ObEpi-Roche 2012, évolution du surpoids et de l’obésité en France.

Le 11 mars 2013

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La sixième édition de l’enquête ObEpi-Roche offre une vision de l'évolution de la situation française en matière d’obésité / surpoids. L'heure est au bilan des actions engagées et à venir pour réduire le surpoids de 10 % d'ici 2015 tel que le prévoit le Plan National Nutrition Santé. Focus sur deux actions engagées par la restauration collective.

Réalisée en collaboration avec l’Inserm, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et Kantar Health, cette enquête épidémiologique nationale est conduite sous la direction d’un comité scientifique indépendant et utilise toujours la même méthodologie. Réalisée de janvier à mars 2012, cette sixième édition porte sur un échantillon de plus de 25.000 personnes âgées de 18 ans et plus. Elle compare les populations en fonction de facteurs socio-économiques, régionaux et générationnels.

L’édition 2012 révèle que près d’un Français sur deux (47%) présente un poids trop élevé et plus d’un sur trois, une adiposité abdominale. Cependant les résultats se veulent rassurants puisqu’ils mettent en évidence un ralentissement de la progression de l’indice de masse corporelle (IMC) et du tour de taille moyens.

Ils confirment également des disparités inter-régionales ainsi qu’un gradient décroissant nord–sud et est–ouest.

A noter également que l’on n’observe plus d’augmentation de la prévalence de l’obésité de l’enfant en France depuis quelques années.

 

Ralentissement de la progression de l’IMC et du tout de taille moyens :

obepi 1

Depuis 15 ans, le poids moyen de la population française a augmenté de 3,6 kg, pour un gain de 0,7 cm en taille et de 5,3 cm en tour de taille (90,5 cm en moyenne en 2012). Cette adiposité abdominale est en constante augmentation. Un Français sur trois est désormais au-dessus du seuil NCEP, seuil à partir duquel la perte de poids s’impose puisque synonyme de risque accru de maladies cardio-métaboliques, d’insulino-résistance et de certains cancers.

Classification

IMC

 

obepi 8

Maigreur

< 18,5

Normal

18.5 – 24,9

Surpoids

25 – 29,9

Obésité classe I

30 – 34,9

Obésité classe II

35 – 39,9

Obésité classe III

≥ 40

 

obepi 2

Concernant la prévalence des adultes en surpoids, elle atteint 32,3 % de la population en 2012 contre 31 % en 1997, soit près de 15 millions de personnes.

 

Enfin les résultats révèlent qu’il y aurait en France 15 % d’obèses - soit 6,9 millions d’adultes - alors qu’il y en avait seulement 8,5 % en 1997. Il semble cependant que l’obésité ralentisse sa progression.

 

Entre 2009 et 2012, elle présente une augmentation relative de 3,4 % du nombre d’obèses (15 % en 2012 contre 14.5 % en 2009), un taux de progression significativement inférieur à ceux constatés les années précédentes : + 18,8 % entre 1997 et 2000 ; + 17,8 % entre 2000 et 2003 ; + 10,1 % entre 2003 et 2006 et + 10,7 % entre 2006 et 2009.

Extrapolation des résultats sur la population des 18 ans et plus : 

obepi 3

Influence du sexe et de l’âge :

L’obésité demeure plus fréquente chez les femmes (15,7 % versus 14,3 %). Entre 1997 et 2012, l’augmentation relative de la prévalence de l’obésité est de plus davantage marquée chez les françaises (+89,2%, contre +62,5% pour les hommes).

obepi 4La progression de l’obésité est également plus significative chez les jeunes : la plus forte progression entre 2009 et 2012 revient aux 18-24 ans (+ 35 %), les variations dans les autres tranches d’âge se situant entre -1,5 % et +4,5 %.

L’obésité apparaît également de façon de plus en plus précoce puisque la génération née entre 1980 et 1986 atteint le taux de 10 % d’obésité vers 28 ans alors que celle née trente ans plus tôt atteint 10 % d’obésité vers l’âge de 45 ans. De génération en génération, on devient donc obèse de plus en plus tôt

Autre distinction : alors que pour les femmes, l’augmentation de la prévalence de l’obésité concerne toutes les catégories d’âge, pour les hommes, elle débute après 25 ans pour atteindre un pic dans la tranche des 55-64 ans.

