La coopération économique franco-allemande - Enjeux et Perspectives (Conférence du 10 décembre 2012)

Le 14 mars 2013 par AdminTv

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Compte rendu de cette table ronde par Florine Bossard:

Plusieurs chefs d'entreprise du monde franco-allemand

-      Christophe de Maistre, président de Siemens France,

-      Pascal Denoël, président de Cequad (spécialiste en cartes et systèmes électroniques),

-      Robert Conrad, directeur de P&T Technologies (énergies renouvelables, en particulier l'éolien et le photovoltaïque)  

-      Olivier Lemoine, directeur industriel de BA Systèmes (systèmes logistiques par chariots automatiques)

ont présenté leur vision de la coopération économique franco-allemande.

 

Le contexte actuel de crise a rendu la coopération franco-allemande plus difficile. En effet, outre un climat français des affaires peu propice, les Allemands ne comprennent pas le fonctionnement du droit français, qu'ils perçoivent comme empreint de contrariétés. Parallèlement à cela, certains investisseurs allemands sont prêts à investir en France, mais se heurtent à la frilosité des banques, causée par l'absence d'un cadre réglementaire fiable. C'est le cas dans le domaine de l'énergie éolienne.

D'autres difficultés résident dans la barrière linguistique et culturelle. En effet, la désaffection de l'allemand à l'école peut se transformer en handicap pour les entreprises, avec une perte d'efficacité. Même si les réunions officielles sont essentiellement tenues en anglais, de nombreuses décisions sont prises pendant des rencontres informelles, en allemand ou en français. La maîtrise de la langue du partenaire permet de mieux comprendre sa culture et ainsi de travailler plus efficacement. 

Malgré ces difficultés, des partenariats ont du succès, comme ont pu en témoigner les différents chefs d'entreprise présents.

Siemens, acteur allemand en France, participe à de nombreux projets dans le grand ouest, qui concernent tous ses domaines d'activité : énergie (construction de parcs éoliens dans le Finistère), infrastructures et cités (le metro rennais), santé (appareils d'imagerie médicale de dernière génération pour les hôpitaux de Vannes et Brest) et industrie (systèmes d'automatisation pour PSA). Parmi ses nombreux fournisseurs, 30 sont en Bretagne. Le montant de ses achats dans cette région atteint près de 7 millions €, soit 1% de la somme totale de ses achats en France. 

Un de ses fournisseurs, la société Cequad était également présente. Son président, Pascal Denoël, estime que la coopération est possible, si les partenaires partagent les mêmes valeurs. Pour lui la conduite allemande des affaires est un échange d'égal à égal, indépendamment de la taille et de l’ancienneté des partenaires, et orienté par la question suivante : Que peut-on s'apporter mutuellement ? Ce dialogue suppose bien entendu que chaque entreprise accepte de pouvoir encore progresser. 

P&T Technologies est une filiale de la société allemande Energiequelle depuis deux ans. La coopération franco-allemande est nécessaire à son fonctionnement. Robert Conrad voit dans cette coopération un défi culturel. En effet, Français et Allemands ont des mentalités très différentes. Cependant il est persuadé que cette coopération peut produire d'excellents résultats. La compétence allemande est certes bien perçue en France, mais elle doit simplement venir compléter l'ancrage de la société en France. 

Olivier Lemoine travaille régulièrement avec des fournisseurs allemands. Dans le domaine de la sécurité, enjeu majeur de son activité, la rigueur allemande représente un grand avantage. Ce n'est pas son seul motif pour traiter avec des sociétés allemandes : il préfère privilégier une coopération avec des acteurs européens ou même locaux. Cela permet une meilleure réactivité par le raccourcissement des distances. Selon lui, la compétitivité est basée sur l'innovation. 

Gwénaëlle Hamon, adjointe déléguée au développement économique et à l'emploi de Rennes Métropole, a cité le projet de création de l'Institut de Recherche Technologique B-com dans le bassin rennais. Il s'agira d'un pôle de compétitivité favorisant une coopération par les compétences. Par ailleurs, les entreprises bretonnes commencent à se développer à l’international, mais cela reste encore insuffisant. Ce développement doit être accompagné par les acteurs politiques locaux. Cela peut passer par la création d’une culture de confiance avec les sociétés. Rennes Métropole souhaite créer un nouveau modèle dans des domaines d'innovation, permettant un meilleur développement des entreprises locales et d'en attirer d'autres. 

La coopération économique peut également passer par le portage de PME. Il s'agit pour une grande société d'ouvrir un bureau à l'étranger pour l'un de ses fournisseurs. Face à la lenteur de ces procédures, des nombreux projets pilotes impliquant des PME et des groupes internationaux se développent. Cela facilite le passage du marché local au marché européen ou international. 

Le Club d'Affaire Franco-Allemand, représenté par son président Jean-Claude Bruchet, est également un acteur majeur dans la coopération économique franco-allemande, en ce qu'il permet un ancrage des PME dans les relations bilatérales. Les relations entre entreprises d'une même région sont ainsi favorisées, mais également avec des entreprises membres des autres CAFA de France et d’Allemagne. A Rennes, on trouve à proportions égales des industriels, des professions libérales et des universitaires. A échelle locale, chacun peut ainsi faire part de son expérience et bénéficier de conseils. Une réunion annuelle de tous les CAFA permet de créer d'autres liens. Il faut noter qu'en 2016 cette réunion se tiendra à Rennes. 

En conclusion, Daniel Delaveau, maire de Rennes, a réaffirmé la fonction de moteur du couple franco-allemand dans l'avenir de l'Europe et la nécessité de renforcer les liens entre les deux pays. Un changement de mentalité à tous les niveaux pourrait redonner un peu de vigueur à la coopération entre ces deux pays.

La coopération est souvent pensée comme institutionnelle. Mais les partenariats personnels ne doivent pas être négligés non plus, surtout dans le monde économique.

Par ailleurs, de nouveaux enjeux et thèmes apparaissent dans le débat. Ainsi le faible coût du travail comme motif d'une coopération est de plus en plus délaissé au profit de la création d'une valeur ajoutée. Innovation et compétences vont être recherchées. Cela se justifie également par le rapprochement sensible du coût du travail en France et en Allemagne au cours des dernières années, mais cette tendance pourrait bien s'inverser dans un avenir proche.

Dans cette recherche de compétitivité, les PME sont dans une position avantageuse, grâce à leur flexibilité. Elle leur permet une meilleure adaptation que les grands groupes. Cela n'est pas négligeable dans le cadre d'une coopération bilatérale. De plus, cette flexibilité est un facteur important pour l'innovation.

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