Autopartage, usages et pratiques de mobilité : résultat de l’enquête nationale

Le 27 mars 2013

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Le 21 mars dernier, le cabinet 6-t, en partenariat avec France Autopartage et avec le soutien de l’ADEME, a présenté les résultats de l’étude lancée en juillet 2012 et menée auprès de 2090 abonnés de 20 services d’autopartage répartis sur le territoire français. L’occasion d’en savoir un peu plus sur les usages, les motivations et les bénéfices perçus des usagers et l’impact potentiel sur les pratiques de mobilité. L’enquête a été menée en ligne sous la forme de 130 questions et 95% des 2090 répondants étaient des usagers de services d’autopartage en boucle. L’étude et sa synthèse sont disponibles en téléchargement en fin d’article.

La perception des services d’autopartage

46% des autopartageurs considèrent l’autopartage comme un mode de transport « économique », « pratique » (pour 45%) et « écologique » (pour 35%). 9,1% des usagers considèrent les services d’autopartage comme « cher » et 6,7% comme « contraignant ».

Les raisons expliquant le recours modeste de la population française à l’autopartage

D’après les usagers, l’autopartage peine à se développer à cause de 4 principaux facteurs :

  • Attachement au véhicule personnel (69,5%)
  • Offre trop peu connue (53,6%)
  • Offre pas assez dense et réservée aux villes (24,3%)
  • Contrainte du système (24%)

 

Les motivations des autopartageurs

Concernant les aspects motivationnels, 3 critères recueillent la quasi-totalité des suffrages :

  • L’autopartage me revient moins cher q’une voiture personnelle (51,2%)
  • L’autopartage est plus pratique qu’une voiture personnelle (21,4%)
  • L’autopartage est un système écologique/philosophie de vie (20,2%)

 

Conséquence de l’abonnement à un service d’autopartage sur le comportement d’achat de produits ou de services de mobilité

  • 34% disent avoir renoncé à l’achat d’une voiture 
  • 29,5% disent s’être séparés d’une voiture 
  • 29,5% des répondants n’ont pratiqué à aucun changement
 

Des usages qui se diversifient et un faible développement du marché des professionnels

L’étude nous apprend que la diversité des motifs d’usage de l’autopartage est corrélée avec l’ancienneté de l’abonnement. Cette tendance plaide en faveur d’un besoin d’apprentissage et d’une progressive intégration au champ des possibles de la mobilité. Parmi ces usages, ceux réalisés dans le cadre professionnel apparaissent peu développés.

58,6% des autopartageurs affirment ne jamais utiliser le service dans le cadre de déplacements professionnels. Le recours aux différents services a principalement lieu le soir et le weekend. Le développement des usages professionnels permettrait donc d’optimiser le taux d’utilisation des véhicules.

Autopartage et possession automobile

Avant l’adhésion au service d’autopartage : 11% des répondants possédaient 2 voitures et plus, 50% possédaient 1 voiture et 39% aucune voiture.
Après l’adhésion, 78% des autopartageurs ne possèdent aucune voiture, ce qui se traduit, rapporté au nombre de répondants, par la suppression de 896 véhicules. 40% de ces changements sont liés à l’adhésion au service d’autopartage.

En partant de l’hypothèse qu’un véhicule en autopartage est utilisé par 20 usagers, l’étude arrive à la conclusion qu’un véhicule en autopartage remplace 9 voitures particulières et rend disponible 8 places de stationnement.

Après l’adhésion au service d’autopartage, il est observé une baisse de la distance moyenne parcourue en voiture et par an. Au global, le nombre de kilomètres parcourus en tant que conducteur d’une voiture baisse de 41%. Ce chiffre apparait significatif. Pour autant il est à nuancer, puisque 58,7% des changements d’habitudes en matière de transport sont liés à divers évènements personnels/professionnels et non au fait d’avoir souscrit un abonnement à un service d’autopartage.

Autopartage et report modal

Le recours à l’autopartage occasionne des reports modaux. 30% des répondants affirment pratiquer davantage la marché à pied, 30% le vélo, 25% les transports collectifs et 25% le train. Ces chiffres sont plus élevés pour les autopartageurs ayant mentionné que leurs changements d’habitudes de transport étaient liés à leur adhésion à un service d’autopartage. La pratique de l’autopartage tendrait ainsi à diversifier les pratiques de mobilité.

Satisfaction générale des usagers et attentes

Les 2090 autopartageurs interrogés sont globalement satisfaits des services proposés. Dans le détail, 54,6% sont « très satisfaits » et 37,8% sont « assez satisfaits ».
Concernant les attentes des usagers, 94,7% des répondants seraient favorables à la mise à disposition d’une plus grande variété de véhicules disponibles, 71,7% à la mise en place d’une trace directe et 63,4% à la possibilité d’emprunter un véhicule électrique.

Dans une logique de développement des usages, la trace directe semble incontournable. Si on considére l’ensemble des répondants dont une minorité a accès à un service en trace directe, 17,4% des usagers utilisent au moins une fois par semaine leur service d’autopartage. Pour les répondants ayant accès à un service en trace directe, ce chiffre atteint 51,2%.


Les éléments présentés ci-dessus sont un extrait de « l’enquête nationale sur l’autopartage » réalisée par le bureau de recherche 6-t au cours du second semestre 2012. L’étude et sa synthèse sont disponibles en téléchargement ci-dessous.

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