Vélos à assistance électrique pour les trajets domicile-travail : l’expérience d’usagers du démonstrateur Caisse d’Epargne Bretagne-Pays de Loire

Le 07 mai 2013

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L’Observatoire de l’ANFA dédie sa Lettre Autofocus au commerce et réparation de cycles… l’occasion pour BMA de faire le point sur l’expérimentation du vélo à assistance électrique (VAE) pour se rendre au travail. La Caisse d’Epargne Bretagne-Pays de Loire est le premier démonstrateur BMA à l’expérimenter : qu’en pensent les usagers ?

Profil des volontaires et effet de démonstration

Depuis Juillet 2012, des salariés de la Caisse d’Epargne Bretagne-Pays de Loire testent l’usage de vélos à assistance électrique (VAE) pour leurs déplacements domicile-travail. Répartis sur les sites de Rennes et Nantes, ce sont 3 femmes et 3 hommes qui se sont portés volontaires pour cette expérience. Leur unique contrainte : tenir un journal de bord permettant de comprendre leurs usages et leurs activités.

Bien que menée à très petite échelle, cette expérimentation a pour mérite de pointer les déterminants précis de l’utilisation – ou non – d’un VAE pour aller au travail… et ainsi de saisir tous les leviers pour un succès à plus grande échelle d’une telle solution décarbonée.

La première étape a consisté en l’analyse des trajets avant l’expérimentation. Combien de kilomètres parcourus, en combien de temps, quels chemins sont empruntés, avec quels modes de transports, avec quelles contraintes, quels avantages, quelle variabilité dans les temps de trajet ?

Pour tout savoir sur les formations, les métiers et les chiffres clés des professionnels du cycle, ainsi que les grandes tendances de ce marché, référez-vous à l’Autofocus de l’Observatoire de l’ANFA ci-joint.Les salariés habitent à environ 5 km de leur lieu de travail, allant jusqu’à 20km pour l’un ! Si certains ont des trajets uniquement urbains, avec la présence de pistes cyclables dédiées, d’autres  empruntent des routes départementales. Ils utilisent leur voiture personnelle ou les transports en communs.

Les VAE ont été adaptés aux exigences de chaque salarié par le magasin rennais Culture Vélo, qui assure leur maintenance à la demande.

Mesurer l’acceptabilité de la solution de mobilité

Le journal de bord rempli par les volontaires permet d’interroger des éléments clés favorisants les comportements :

  • Le sentiment de contrôle qu’a l’usager sur l’itinéraire, le temps de trajet, le matériel ;
  • La facilité d’utilisation des vélos ;
  • Les attentes en terme de performance, d’impact sur l’activité professionnelle et personnelle ;
  • Les conditions facilitatrices, matérielles, organisationnelles, financières ;
  • Ou encore l’influence des proches, des amis, des collègues, et l’image que renvoie l’usage du VAE.

Autant de freins qu’il est ainsi possible de catégoriser, selon qu’ils pourront être levés à l’avenir (installation d’abris vélos dans l’entreprise par exemple) ou s’ils sont « irrémédiables » (vitesse des automobilistes sur une route empruntée, par exemple).

En dehors d’une période hivernale peu propice, les résultats sont encourageants : une utilisation d’au moins 2 jours par semaine du VAE en remplacement de modes carbonés est constatée. 

La sécurité : le principal frein

Les premiers résultats mettent en exergue l’inadéquation de certains trajets ou tronçons de route avec l’usage sécurisé du vélo : les ronds-points, la circulation autorisée à contre-sens dans les zones urbaines à 30km, ou encore les routes départementales sans chaussées adaptées… Les salariés habitants en zones périurbaines sont donc principalement concernés.

Une difficile cohabitation entre les usagers de la voirie est aussi notée : voitures, cyclistes, piétons, scooters… Il faut redoubler d’attention pour pallier aux imprudences des autres citoyens.

Une image sociale positive et innovante

L’influence des autres est essentielle et vient renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe. C’est un incitatif au changement puissant ! Il existe déjà entre vélocistes, une « communauté », une entre-aide, une reconnaissance, une sympathie naturelle. On peut envisager que plus il y aura d’usagers, plus l’image de ce « groupe » prendra corps et s’intensifiera, comme cela existe déjà entre les motards par exemple.

Au niveau des proches, des collègues, les premiers résultats montrent une influence très positive, puisque d’une part le soutien et l’intérêt portés aux usagers viennent très directement renforcer une image innovante de soi, et d’autre part les remarques négatives (par exemple les taquineries des collègues quand la météo est mauvaise) peuvent déclencher chez l’usager un rôle de militant, pour défendre et justifier son comportement. Quant à l’entreprise qui propose cette solution, son image sociale et éco-responsable est renforcée. 

Bien-être et maîtrise du temps : le VAE idéal pour les trajets urbains

Les principaux moteurs pour renforcer l’usage de VAE seraient, d’après notre retour d’expérience :

  • Le sentiment de bien-être, de « décompression » après le travail, que procure le vélo. Alors même que la voiture individuelle peut paraître plus confortable, elle ne permet pas la coupure attendue après le travail, surtout lorsque les routes sont congestionnées. Les transports en commun peuvent être eux, associés à une notion de dépendance, de contrainte sur les horaires… Ainsi le VAE est plus approprié car il conserve l’aspect « individuel », « autonomie », « indépendance » de la voiture.
  • La maîtrise du temps de trajet est améliorée puisqu’il reste toujours identique, quelque soit le moment de la journée, de l’année, l’état du trafic, la présence ou non de parkings à l’arrivée… Le déplacement n’est plus source de stress, ce qui allège significativement la gestion de son agenda professionnel et en renforce sa maîtrise !
  • Les VAE sont à la portée des novices comme des experts : ils sont faciles à utiliser et à prendre en main, et la gestion de l’assistance permet de soulager largement l’effort, ou de challenger les plus sportifs. Toutefois, il est tout à fait indispensable de mettre à disposition un support technique réactif et de proximité, qui tient à la fois son rôle de maintenance et réparation, mais aussi celui de rassurer les usagers « au cas où ».

Au final, le VAE apparaît comme le moyen de transport idéal pour les trajets urbains de courte et moyenne distance.

Prochains jalons pour le démonstrateur Caisse d’Epargne Bretagne-Pays de Loire

Une liste d’attente d’une vingtaine de salariés volontaires s’est créée pendant l’hiver ! Avec le retour des beaux jours, un nouveau débriefing avec les testeurs et l’offreur est envisagé, pour travailler sur les pistes d’amélioration.

En parallèle, il s’agit de travailler le nerf de la guerre : les aspects juridiques et financiers pour passer du statut expérimental à la grande échelle.

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