Les nouveaux critères de déplacements : le point sur les études de Keolis

Le 16 janvier 2013

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Le constat est fait : on ne se déplace plus aujourd’hui comme il y a 10 ans ! Les nouveaux modes de vie qui impactent nos déplacements sont décryptés par KEOSCOPIE avec l’objectif de fournir aux usagers un service qui réponde aux nouveaux besoins de mobilité.

Le 21 décembre dernier s’est tenue à Rennes une conférence organisée par l’opérateur privé de transport public de voyageurs, Keolis. Cette conférence avait pour thème : « une approche pragmatique de la mobilité », sujet déroulé autour des  études menées au niveau national et local sur les habitudes de vie et de déplacements des voyageurs par KEOSCOPIE. Cette conférence a permis de mettre à jour certains éléments constitutifs de notre mobilité aujourd’hui.

Les constats clés : Il n’y a pas que le travail …

On consacre en moyenne 36% de notre temps éveillé au travail. Cela implique que la part des déplacements liés aux trajets domicile-travail n'occupe plus que 20% de nos déplacements journaliers, bien moins qu'hier... Cette inversion des priorités s’appuie sur l’évolution de la société : 35h, RTT, congés payés, allongement de la durée de vie, sont des éléments qui impactent les modèles de la mobilité. De plus, le glissement du secteur de l’industrie vers les services implique pour les travailleurs des rythmes de travail différents. Le modèle dominant d’organisation du travail a changé et émiette temporellement la demande de transport lié au travail.

Il n’y a pas que le gain de temps …

Même s’il est déterminant, le seul critère du gain de temps ne se suffit pas à lui-même dans le choix d’un mode de transport. De nouveaux critères de rationalisation dans les déplacements émergent : confort, tranquillité, "rester en surface", choix de lieu de connexions agréable... A Rennes par exemple, pour un trajet Beauregard (quartier Nord Ouest) / République (plein centre) : 60% des voyageurs préfèrent rester dans le bus plutôt que de prendre le métro, qui est pourtant plus rapide (métro : moins de 10 minutes de trajet, bus : plus de 20 minutes).

Il n’y a pas que le centre ville…

La multipolarisation : l’exemple des centres commerciaux

Depuis 10 ans, le développement continu des centres commerciaux en périphérie a fait de ces zones de véritables pôles d’attractions où remplir son caddie n’est plus le seul objectif. Fréquentés aussi bien pour les offres commerciales que pour les loisirs, à l’échelle d’une agglomération, 40% des habitants se rendent au Centre Commercial au moins une fois par semaine et 68% au moins une fois par mois. Le samedi enregistre une fréquentation de 25% supplémentaire à celle d’un jour de semaine.

Pourtant, en termes de transport en commun, ces centres sont souvent des zones de non droits pour les piétons. On note même la prise de la voiture pour aller d’un parking à l’autre.

L'opérateur de transport public Keolis se demande comment accompagner cette augmentation de la multipolarisation et formule quelques préconisations :

  • Avoir un traitement piéton des zones prévues pour la voiture ;
  • Améliorer la visibilité des arrêts ;
  • Sécuriser les cheminements piétons ;
  • Aménager la dépose dans les enceintes, sinon améliorer les accès piétons ;
  • Créer des hubs (points de rencontre multimodaux) à l’entrée des centres villes pour regagner les zones en périphérie facilement.


La périurbanisation : tendance à l’exode urbain

On note un inversement des tendances depuis 40 ans avec 90 000 personnes par an qui quittent les territoires urbains pour le périurbain chaque année : c’est plus que le rythme de l’exode rural au 19ème siècle ! Certaines grandes villes avaient même plus d’habitants en 1930 qu’aujourd’hui : c’est la décohabitation. Cependant, les villes continuent à se densifier, on construit plus mais le nombre de m² par habitant augmente considérablement. Aujourd’hui 1 français sur 4 habite ces territoires périurbains entre ville et campagne. Il semble difficile pour les opérateurs de transport public de voyageurs d’ignorer cette tranche de la population.

Dans son étude, Keolis propose d'aller plus loin qu’une simple application des principes des offres de transport de la ville et présente des pistes de réflexion, valable pour tous, pour améliorer les dessertes :

  • prendre en compte de la population des jeunes au sens large, c'est-à-dire pas uniquement les scolaires qui n'effectuent des trajets domicile-école que 180 jours/an, mais aussi les jeunes travailleurs souvent dépourvus de moyens de mobilité ;
  • proposer une offre adaptée pour les ménages vivant en périurbain et qui sont en majorité bi-motorisés ;
  • favoriser des connexions avec le TER qui bénéficie d’une très bonne image ;
  • mettre en place des cars à haut niveau de service (CHNS).

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