Adapter la ville pour répondre au défi du vieillissement

Le 29 avril 2013

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Quelles sont les caractéristiques d'une ville adaptée au vieillissement ? C'est la question posée par le Centre d'analyse stratégique, qui a financé l'étude "Adapter les villes au vieillissement" menée par Icade en 2012. Un travail qui examine les modalités d'adaptation au vieillissement mises en œuvre dans plusieurs villes du monde.

Dans son rapport "Adapter la société au vieillissement" remis en janvier 2013 à Michèle Delaunay, Ministre déléguée au personnes âgées, Luc Broussy écrit : "Penser une ville adaptée aux personnes âgées, c’est tout simplement penser la ville de demain."

En France, les politiques nationales ont bien identifié le besoin d'adaptation des logements pour répondre aux besoins d'une population vieillissante. En revanche l'adaptation de l'espace urbain est jusqu'à présent peu pris en compte : il s'agit pourtant d'une condition essentielle à l'intégration des citoyens âgés dans la société.

Adapter l'espace urbain au vieillissement nécessite une action dans de multiples domaines, impliquant de nombreux acteurs et niveaux de décision : la conception des quartiers, la localisation des activités, la voirie, les transports collectifs notamment. Pour les auteurs de cette étude Icade (investisseur et promoteur immobilier, filiale de la Caisse des Dépôts) coordonnée par le Dr. Pierre-Marie Chapon, c'est précisement dans la bonne gouvernance entre tous ces acteurs que réside la clé du succès : "C'est de loin l'élément le plus important", nous disent-ils.

Apporter des micro-adaptations à l'espace urbain

S'appuyant sur l'étude d'Icade, le Centre d'Analyse Stratégique définit ainsi la ville adaptée au vieillissement : "Une ville dense, qui réalise de multiples micro-adaptations pour assurer une libre circulation des usagers, qui incite les aînés à être en activité et à participer aux projets de transformation de la ville".Icade met en avant plusieurs éléments qui contribuent à un environnement favorable au vieillissement :

  • la présence de commerces de proximité dans un rayon de 300 m
  • la présence d'un arrêt de transport en commun à moins de 150 m
  • des espaces verts
  • des bancs sur les cheminements

Tous ces éléments vont inciter les aînés à sortir quotidiennement de chez eux. Des recherches menées à Lyon et Nice montrent en effet que les courses constituent le premier motif de sortie des personnes âgées : à la boulangerie pour 19% d'entre elles, au marché pour 14% et à la pharmacie pour 11% selon le rapport Broussy cité précédemment.

Pour que les personnes âgées sortent de chez elles, encore faut-il que la voirie soit aménagée de façon à sécuriser les parcours : les trottoirs, les passages piétons, l'éclairage, les carrefours et le mobilier urbain doivent être pensés et entretenus pour faciliter les déplacements quotidiens.

Des exemples à suivre en France et à l'étranger

Aux Etats-Unis, Portland est la première ville à s'être engagée dans le programme Villes amies des aînés imaginé par l'Organisation Mondiale de la Santé. Un travail complet d'adaptation de la voirie y a été réalisé : adoucissement des bords de trottoirs, adaptation de l'éclairage, installation de bancs et de ralentisseurs de trafic. A Portland, l'association Elders in Action certifie les commerces accessibles en se référant aux avis des usagers.

En France, Icade souligne le caractère exemplaire de plusieurs réalisations :

  • à Rennes, l'élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale et du Plan Local d'Urbanisme s'inscrit dans une démarche de développement durable qui préfigure le concept de ville adaptée aux aînés
  • dans le Rhône, un programme a été lancé en 2010 à l'échelle du département afin de développer une offre de logements adaptés aux personnes en perte d'autonomie ou dépendantes
  • la Ville de Nantes a mis en place en 2009 le dispositif "logement bleu" : au sein du parc social locatif géré par Nantes Habitat, des appartements sont destinés aux personnes âgées autonomes ou en perte légère d'autonomie.

En revanche, peu d'initiatives sont citées dans le domaine du numérique appliqué aux fonctions urbaines :

  • la Ville de Salzbourg s'est équipée d'un système de guidage et d'orientation tactile pour les personnes malvoyantes. Dans les établissements publics, des ascenseurs, rampes d'accès et équipements auditifs (boucles d'induction magnétique) sont aménagés systématiquement
  • A Berlin, un système de dialogue automatique a été développé dans le cadre d'un programme de recherche sur l’information voyageur dans les transports en commun à destination des personnes à mobilité réduite (projet BAIM). Ce système fournit des informations par téléphone sur les itinéraires et les horaires. Et depuis le début 2011, grâce au projet CAIRO (Context Aware Intermodal Routing), de nouvelles fonctions sont offertes : le téléphone mobile devient un outil individuel de navigation dans les transports publics.

Cet exemple berlinois en est une illustration : la mobilité est l'un des champs où le numérique peut contribuer à l'adaptation de la ville au vieillissement. Plus largement, le numérique a un rôle à jouer dans la conception d'une ville plus durable, une ville plus accueillante pour toutes les générations.

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