Des disparités régionales et sociales :

L’enquête 2012 confirme les disparités entre les régions.

  • Existence d’un gradient nord-sud : la prévalence de l’obésité maximale est observée dans le Nord-Pas-de-Calais (21,3 %) ; la prévalence minimale revient aux régions Midi- Pyrénées (11,6 %), Paca (11,7 %) et Pays de la Loire (11,8 %).
  • Existence d’un gradient est-ouest : 18,6 % d’individus présentent un IMC supérieur à 30 en Alsace, 20,9 % en Champagne-Ardenne et 12 % en Bretagne.

La prévalence de l’obésité ne progresse pas de la même manière selon les catégories de revenu ou d’instruction.

Elle est moins marquée dans les catégories supérieures : l’obésité touche 24,1 % des individus dont les revenus se situent sous les 1200 euros alors que la fréquence chute à 8.3 % lorsque les revenus sont supérieurs à 3800 euros. De plus, l’enquête 2012 met cette année en évidence le lien obepi 5entre l’augmentation de la prévalence de l’obésité et le ressenti des difficultés financières : le taux d’obésité atteint 30 % chez les personnes déclarant "ne pas y arriver sans faire de dettes" alors qu’elle se situe sous la moyenne nationale chez celles déclarant être "à l’aise financièrement".

Prévalence de l’obésité selon la perception de la situation financière du foyer


Du côté des risques pour la santé

Si le tabac est un facteur de risque important concernant les maladies cardio-vasculaires, le surpoids et l’obésité ont également une grosse part de responsabilité. La proportion de personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire augmente avec l’IMC :

  • Le traitement de l’hypertension artérielle est 2,3 plus fréquent chez les individus en surpoids et 3,6 fois plus chez les personnes obèses par rapport aux sujets dont l’IMC est inférieur à 25.
  • La prévalence des dyslipidémies traitées est multipliée par 2,2 en cas de surpoids et par 3,6 en cas d’obésité,
  • La prévalence du diabète triple en cas de surpoids et est multipliée par 7 en cas d’obésité.

 

Qu’en conclure sur les messages nutritionnels et les politiques de santé publique ?

Si la tendance se poursuit, la prévalence de l’obésité en France pourrait atteindre 30% d’ici 30 ans. Ces chiffres montrent l’ampleur des efforts à déployer pour ralentir la progression de l’obésité telle que prévue par le PNNS. D’où l’importance de renforcer les actions en matière d’éducation nutritionnelle auprès des publics les plus jeunes ou des populations à faible revenu : astuces pratiques pour allier plaisir et nutrition, idées de recettes simples, économiques et équilibrées, conférences didactiques…

Des actions sont déjà en place en restauration collective :

obepi 6

En 2012, Sodexo lancait le programme Boost&Moi pour les salariés de ses restaurants d'entreprise. Cours de sport, coaching personnalisé en nutrition, petit-déjeuner forme sont autant d’action proposées aux employés pour gagner en efficacité et être en meilleure santé. Ce programme a permis à Sodexo d'être labellisé PNNS3.



Scolarest, marque de Compass Group France, spécialiste de la restauration des collectivités locales, a obtenu le label PNA pour deux concepts :

  • obepi 7"C'est Bon Pour Nous" : le 1er éco-restaurant pour les primaires, labellisé "Programme National pour l’Alimentation", qui associe l’équilibre alimentaire avec l’équilibre de la planète.
  • "Equilibre and Co" : le self-service qui tend à responsabiliser les élèves et en les informant sur les bienfaits d’une alimentation équilibrée, mais surtout en leur proposant, en libre-service, chaque jour, un choix de 4 formules équilibrées : "Brain" pour les révisions ou les périodes d’examens ; "Move" pour les sportifs et les actifs ; "Refresh" pour une alimentation saine et légère ; "New" pour varier les plaisirs chaque jour.

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