Télémédecine : développer les usages pour stimuler le marché

Le 27 février 2013

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La télémédecine suscite l'intérêt des pouvoirs publics, des professionnels de santé et des industriels : en effet des gains importants dans la qualité et l’efficacité du système de santé pourraient être obtenus par le développement de la télémédecine. Le Syntec Numérique apporte un éclairage sur les perspectives de croissance de ce marché.

La télémédecine se définit par l’ajout d’une composante technologique à l’acte médical. Sur le plan juridique, la télémédecine est définie par la loi Hôpital Patients Santé & Territoires du 21 juillet 2009. Le décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010 précise les actes constitutifs de la télémédecine : téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance ou téléassistance médicale, réponse médicale.

La télémédecine apparaît comme l'une des réponses aux enjeux d'amélioration de l'offre de soins : ainsi la lutte contre les déserts médicaux et le suivi des malades chroniques pourraient bénéficier d'un déploiement de la télémédecine, sans nuire à la maîtrise des dépenses de santé.

Pourtant la télémédecine en France peine à dépasser le stade de l'expérimentation : l'offre est présente, la dynamique d'innovation bien réelle, mais la demande n'a pas encore véritablement décollé. Constatant ce décalage, le comité Santé de Syntec Numérique a conduit une étude orientée usages, sur les TIC au service des nouvelles organisations de soins. Menée avec le concours du cabinet Jalma, cette étude a été présentée en 2011 et actualisée en 2012. L'objectif : donner de la visibilité à la création de valeur dans le secteur des TIC en santé.

 

Un marché difficile à chiffrer

3ème marché de la télémédecine en Europe, la France compte environ 200 entreprises ayant des compétences dans ce secteur. En croissance rapide, le marché de la télémédecine en France reste encore limité : il représenterait moins de 5% du marché de l’informatisation du système de soins. A plus long terme ce marché devrait évoluer très favorablement mais les perspectives dépendront en grande partie de l’action des pouvoirs publics.

L'étude Syntec pointe en particulier les freins au développement de la télémédecine en France :

  • un modèle économique qui n'est pas établi, en l’absence de prise en charge des actes de télémédecine par l’Assurance maladie (un décret serait en cours d'élaboration selon Le Monde du 17 janvier 2013 : voir ci-dessous "en savoir plus").
  • des investissements lourds et un seuil de rentabilité qui n'est pas encore atteint dans la plupart des expérimentations
  • des freins psychologiques chez les professionnels de santé et chez les patients, nécessitant un accompagnement au changement
  • un développement géographique hétérogène, fonction des priorités régionales.

 

Quels gains pour le système de santé ?

L’étude de quatre expérimentations apporte des précisions sur les gains potentiels :

  • Diabéo : application smartphone pour le suivi des patients diabétiques,
  • Calydial : télésurveillance des patients insuffisants rénaux à l’aide d’un stylo communiquant,
  • SCAD : suivi à domicile des patients insuffisants cardiaques à l’aide d’un terminal au domicile,
  • OncoPL : visioconférence pluridisciplinaire sur le cancer entre médecins distants.

Ces études donnent des indications sur des sources de gains identifiées :

  • réduction de la mortalité,
  • meilleure qualité des soins et de l’accès aux soins,
  • plus grande coopération des professionnels,
  • gains de productivité,
  • réduction du nombre d’hospitalisations, baisse des durées de séjour et réduction des actes ou tests redondants,
  • meilleure égalité régionale.

 

Un secteur créateur d’emplois qualifiés

Conduite dans le cadre de l'OPIIEC, observatoire paritaire de la branche professionnelle, l'étude de Syntec Numérique estime que la filière télémédecine compte en 2012 un millier d’emplois du secteur informatique ingénierie études et conseil. Il s'agit surtout d'ingénieurs qualifiés.

Les principaux employeurs du secteur sont les éditeurs de logiciels et les sociétés de services informatiques. Mais les plateformes téléphoniques et l’assistance médicale à domicile sont appelées à se développer fortement.

Pour les années à venir le potentiel de création d’emplois qualifiés est élevé. Les entreprises montrent un fort intérêt pour les profils possédant une double compétence en santé et numérique et regrettent le manque d’offre de formation en relation avec ce besoin croissant.

En conclusion de son rapport la chambre professionnelle des métiers du numérique formule des recommandations. Parmi celles-ci :

  • Rechercher de manière prioritaire l’utilisation de la télémédecine par les patients
  • Orienter l’effort d’investissement vers les projets à forte valeur ajoutée, où peuvent être obtenus des gains substantiels pour les patients et pour la collectivité.

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