçabilité se trouve aussi plus rapide, car les informations circulent avec le produit.
  • De plus, la RFID rationalise le temps de réception de marchandises grâce aux portiques scannant des palettes entières en quelques secondes. Elle simplifie les inventaires grâce au scan sans contact, facilite la recherche de marchandises, la préparation de commandes et le contrôle de colisage.

 

RFID ou code barre?


Code barre   RFID
  • Lecture seule   
  • Lecture au contact
  • Lecture article par article
  • Taux d'erreur non négligeable
  • Coût: 0,01 à 2€
  • Identification du type d'article (code EPC)
  • Faible capacité (stockage d'informations)
  • Lecture et écriture (et réécriture)
  • Lecture jusqu'à 6 mètres
  • Lectures simultanées
  • Faible taux d'erreur
  • Coût: 0,5 à 20€
  • Gain de productivité (liaison des flux physiques et d'information)
  • Forte capacité (jusqu'à plusieurs Ko)
 

 

 

Comment développer son activité RFID ?

En dehors de certains domaines verticaux comme le textile, il n’existe pas de solutions « clés en main » sur le marché de la RFID.  Les solutions techniques proposées par les acteurs en présence (intégrateurs, équipementiers) peuvent de ce fait rendre difficile le choix de la solution. Se faire accompagner par un expert est alors crucial dans le développement d’un projet spécifique utilisant une technologie complexe.

Parmi les choix à faire pour passer à la RFID, 2 sont notamment structurants :

  • La transmission:
    • Les tags passifs n’intègrent pas d’émetteur radio-fréquence. Ils utilisent l’onde issue de l’interrogateur pour alimenter le circuit électronique embarqué.
    • Les tags actifs embarquent un émetteur radio-fréquence et une source d’énergie. La connexion avec l’interrogateur est de type pair-à-pair.
  • La fréquence:
    • Les tags UHF (ultra haute fréquence) peuvent être lus à plusieurs mètres. Ils sont plus sensibles à l'environnement (métal, eau).
    • Les tags HF (haute fréquence) : sont utilisés dans des applications de logistique et de traçabilité. Les tags haute fréquence sont largement répandus dans les applications de transport et d’identité (passeports et cartes sans contact). Cette technologie est à la base des applications NFC (Near Field Communication) que l’on trouve dans de plus en plus de Smartphones.
    • Les tags BF (basse fréquence) : sont adaptés aux applications de logistique et traçabilité. Ils peuvent être intégrés dans tout type de matériaux (textiles, métaux, plastiques, etc.).
    • Les tags SHF  (super haute fréquence) : sont utilisées dans les micro-ondes, radars, satellites et autres antennes.

   

Les aides au développement :

Dans la mise en œuvre d’un dispositif RFID, le prestataire accompagne le début de réflexion via une étude d’opportunité. Il sera à même de proposer la meilleure réponse en termes de développement spécifique.

Dans ce cadre, il est également intéressant de rencontrer des structures expertes, comme le Centre National de la RFID ou RFID Bretagne Développement. Cette association régionale regroupe des professionnels, offreurs de produits ou services et utilisateurs de la technologie, dans une logique d'échanges et de travail en réseau.

   

Les freins au développement :

Certains facteurs internes aux entreprises ralentissent la généralisation de la RFID en France, tels que :

  • La complexité de la technologie
  • Le coût d’implantation élevé
  • Le changement dans les méthodes de travail engendré par l’intégration d’un système RFID


Quelques erreurs à ne pas commettre :

Changer totalement sa méthode de travail pour coller à la solution RFID est une stratégie dangereuse, car elle peut conduire à la perte des caractères différenciant de l’entreprise. A l’inverse, l’intégration « sur-mesure » où la méthode de travail reste inchangée peut nuire au succès de l’opération.

La solution optimale repose sur un compromis dans l’adaptation des process propres à l’entreprise, et des besoins liés au dispositif RFID. De plus, ces décisions doivent être concertées entre tous les acteurs de la supply chain du fait de leur interdépendance.

Auteur(s)

Corentin LALLES, Bretagne Supply Chain

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