Plan robotique : la France mobilisée pour capter des marchés à fort potentiel

Le 16 avril 2013

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Les chiffres sont impressionnants : le marché mondial de la robotique de service pourrait être multiplié par 30 en 10 ans et représenter 100 milliards d’euros en 2020. Pour se positionner en leader sur ce marché, la France va structurer une filière industrielle et soutenir son développement.

Une étude publiée en 2012 par le PIPAME a montré que la robotique de service à usage personnel et professionnel était un marché émergent à fort potentiel ouvert à de nouveaux opérateurs. Le marché est large puisque beaucoup de secteurs peuvent être utilisateurs de robots de service : le transport, la logistique, l’industrie, l’agriculture, la santé, les loisirs, la défense, l’éducation... A contrario, la robotique industrielle largement dominée par les fabricants allemands, japonais ou américains présente des barrières à l'entrée élevées et offre donc moins d'opportunités aux entreprises françaises.

Forces et faiblesses de la robotique française

La France compte une soixantaine d’entreprises reconnues pour leur savoir-faire, des spécialistes de la robotique comme Stäubli, BA Systèmes, ECA Robotics, Aldébaram, Gostaï, Induct, Robosoft et des équimentiers comme Cimlec Industries, Actenium, Clemessy, …

Elle peut aussi s’appuyer sur ses écoles, ses 1300 chercheurs regroupés au sein du Groupement de Recherche Robotique, ses laboratoires de recherche (le Laas, l’ISIR, le CEA-List) et ses pôles de compétitivité pour garder une longueur d’avance en termes d’innovation.

Mais le développement de la robotique est freiné par :

  • Un transfert technologique de la recherche académique vers les entreprises difficile
  • Une mauvaise identification des marchés qui freinent les investisseurs
  • Un manque de soutien public à la R&D et à l’industrialisation
  • Un nombre insuffisant d’investisseurs privés

Plan national pour la robotique : "France Robots Initiatives"

Pour remédier à ces difficultés structurelles et faire de la France un leader mondial sur le segment de la robotique de service, le ministère du redressement productif et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lancent le plan « France Robots Initiatives » doté de 100 millions d’euros. Ce plan s’articule autour de 4 axes : la structuration de la filière robotique, la mobilisation des achats publics pour soutenir le marché, le soutien au fonds de capital risque Robolution capital et l’accompagnement des investissements robotiques des PME.

Un comité robotique « Filière de demain »  va être mis en place pour coordonner la filière, identifier les briques technologiques et les marchés prioritaires.

Des appels à projet vont être lancés pour développer la R&D industrielle et 1,5 million d’euros seront consacrés au financement de « défis » visant à rapprocher le monde de la recherche et celui de l'entreprise. Ces défis pourraient avoir pour thème :

  • La Cobotique, robotique collaborative adaptée à la PME
  • La robotique dans les transports (transport automatisé sur courte distance, conduite automatique)
  • Le robot compagnon pour l’assistance aux personnes
  • La robotique de rééducation et d’aide au handicap

Enfin, le plan prévoie plusieurs dispositions pour accélérer la robotisation des entreprises.

Il intègre le programme Robot Start PME : l’objectif est d’inciter 250 PME à investir dans un premier robot en leur apportant conseils et financements.

Et, 300 millions d’euros de prêts bonifiés seront mobilisés via la BPI (Banque Publique d'Investissement) pour soutenir l’investissement des entreprises qui décideront de robotiser leur processus de production.

Les enjeux du plan France Robots Initiatives sont de taille pour l’économie française : favoriser l’émergence de nouvelles entreprises et faire grandir celles qui existent déjà pour que la France soit d’ici 2020 reconnue comme un acteur majeur de la robotique mondiale.

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