Tandis que nos manières de consommer l’automobile évoluent, les alternatives à la possession du véhicule montent en puissance

Le 06 février 2013

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En matière de consommation automobile, la tendance serait à l’usage au détriment de la possession. En pratique, et au-delà de la baisse des volumes de ventes en partie imputable à un contexte économique dégradé, cette dynamique orientée « usages » parait difficile à quantifier.

A défaut de pouvoir « appréhender » de manière précise ce changement de paradigme, force est de constater que parallèlement à la diversification des modes de commercialisation de l’automobile, de nombreux services de mobilité, susceptibles de remettre en cause la nécessité de possession d’un véhicule, montent en puissance.
L’analyse de l’évolution du nombre de requêtes de certains mots-clés « ciblés » en France illustre cette idée.

comparaison recherche google trends automobile et pratiques de mobilité

Figure 1 Evolution du nombre de requêtes en France de 2009 à aujourd’hui pour les mots clés "covoiturage", "Peugeot" et "Renault" via l'outil Google Trends.

 

En ce qui concerne l’achat automobile, l’année 2012 aura été marquée par la poursuite de l’élargissement déjà amorcé des pratiques de commercialisation, principalement, via le e-commerce et avec des propositions de prix inférieurs aux prix « catalogue » des constructeurs. On peut notamment citer Aramis Auto dont le modèle économique basé sur la vente en ligne de véhicules à prix « dégriffés » a permis une progression du chiffre d’affaires de 47% sur l’année 2012. Ajouté aux initiatives plus ponctuelles de ventes privées et d’achats groupés qui proposent également des tarifs en décalage avec ceux potentiellement pratiqués en concession, on observe chez le client particulier une baisse de la propension à payer un véhicule neuf au prix catalogue.

En parallèle, 2012 aura également été l’année de la montée en puissance de services de mobilité, incluant l’usage d’un VP dans le cadre de trajets la plupart du temps personnels et plus ou moins planifiés :


La vitrine Autolib’


Bénéficiant d’un maillage de stations très dense (plus que de stations de métros), Autolib’, qui vient de dépasser le cap du million de locations, revendique son succès et prévoit d’atteindre la rentabilité en 2014. Sans aller jusqu’à parler d’ « effet Autolib’ », on ne peut que constater son rôle de pionnier et de démonstrateur d’une des voies possibles de la mobilité de demain : électrification et optimisation du taux d’utilisation via le partage du véhicule. Le déploiement du service à Paris montre en tout cas que moyennant certaines conditions, les pratiques peuvent évoluer rapidement.


Le covoiturage progresse


Longtemps décrit comme une tendance, une pratique émergente réservée aux jeunes générations, le covoiturage semble, depuis quelques mois, avoir franchi un nouveau cap aussi bien en termes de nombre de pratiquants, de modèle économique que dans l’usage sous-jacent à sa pratique. Avec 3 millions de pratiquants au niveau national, il est ainsi devenu une variable à part entière de l’équation « transport » à laquelle ses usagers ont recours au même titre qu’aux systèmes de transports classiques.


La location entre particuliers se structure


En septembre 2012, les trois principales plateformes de locations de véhicules entre particuliers ont procédé à des levées de fonds comprises entre 1,2 et 2 millions d’euros. Ces sommes significatives montrent que la tendance est à l’accélération et à l’élargissement de la communauté en vue d’une masse critique prochaine susceptible d’aboutir à des pratiques d’usages proches de celle du covoiturage aujourd’hui.

 


Ces services, qui ont pour point commun de diversifier les usages, semblent s’inscrire durablement dans le champ des possibles de la mobilité. Leurs utilisation récurrente par certains usagers est susceptible de remettre en cause la nécessité de possession du second véhicule ou de retarder son renouvellement. La location de véhicules entre particuliers a une autre effet, elle modifie l’approche historique à l’automobile qui devient alors source de revenus.

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