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Le 07 février 2013
Le 23 janvier dernier, INDRA (propriété de Renault et Sita) a annoncé la fermeture prochaine de son site de démolition de Noyelles-Godault ouvert en 2009 et qui affichait une perte de 3 millions d’euros en 2012. Compte-tenu de l’application prochaine (2015) de la norme européenne qui imposera à cette échéance la valorisation à 95% de la masse d’un véhicule, cette fermeture de site pose question et montre bien qu’aujourd’hui démontage « fin » et taux élevé de valorisation ne riment pas avec viabilité économique.
En 2009, suite à un investissement de 9 millions d’euros, l’objectif d’INDRA avec son site de Noyelles-Godault était de démontrer, en accord avec la future norme européenne de 2015, la viabilité économique d’un démontage sur chaine (plus fin qu’un démontage sur pont). Dans les faits, en 2009 et 2010, le gisement de véhicule a été assuré par les mesures de primes à la casse qui ont eu pour effet de massifier les flux de VHU au niveau national. Ces mesures ont ainsi provoqué la mise au rebus massive de véhicules d’âge très avancé, caractérisés par un taux de pièces réemployables faible. En 2011 et 2012, suite à la fin des mesures de primes à la casse, le gisement a été rééquilibré via des véhicules adressés par les assureurs avec un potentiel de pièces de réemploi bien supérieur. Malgré un gisement de meilleur qualité, INDRA explique ne pas être parvenu à écouler ses pièces de réemploi compte-tenu de la forte concurrence de démolisseurs locaux disposant d’une clientèle d’habitués.
Les difficultés rencontrées par ce site de déconstruction « fine » interpellent. Elles montrent bien le rôle clé des pièces de réemplois (qualité du gisement) et la nécessité de disposer des débouchés suffisants (adaptation de la stratégie commerciale) pour les écouler.
Dans le cas présent, la mise en place d’un site exigeant plus de main d’œuvre et par conséquent plus de charges fixes a vu le déploiement en parallèle d’une stratégie commerciale quasi similaire à celle de démolisseurs historiques qui procèdent à une déconstruction plus « grossière ».
En s’inspirant sans doute du succès des sites du type « oscaro.com », qui sont parvenus à se développer rapidement en rompant l’opacité tarifaire historique des pièces automobiles neuves, plusieurs opérateurs ont récemment lancé leur site e-commerce de vente de pièces automobiles d’occasion. C’est le cas notamment de Caréco, réseau national de 80 recycleurs.
Début 2013, le réseau Caréco, a lancé son site e-commerce de vente de pièces automobiles d’occasions. Le site bénéficie ainsi des pièces issues des 150 000 véhicules traités chaque année par le réseau et dispose d’un stock de 30 millions de pièces. En parallèle, Caréco souhaite développer une offre B to B en proposant aux réparateurs de vendre à leurs clients les pièces d’occasion du réseau. Via ces initiatives, Careco entend développer l’emploi de la pièce d’occasion dans le cadre de réparations, notamment en encourageant les assureurs à inclure cette offre dans leurs formules.
L’emploi du e-commerce et la mise en place d’offres spécifiques B to B et B to C permettent ainsi à Careco d’élargir son spectre de clients potentiels. Contrairement au site d’INDRA, les débouchés des pièces collectés dans le réseau ne sont ainsi plus limités aux zones de chalandise des différentes agences du réseau.
A une échelle moindre que celle du réseau Caréco, Atlantic Recycl’Auto semble également avoir une approche « multicanal » en centralisant le processus de déconstruction pour, dans un second temps, multiplier les points de vente et les canaux de distribution.
Après avoir investi 6 millions d’euros dans un centre de déconstruction de dernière génération à Saint Nicolas de Redon (Loire-Atlantique) qui devrait voir le jour en 2013, Atlantic Recycl’Auto a d’ores et déjà commencé à mailler le territoire d’agences de ventes de pièces d’occasion aux particuliers et aux professionnels. En parallèle, une plateforme e-commerce a également été mise en ligne et propose la vente de pièces d’occasion uniquement aux professionnels.

L’application des normes européennes de 2015 nécessitera une plus forte valorisation des véhicules hors d’usage. Cette application qui exige un démontage plus fin des véhicules ne pourra se contenter du modèle économique en place aujourd’hui chez la plupart des démolisseurs en ce qui concerne les pièces de réemplois. Les stratégies de Careco et d’Atlantic Recycl’Auto qui consiste à industrialiser et centraliser le processus de déconstruction pour, dans un second temps, profiter des effets d’échelle via une approche orientée vers le multicanal et la mise en réseau apportent des éléments de réflexion intéressants dans la quête d'une viabilité économique future pour la filière.
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