La Turquie, terre d’avenir des constructeurs européens?

Le 10 avril 2013

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Les constructeurs français dans le monde

En 2011, plus de 80 millions de véhicules étaient produits (véhicules particuliers et utilitaires), avec une augmentation de l’ordre de 42% entre 2001 et 2011.

Les constructeurs français représentent 8% de la production mondiale avec 6,4 millions de véhicules produits dans le monde dont 75% vendus à l’étranger. Depuis 2008, la production des constructeurs français n’a augmenté que de 4 % dans un contexte de crise des pays développés et d’une montée en puissance des pays émergents, mais la part des débouchés hors Europe occidentale a augmenté de près de 900 000 unités depuis 2007, s’élevant à 3 millions de véhicules en 2011. Pour les constructeurs allemands, il en va de même avec une croissance de 6,6% de l'export qui représente 77% de la production. Les marchés en équipement sont aujourd'hui les relais de croissance permettant de compenser la chute des marchés d'Europe de l'ouest. La Turquie fait clairement partie de ces relais de croissance.

 

La Turquie, un marché peu équipé et une économie en développement

Evolution de la production et des immatriculations en Turquie entre 2008 et 2011Si les pays d'Europe de l'Ouest sont des marchés de renouvellement avec une très faible croissance, voire une décroissance, la Turquie est un marché d'équipement dans un pays en croissance : 70% de la population ne possède pas encore de voiture. La marge de progression est considérable; le CCFA évoque un taux d’équipement légèrement supérieur à 100 pour mille en Turquie contre environ 500 pour mille dans les pays d’Europe de l’Ouest, soit 5 fois moins ! Même si l'année 2012 a connu un ralentissement économique, le PIB a enregistré une croissance de l'ordre de 3% en 2012 après avoir cru de 9,2% en 2010 et de 8,5% en 2011. En 2013, il devrait être de l'ordre de 4%.

C’est donc un relai de croissance potentiel significatif alors que le parc automobile turc concentre en 2012 13,4 millions de véhicules. Trois constructeurs dominent le marché car historiquement présents avec des usines : Renault, Fiat et Ford. Mais désormais, on voit des marques comme Volkswagen enregistrer de fortes poussées dans leurs ventes uniquement de véhicules importés. Entre 2011 et 2012, le constructeur allemand a enregistré une hausse de 14,7% de ventes avec presque 124 000 véhicules vendus en 2012, et 17,6% de parts de marché. Si le marché automobile turc a connu un fort ralentissement en 2012 (-10%), beacoup de constructeurs comme PSA parient sur une rebond de 5% à 10% en 2013 et une croissance dans les années futures.

La Turquie, un marché attractif pour les constructeurs

Parfois appelée « La petite Chine d’Europe », la Turquie figure au 17ème rang mondial de production automobile, avec une capacité de production installée de 1,6 million d’unités par an. Le constructeur Renault, a déclaré en 2012 qu’il s’agissait du « marché le plus important à l’international après ceux des BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). La Turquie représente pour la marque au losange son 6ème marché le plus important en volume, avec un peu plus de 118 000 véhicules écoulés.

Des chiffres relayés par le CCFA font état, toutes catégories confondues, d’1,2 million d’unités de véhicules produits en 2011 pour un chiffre d’affaires global d’environ 20 milliards de dollars. Environ 200 investisseurs étrangers sont installés dans la fabrication des équipements et composants automobiles. Il est vrai que la Turquie est stratégiquement bien implantée pour les industriels car, à cheval entre l’Europe et l’Asie, elle est proche des marchés orientaux et surtout de la Russie, qui intéresse également vivement les industriels pour son marché automobile dynamique.

 

Mais un tel marché est forcément concurrentiel : plus de 50 marques sont présentes dans le pays et une quinzaine de constructeurs y ont des sites de production. Pour tirer leurs épingles du jeu, les constructeurs devront donc s’adapter aux contraintes spécifiques de la Turquie, où par exemple les flottes de voitures de société sont importantes et l’usage de véhicules utilitaires légers à des fins familiales courantes car ils bénéficient d’une fiscalité plus avantageuse. La fiscalité y est très contraignante, les voitures sont soumises à des taxes qui peuvent aller jusqu'à 83%. Les voitures dotées de moteurs de moins de 1,6 l étaient par exemple taxées à 40 % en 2012. Les attentes et besoins des consommateurs concernent également la consommation de carburant, car les prix du carburant y sont parmi les plus importants du monde !

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