Baisse des ventes de vélos en France : facteurs d'explications et nécessité d'aménagements urbains

Le 26 avril 2013

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En novembre dernier, nous évoquions le renforcement à venir de la place « utilitaire » du vélo dans la mobilité de demain . Le 10 avril dernier, l’Observatoire du cycle a publié le chiffre d’affaires et les volumes de ventes en France au cours de l’année 2012. A l’image du premier semestre, mis à part le dynamisme du marche des Vélos à Assistance Electrique (VAE), les ventes sont en net recul (-9%).

Suite à la publication de ces chiffres, l’analyse des ventes de cycles par typologie d’utilisation et la prise en compte du point de vue des professionnels permettent d’avancer plusieurs facteurs d’explication.

 

 

Facteurs d’explications : le point de vue des professionnels

 

  • Les vélos de loisirs directement impactés par le contexte économique

En 2012, les VTT et les VTC ont été les typologies de vélos les plus durement touchées par la chute des ventes, avec respectivement -12% et -11%. Rappelons ici que le VTT représente à lui seul 46,5% des ventes.
Le premier facteur d’explication semble être celui du contexte économique qui impacte prioritairement les dépenses de loisirs en contraignant les consommateurs à des arbitrages budgétaires.

  • Le dynamisme du marché des "bicylette de ville" ne se traduit pas dans les volumes de ventes

Confirmant l’idée du renforcement à venir du rôle utilitaire du vélo, les professionnels affirment constater l’essor des déplacements en vélo en milieu urbain et regrettent la faible part des « bicyclettes de ville » dans les ventes de cycle. Ces dernières ne représentent en effet que 9% des ventes.

  • Le vol et l’absence de parkings sécurisés

Selon le Conseil National des professions du cycle, « la création de parkings sécurisés est un puissant levier de la pratique du vélo et de l’intermodalité ». La mise en place de ces infrastructures en milieu urbain constitue également une solution efficace contre le vol, dont la forte proportion (400 000 vols/an en France), peut pousser à renoncer à l’achat d’un vélo neuf et tend à expliquer le décalage entre la massification de la pratique du vélo utilitaire et sa part dans les ventes qui reste faible.

Confirmant l’idée que la présence d’infrastructures de stationnement sécurisées pour vélos peut tendre à renforcer son usage en milieu urbain tout en favorisant la multimodalité, les parlementaires ont adopté le 17 avril dernier, un texte impliquant la création d’aires de stationnement de vélos sécurisés dans les nouvelles gares ou lors de leur réaménagement.

  • Le rapport des français au vélo et la nécessité d’aménagements urbains

Le prix moyen d’un vélo acheté en France est de 278 euros contre 495 euros en Allemagne et 790 euros aux Pays-Bas. Si le contexte économique actuel peut en partie expliquer ce décalage et le dynamisme du marché de l’occasion en France, il amène également à se questionner à la place qu’accorde les français aux vélos dans le champ des possibles des moyens de mobilité « utilitaires ».

Sans pour autant pouvoir en déduire un lien de causalité direct, on observe le même décalage en termes de parts modales et d’aménagements en mobiliers urbains. Le centre-ville d’Amsterdam affiche par exemple une part modale d’environ 55% pour le vélo quand la moyenne française est de 4%. Strasbourg, ville réputée pour ses nombreux aménagements en faveur du vélo, peut se targuer d’une part modale de 10% pour le vélo en centre-ville et confirme le rôle clé que peuvent avoir les collectivités dans le développement du vélo en milieu urbain.


La progression du VAE se poursuit

En France, en 2012, il s’est vendu 47 000 vélos à assistance électrique (VAE), soit une progression de 15% par rapport à l’année 2011, tendance constante depuis maintenant 5 années. Le VAE représente désormais 1,6% du marché et tend à développer la pratique « utilitaire » du vélo, notamment dans le cadre du trajet domicile/travail. Malgré une part de marché marginale, les VAE sont particulièrement appréciés des professionnels du cycle qui y voient un relais de croissance intéressant susceptible de solliciter leurs compétences en maintenance de manière plus récurrente. Les VAE apportent en effet plus de valeur ajoutée et nécessitent donc un assemblage particulier et une maintenance spécifique.

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