Véhicules connectés et services associés, des sujets très branchés!

Le 18 mars 2013

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Entre le Consumer Electronics Show de Las Vegas en janvier et le salon automobile de Genève, le véhicule connecté et les services pouvant lui être associé sont au cœur des préoccupations en ce début d’année 2013. Après les déboires de Renault avec sa tablette R-Link qui aurait sa part de responsabilité dans le retard du lancement de la Zoé, d’autres constructeurs ont récemment fait des annonces sur le sujet. Ces dernières amènent ainsi à se projeter sur les futurs services associés mais également sur les moyens de connexion choisis, ainsi que sur le futur rôle clé du smartphone et de la place croissante du cloud.

Des constructeurs qui avancent


General Motors équipera ses modèles avec la 4G

Le constructeur a récemment annoncé qu’il équiperait à partir de 2014 la majorité de ses modèles (aux Etats-Unis et au Canada dans un premier temps) de la technologie 4G, qui permet l’accès au haut débit en mobilité. General Motors considère qu’une telle stratégie permettra d’offrir une meilleure opportunité de divertissement à bord mais également de la communication embarquée et des services associés. D’après General Motors, la 4G participe à l’élargissement du champ des possibles pour les développeurs d’applications et favorise le recueil des données vers le cloud. Dans un second temps le cloud autorise une synthèse des informations captées et des notifications push aux véhicules dans une logique d’information et de prévention.

Le système d’applications embarqué de Ford désormais en open source

Lors du Mobile World Congress qui se déroulait à Barcelone du 25 au 28 février dernier, Ford a annoncé le passage en mode « open source » de son système d’applications embarqué « AppLink ». L’objectif du constructeur est ainsi de faciliter le développement d’applications en intéressant le maximum de développeurs. Côté utilisateur, l’idée est d’enrichir l’expérience en permettant l’interaction avec le véhicule quel que soit le smartphone et son système d’exploitation. Le système de Ford n’a pas pour ambition d’ajouter un abonnement télécom au propriétaire du véhicule. L’approche du constructeur est la suivante : le smartphone de l’utilisateur se connecte au véhicule. Dans un second temps, par vase communiquant les services sont accessibles depuis le véhicule. A noter, la présence de Ford depuis mars 2012 via un laboratoire R&D dans la Silicon Valley.

Chevrolet, Kia et Garmin au Consumer Electronics Show

Lors du salon américain de la high-tech en janvier dernier, Chevrolet a annoncé l’intégration de Siri, technologie de contrôle vocal d'Apple et d’applications de navigation et de radio connectée. Kia a communiqué sur l’ajout des services « Google Maps » et « Google Places » à ses véhicules et le développement d’une application permettant au smartphone d’interagir avec le véhicule et les services de google. Enfin, Garmin a dévoilé sa plateforme de navigation embarquée permettant de rendre le véhicule « connecté » tout en gérant le couplage avec le smartphone du conducteur afin de proposer des services personnalisés.

L'Alliance Renault-Nissan accélère sur la voiture connectée en s’implantant dans la Silicon Valley

Les deux constructeurs ont annoncé l’ouverture prochaine dans la Silicon Valley d’un centre de recherche censé permettre à l’alliance de tisser des liens avec des entreprises et des équipes de recherche sur les thématiques du véhicule connecté, du véhicule autonome et l’interface homme/machine.


Le rôle du cloud et des futures applications

Si les constructeurs n’ont d’autres choix que de se positionner sur les technologies de connexion et les systèmes d’exploitation amenés à équiper leurs futurs véhicules, le rôle croissant du cloud et le champ d’applications amené à en découler occupent également les esprits. A ce titre, la vision de Patrick PELATA, ancien numéro deux de Renault et désormais responsable de la division automobile chez le géant américain du cloud computing « Salesforce », est intéressante. Selon lui, « la voiture connectée va complètement bouleverser le modèle économique de plusieurs industries ». Dans le cas de l’assurance par exemple, le véhicule connecté est un prérequis à la meilleure adaptation des contrats en tenant compte de la situation géographique, du style de conduite… La même logique est également applicable à la maintenance et à d’autres filières.

