Quantified Self : effet de mode ou enjeu sociétal ?

Le 28 février 2013

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Le phénomène du Quantified Self semble exploser aux Etats-Unis et les appareils communicants et dotés de différents capteurs se multiplient sur le marché, ainsi que les plate-formes de partage et d'analyses de données. En Europe l'envol est plus timide, mais les enjeux en termes de prévention sanitaire et suivi des personnes âgées semblent réels.

Quantified Self

Le quantified self est un mouvement qui a été lancé en 2007 aux Etats-Unis et qui consiste à mesurer, analyser et partager des données personnelles telles que son temps de travail, son sommeil, ses exercices physiques et sportifs, son humeur, son poids, sa tension, ses pertes ou prises de calories etc. Le site officiel du mouvement : quantified self

Si ce phénomène semble à ce jour principalement concerner des passionnés de technologie et de gadgets (les fameux "geek"), les pionniers de ce mouvement n'hésitent pas à se comparer aux premiers utilisateurs de PC ou de l'email et se disent être au coeur de ce que l'on appelle l'internet des objets, appelé à être la prochaine révolution numérique.

En Europe, il semble encore difficile de savoir le nombre de personnes qui sont dans cette logique de mesurer et partager leurs données régulièrement. Il est encore difficile de trouver des témoignages sur le net.

 

Mais selon Le Figaro et une enquête de l'observatoire Orange Terrafémina, un Français sur trois serait prêt à se lancer dans le quantified self.

 

Quantified self et santé

La santé semble être au coeur de ce phénomène de mesures de données sur soi. Les exemples que l'on trouve aujourd'hui sur le net mettent le plus souvent en avant l'intérêt de ces mesures pour améliorer son bien être et sa santé : problèmes de sommeil, de surpoids, de tension, de maladies chroniques etc.

En France, le monde médical fait justement remarquer que la prise de tension à domicile existe depuis 20 ans, et que l'arrivée de produits électroniques connectés plus conviviaux a amélioré ces mesures et diminué le nombre de visites médicales nécessaires. En étant acteur de ses propres mesures, les "patients" deviennent aussi acteurs de leur propre santé ? Selon Le Figaro, le ministère de la Santé britannique a aussi constaté que ceux qui utilisaient ces produits et applications consultaient moins.

Le site automesure encourage ainsi la prise de mesures personnelles, avec comme motivation première : "En mesurant vous même votre santé, vous pouvez mieux vous soigner ou mieux prévenir certaines maladies. Mais à condition que les conditions et les techniques de mesure soient correctes. Les informations présentes sur ce site vous expliquent pourquoi."

C'est un site qui a été élaboré par le service de Santé Publique et d'Informatique Médicale de la Faculté de Médecine Broussais Hôtel-Dieu (SPIM), avec un conseil scientifique médical.

Il est à noter que ce site met en avant certains appareils, appuyant ses choix sur la réglementation concernant les dispositifs médicaux
(normes, certification, avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

 

Tendances de marché

Aux Etats-Unis de nombreuses start-up se lancent dans l'aventure avec des produits et applications pour le quantified self :

  • Zéo avec un produit le sommeil,
  • Asthmapolis pour le suivi des personnes atteintes d'asthme,
  • Boozerlyzer pour ceux qui souhaitent suivre leur consommation d'alcool,
  • Fitbit pour ceux qui veulent s'assurer de mener une vie active.

En France, l'entreprise withings s'est aussi lancée sur ce créneau avec un tensiomètre connecté, une balance communicante etc.

Pour ces entreprises, il s'agit avant tout de répondre à de nouvelles attentes et nouveaux usages des consommateurs : bien-être, partage sur les réseaux sociaux, mobilité et connectivité...

D'autres acteurs se positionnent avec un angle très médical et tentent ainsi de répondre à des enjeux de santé publique. Exemple : le laboratoire pharmaceutique Sanofi avec son offre Diabeo (voir aussi Sanofi se positionne sur le marché de la E-santé).

Ces outils ou nouveaux usages pourront aussi répondre aux enjeux du vieillissement de la société en permettant notamment une meilleure prévention et suivi des pathologies chez les personnes âgées à domicile ou en résidence.

 

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