Les actions destinées à lutter contre le gaspillage alimentaire.

Le 14 janvier 2013

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Le 27 Novembre 2012, le pôle de compétitivité Valorial organisait à Rennes son 6ème colloque annuel : « l’innovation, arme anti-gaspi alimentaire ». Une façon de prendre les devants sur un sujet brûlant puisque 2014 a été déclarée « Année européenne de la lutte contre le gaspillage alimentaire ».

 

Comment nourrir la planète à l’horizon 2050, lorsque la population mondiale aura augmenté de 3 milliards d’individus ? Le gaspillage alimentaire est un élément clé de ce débat.  

Gouvernements, industriels, distributeurs ou restaurateurs développent des solutions qui vont de la sensibilisation à la gestion des portions, en passant par la revalorisation des denrées, la réflexion sur les systèmes de promotions ou même l'accompagnement du consommateur pour accommoder ses restes...

 

 

Qui gaspille le plus ?

Rien que pour l’Union européenne, l’équivalent de 89 millions de tonnes d’aliments sains par an et par habitant sont gaspillés (soit 179 kg par habitant). Sachant que 79 millions de citoyens vivent au dessous du seuil de pauvreté… A défaut d’efforts et de mesures concrètes ces chiffres pourraient atteindre 126 millions de tonnes (soit une hausse de 40 %) en 2020.

gaspillage 1Ce gaspillage est à la fois de la responsabilité des ménages, des supermarchés, des restaurants et de la chaîne alimentaire. Une étude réalisée par le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur les pertes et le gaspillage alimentaire en restauration collective et commerciale et dans la distribution révèle des pistes de travail.

(Source : Commission européenne)

Les ménages sont la cause de 42 % du gaspillage alimentaire. Les Français jettent en moyenne 20 kilos de nourriture par an, dont 7 kilos de produits encore sous emballage.

La restauration commerciale 

  • Restauration rapide : peu de pertes
  • Restauration à table : gaspillage important avec 230 grammes de denrées perdues ou gaspillées par personne et par repas. Plusieurs paramètres peuvent justifier ces pertes comme la difficulté à estimer les approvisionnements, les minima de commandes imposés par certains fournisseurs ou les règles strictes en matière d’hygiène et de sécurité sanitaire.

 

La restauration collective

Pertes estimées en moyenne à 167 grammes par repas et par personne.

  • Etablissements de santé et médico-sociaux : confrontés à différentes difficultés comme la variété des profils nutritionnels à satisfaire ou les difficultés de certains patients à se nourrir.
  • Restauration scolaire : les écoles primaires gaspillent moins que les collèges et lycées où les quantités à préparer sont souvent surévaluées.
  • Restaurants d’entreprise : gaspillent peu (125g par personne et par repas).

 

La grande distribution

L’importance du gaspillage est directement corrélée à celle du chiffre d’affaires et du nombre de salariés : ce sont en moyenne 197 tonnes / établissement /an qui sont gaspillés.

Les métiers de bouche

2,6 tonnes par établissement et par an sont gaspillés chez les boulangers, traiteurs….

 

Comment lutter contre ce gâchis?

Face à ce constat alarmant, l'Union Européenne a décidé de réagir et a posé comme objectif de réduire le gaspillage alimentaire de 50% d'ici à 2025.

En France le gouvernement, les professionnels de la filière alimentaire et les associations d'aides aux démunis vont travailler de concert pour réduire le gaspillage alimentaire, dans le cadre du projet «de l'étable à la table ». Le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, prévoit une évaluation des actions pilotes mises en place, jusqu'au mois d’avril 2013, en vue d’une généralisation marquée par la signature d'un pacte national anti-gaspillage, en juin.

 

Quelles sont les idées maitresses ? Sensibilisation, dons, revalorisation, gestion de la taille des portions…

La sensibilisation

Pour sensibiliser  le consommateur, le gouvernement a lancé une campagne de communication sur internet : "manger c'est bien, jeter ça craint".

En restauration collective, des rencontres régulières entre élèves et personnel de cuisine ainsi que l’affichage chaque semaine des volumes de pertes ont déjà fait leur preuve. Quelques initiatives indépendantes peuvent être soulignées comme celle des collèges de Dordogne qui mettent en place du compostage dans les établissements afin de sensibiliser les élèves sur le recyclage.

Côté restauration commerciale, certains établissements font le choix de la modération en instaurant un système de buffet au poids, qui permet de limiter la surconsommation et le gaspillage.

 

Inciter à donner aux associations :

Les grandes surfaces alimentaires constituent la première source de collecte. Elles ont donné 32 000 tonnes de denrées en 2012, un volume en hausse de 15 %. Le reste de la collecte provient des industries alimentaires ainsi que des agriculteurs.

Côté marchés de gros, le réseau des épiceries solidaires (Andes) a mis en place « Le Potager de Marianne » qui récupère des invendus à Rungis et les revend 30 centimes le kilo aux associations.

La collecte des denrées directement chez l'habitant est également en train de se mettre en place, à l’instar des producteurs « Légumes de France » dans l'agglomération de Tours. En 2013, une camionnette sera dépêchée pour récupérer des aliments prêts à être jetés afin de les redistribuer aux associations.

Donner une deuxième vie aux denrées

Les fruits déclassés pour leur taille ou leur aspect non-conforme peuvent être revalorisés. La société Nutritis implantée dans le bassin fruitier de Moissac (Tarn-et-Garonne) en est la preuve puisqu’elle les récupère afin d’en extraire une solution sucrante 100% naturelle.

Même les fruits abîmés, qui ne peuvent être distribués (l'aide alimentaire présentant un cahier des charges strict), peuvent être revalorisés. Deux femmes girondines ont eu l’idée de récupérer les fruits non consommables et d’en faire des confitures qu’elles commercialisent sous la marque «5».

gaspillage 2Côté consommateur, les industriels travaillent à les accompagner dans la gestion de leurs restes. Green Saffron a par exemple développé Green Saffron Turkey Delight, un kit d'épices tamoul et de recettes pour accompagner les restes des repas de fête. Ce mélange d'épices permet de transformer les restes de la dinde de Noël en un délicieux curry.

 

Adapter la taille des portions :

En restauration cette réflexion est déjà bien avancée : proposer deux tailles de plats en restauration traditionnelle, adapter la taille des portions en fonction de l’âge des élèves en restauration scolaire ou en fonction de l’appétit des patients à l’hôpital...

gaspillage 3

Les industriels travaillent également sur le sujet. Charal propose une gamme baptisée “Petit Appétit”. Trois références – le steak haché, le bifteck et le faux-filet – sont proposées dans un petit format de 80 g contre 120 ou 140 g pour les versions classiques.

 

Côté distributeurs, un système de promotions différées se met en place. Testé chez Monoprix jusqu’en avril 2013, ce nouveau concept permet à des clients dont les achats ont été identifiés de revenir chercher une référence similaire avec réduction lors de l’achat suivant. La démarche est destinée à éviter les achats de gros volumes, favorables au gaspillage.

 

Demain les Français quitteront peut être le restaurant avec leur « doggy bag », comme outre-atlantique, où cette pratique est devenue monnaie courante…

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