Renault Nissan se lance dans l'ultra low cost en Inde

Le 20 mars 2013

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Après plusieurs voies étudiées de partenariats avec des acteurs indiens, l'alliance Renault Nissan lance en Inde la conception d'une nouvelle plateforme A-Entry destinée aux véhicules bas coût du groupe, inspirée de la démarche Logan et visant une ambition similaire en volume à un niveau de prix inférieur.

La marque Entry de Renault locomotive du groupe

La gamme Entry de Renault (qui regroupe Logan, Sandero, Duster, Lodgy et Dokker) représente en 2012 950 000 unités vendues, en progression de 17% en volume par rapport à 2011. Cela, dans un contexte de baisse globale des ventes de 6,3 % de Renault et un volume total de 2,55 millions de véhicules. DACIA contribue ainsi très largement à l’objectif d’internationalisation du groupe et à l’objectif de rentabilité. Pour certains analystes, la marge opérationnelle de la gamme Entry serait comprise entre 6 et 12 %, et aurait en 2012 généré 700 M€ de marge compensant des pertes équivalentes pour la gamme Renault. Comme le déclare Carlos Ghosn, « tant que nous n'aurons pas de concurrent sur ce marché, nous continuerons à générer beaucoup de profits ». Il est vrai que sur ce nouveau segment de marché, Renault reste assez seul. Toyota a développé avec Etios un modèle pour l’Inde. Ford a fait de même avec Figo. Mais ces projets n’ont pas le succès international que connait Dacia, ni ses volumes de vente. Tata fait figure de nouvel entrant en Inde mais le projet Tata reste pour le moment un échec commercial.

 

Du low cost à l’ultra low cost

En recherche d’un partenariat en Inde depuis plusieurs années, d’abord avec Mahindra, puis BAJAJ, fabricant indien de 2-3 roues, pour développer un véhicule ultra low cost, Renault Nissan fait finalement le choix de développer seul et sur place la plateforme « A-Entry », destinée à accueillir les différents modèles à bas coût du segment A de l’alliance. C’est donc un nouveau segment positionné en dessous des prix DACIA et affichant un prix objectif de 4000 €. Selon Gérard Détourbet, directeur du programme, les modèles sont destinés aux marchés émergents, mais une offre européenne pourra être associée au programme. Cellui-ci reprend les facteurs clés de succès de Logan, avec la conception d’un véhicule entièrement nouveau (y compris la motorisation), une conception entièrement réalisée en Inde (comme Logan fut conçu à Pitesti en Roumanie) impliquant des fournisseurs indiens déjà identifiés et une démarche de « frugal engineering ». Le projet pourrait voir le jour dès 2015.

 

Des perspectives mondiales pour ce segment

L’Inde est le premier marché de voitures dites « frugales » avec 75% des véhicules vendus pour un montant inférieur à 7000 €. L’écosystème indien est pour Renault l’environnement idéal pour concevoir et fabriquer une véhicule ultra low cost en lien avec des sous-traitants locaux existants. L'Inde sera aussi pour Renault un marché de débouchés. Selon le CAR, institut allemand de recherche automobiles, le marché des véhicules bas coût devrait quadrupler d’ici 2030, le volume des véhicules de moins de 5000 € (ou de moins du tiers du prix standard pour les véhicules d’un segment précis) pourrait atteindre 25 millions en 2030 (source CCFA). L’ambition du projet A Entry vise à terme un million de véhicules en dupliquant dans d'autres pays émergents l’usine dédiée qui sera construite en Inde.

 

Avec ce programme, l’alliance Renault Nissan vise à doter les marques du groupe de modèles susceptibles de renforcer leurs positions sur les marchés émergents, l’Inde en particulier. C’est aussi une manière de renforcer le savoir-faire acquis du groupe dans le domaine du low cost que Renault confirme comme un axe stratégique, sur un segment de marché encore à l’état de niche mais promis à une forte croissance :

  • dans les pays émergents certes, dont le développement automobile passera un jour par une demande de véhicules à faible coût,
  • mais également dans les pays développés saturés d’automobiles et en quête de nouveaux segments et de produits « utilitaires ». 

Dans ce projet indien, Renault recherche autant un environnement adapté à l’ultra low cost qu’un marché de débouchés, aujourd’hui encore limité en Inde.

 

A lire aussi : Pourquoi Renault à choisi BAJAJ pour concurrencer la Nano ?

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