La Poste veut faire décoller la domotique associée aux services à domicile

Le 31 janvier 2013

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La Poste prépare le lancement d’une offre associant des équipements domotiques avec un ensemble de services à domicile. Ce projet ambitieux, baptisé "newton", s’appuiera sur des partenaires technologiques et des prestataires de service, et vise notamment les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques.

Afficher en taille réelle Domotique et services à domicile

Une ambition forte sur un marché du "smart home" aujourd'hui dispersé

La Poste fait le constat que le marché français du « smart home » (habitat connecté) est aujourd’hui constitué d’un ensemble hétérogène d’équipements et de services commercialisés en "silos" (séparément) par domaines tels que la communication, la protection du domicile, la maîtrise de la consommation d’énergie, la surveillance des pathologies chroniques…

La Poste fait aussi le constat qu'au-delà du logement, les technologies de l'habitat connecté peuvent faciliter le partage de ressources entre voisins, l’intégration dans la vie de quartier…

Les offres de « box » associées à des services se multiplient ainsi depuis 2011 : ijenko / Bouygues Télécom, Somfy Box, Blyssbox de Castorama, Home by SFR (associée à Europ Assistance) etc.

Lire aussi à ce sujet Multiplication des box au domicile ou box universelle ?.

Le périmètre de ces services reste cependant souvent limité (en général gestion d'énergie, protection des biens et pilotage à distance). Ce périmètre s'étend cependant au fil des mois, avec par exemple l'offre "Home" de SFR qui intègre depuis fin 2012 une option volets roulants de Legrand.

 

L’ambition de La Poste est donc de faire décoller le marché du « smart home ». Elle propose ainsi :

  • un « réseau domiciliaire unifié » : une box multifonctions assure l’interface entre l'ensemble des équipements connectés du logement et l’extérieur (prestataires de service, fournisseur d‘énergie, particuliers en dehors du domicile…),
  • une gamme très étendue de services au domicile : la gestion d’énergie, les aides à domicile, la protection des biens et des personnes, téléassistance, la télésanté, le lien social et la communication avec les proches etc. Ces services sont proposés en lien avec des partenaires et en s'appuyant sur l'infrastructure de communication.

 

Pour mettre en œuvre le projet « Newton », La Poste a lancé un appel à partenaires en novembre 2012, afin de s’associer à un industriel de la domotique et des télécoms (ou un consortium), et aussi à un ou des prestataires de services à domicile. L’objectif est de contractualiser avec les partenaires mi-2013 et faire le lancement commercial au premier semestre 2014.

 

Quel potentiel pour La Poste sur le marché du "smart home" ?

Avec ce projet, la Poste se positionne en alternative (ou complémentarité s'il y a partenariat) :

  • aux opérateurs télécom, qui s’appuient sur leur infrastructure télécom, leur réseau de distribution et leur portefeuille clients très étendu, et proposent toujours plus de services associés à leurs box,
  • aux équipementiers domotiques et distributeurs, dont les offres sont basées sur les produits, avec souvent quelques services optionnels,

 

Le positionnement de La Poste, en tant qu'agrégateur ou intégrateur de services connectés, peut toucher les particuliers peu à l’aise avec les nouvelles technologies, car La Poste bénéficie d’un solide réseau de proximité pour assurer la commercialisation et le support client, et d’une bonne image de marque qui peut rassurer (en particulier certaines populations plutôt agées).

De plus, si La Poste s’associe à un consortium mêlant des équipementiers et opérateurs, l'offre commune (passerelle unifiée et offre multiservices) peut remédier au manque de compatibilité technique qui existe encore (diversité des protocoles, systèmes propriétaires...) et constitue un frein à la mutualisation d'infrastructure et à certaines solutions (par ex. fusion de données issues de capteurs et équipements très divers).

En revanche, pour se développer et se différencier face aux acteurs déjà en place, l'offre devra être réellement étendue et multi-services. Sa mise en œuvre sera complexe du fait de la diversité des besoins et donc des offres à proposer, avec des contraintes très hétérogènes en termes de qualité de service et conditions contractuelles (par ex. pilotage à distance versus télésanté), de ressources locales nécessaires... De plus, le fait d'ajouter un intermédiaire entre prestataire et client ne devra pas augmenter les coûts, a fortiori sur des marchés aux marges déjà faibles comme la téléassistance par exemple. Ceci ne sera possible, sans doute, que s'il y a réellement mutualisation d'équipements et de services pour optimiser les coûts et justifier l'intervention d'un "intégrateur" comme La Poste.

 

Quelle place pour les PME dans le projet Newton ?

L'appel à partenaires de La Poste s'adresse à des acteurs de taille comparable et capables de co-investir dans ce projet, donc n'est pas accessible en direct aux PME. En revanche, La Poste et ses partenaires directs auront besoin d'agréger un ensemble de briques technologiques et d'équipements spécifiques pour répondre à la diversité des besoins en fonction des clients ciblés et des services proposés : capteurs et actionneurs spécifiques, interfaces homme-machine (hard et soft) pour les particuliers ou professionnels, agrégation et traitement des données, intergiciels entre les équipements et les Systèmes d'Information des divers prestataires...

Ce peut donc être l'opportunité, pour une PME disposant d'un savoir-faire spécifique, d'accéder au marché de la domotique à travers un solide relais commercial.

 

Le "smart home" attire d'autres nouveaux entrants

Outre La Poste, le marché de la domotique ou « smart home » attire de nouveaux acteurs autres que ceux issus classiquement du monde des équipementiers domotiques ou opérateurs télécom.

Ainsi, la société allemande Gigaset, ancienne branche de Siemens et n°1 européen des téléphones fixes, prévoit de lancer une box domotique, vendue en grande distribution sans abonnement, et qui vise notamment la sécurisation des personnes âgées. Pour cela, elle va s’associer à Bosch qui lui fournira des capteurs à basse consommation.

Autre exemple, Microsoft développe depuis 2010 un système d'exploitation dédié à la domotique appelé "Home OS", et a racheté en janvier 2013 la start-up californienne ID8 spécialisée dans les applications mobiles de pilotage à distance.

L'intérêt croissant du grand public pour les technologies, la généralisation des smartphones et du haut débit, la simplification des interfaces et des installations (technologies radio..) et la baisse des coûts, ainsi que les approches orientées services, pourraient enfin favoriser l'essor de la domotique. D'où l'arrivée de grands acteurs, qui devront aussi s'appuyer sur des solutions technologiques externes pour répondre à la diversité des besoins.

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