Au final, l’ensemble de la chaîne de valeur liée à l’usage du véhicule est potentiellement impacté par l’arrivée du véhicule connecté : prise en compte du degré réel d’usure des pièces, réduction de la pollution, échange de données avec les infrastructures routières dans une logique de prévention et de sécurité, réduction des accidents, baisse de la congestion… Les dernières applications et le positionnement en cours des constructeurs traduisent bien la diversité future des interactions et la nécessaire complémentarité entre le véhicule, le smartphone et le cloud.

Renault Zoé

La commercialisation de la Renault Zoé qui vient de débuter est accompagnée par le lancement d’une application mobile susceptible d’accueillir des fonctions d’interactions avec le véhicule. Les premières fonctions disponibles sont celles du contrôle à distance de la climatisation du véhicule et de l’accès au niveau de charge et donc à l’autonomie restante.

General Motors

Dans cette même logique d’interaction à distance avec le véhicule, General Motors a développé l’application OnStar qui traduit bien l’intérêt du véhicule connecté et de la présence à bord d’une connexion 4G. L’application permet de contrôler à distance le niveau de carburant, le niveau d’huile, la pression des pneus et le contrôle à distance du chauffage. Si le véhicule est embouti ou victime d’une tentative de vol, il est également en mesure de prévenir son propriétaire via un message d’alerte. Une des autres applications possibles est celle du véhicule en tant que spot wifi qui permet par exemple de connecter une tablette tactile pour les passagers lors d’un trajet.

Volvo

L’application mobile "Volvo On Call", qui permet de localiser son véhicule tout en ayant accès à différents services à distance, vient d’être enrichie de fonctionnalités liées à la gestion de flottes. Sous la forme d’un journal de bord, il est désormais possible d’avoir accès de manière synthétique aux données détaillées des 40 derniers jours. La visualisation de ces trajets sur une carte et les informations sur la vitesse et la consommation de carburant sont également disponibles.

Taxibeat

Créée en 2011, la startup grecque Taxibeat, qui propose aux chauffeurs de taxis sous forme d’application mobile une plateforme pour mettre en avant leurs services, leurs disponibilités et leur situation géographique en temps réel, est désormais disponible sur le marché français. En favorisant la mise en relation, Taxibeat permet à ses utilisateurs de sécuriser leurs trajets tout en offrant aux chauffeurs de taxis un outil d’e-réputation et d’optimisation de courses. L’outil se positionne comme un apporteur d’affaires en prenant une commission sur chaque course apportée. 20% des taxis grecques ont d’ores et déjà adopté le service.

Quelle technologie pour quels usages ?

Ces quelques exemples, bien qu’ils ne soient pas exhaustifs, montrent qu’en fonction des usages, les interactions liées aux véhicules connectés, leur sens et donc les moyens de connexion nécessaires peuvent varier. Ce constat vient mettre à mal les propos qui consisteraient à considérer comme inutile la présence à bord du véhicule d’un point de connexion mobile propre, compte-tenu du taux d’équipement en smartphones amené à atteindre les 100% dans un futur proche. Si le smartphone peut jouer ce rôle pour certains usages et sans négliger son rôle de relais et de commande à bord du véhicule, on voit bien par l’exemple la complémentarité de ces deux moyens de connexion.

En parallèle de l’évolution technologique à venir des véhicules, qui verra s’améliorer la qualité des équipements de connectivité à bord avec l’arrivée progressive comme le prévoit General Motors en 2015 de la 4G, des applications spécifiques en fonction des usages se développeront en parallèle et pourront être intégrées aux systèmes applicatifs des véhicules. Outre le rôle du cloud dans les services liés à la maintenance et à la prévention de tout type de risque, ces applications devraient également concerner les services de mobilité en émergence et de fait faciliter leur démocratisation. On pense ici aux véhicules en autopartage, à la location entre particuliers mais également à des applications à usages professionnels comme Taxibeat ou d’autres applications liées à la gestion de flottes de véhicules.

Le rapprochement récent de plusieurs constructeurs de la Silicon Valley montre bien que les enjeux liés au véhicule connecté dépasse celui de l'automobile et qu'une remise en cause de plusieurs industries simultanément comme l'évoque Partrick PELATA est probable. Dans cette logique où véhicule connecté rime avec transversalité, tout laisse à penser que nous allons vers un élargissement des usages qui ne se limiteront plus au seul champ du véhicule.

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