Accès à Internet et services numériques d’aides au maintien à domicile

Le 20 décembre 2012

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Alors que les solutions numériques et notamment internet sont au coeur de solutions innovantes pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, le taux d'équipement et l'appropriation des technologies de l'internet seront à prendre en compte dans l'adoption de ces nouveaux usages auprès des populations cibles.

Afficher en taille réelle Individus connectés à Internet en France selon l'âge en (%) / credoc 2011


Avec le vieillissement de la population européenne, les services d’assistance et d’aide au maintien à domicile basés sur les technologies de l’information et de la communication seront des palliatifs éventuels et souhaitables aux solutions de placement en résidences pour les ainés. Un impact positif sur la santé et des économies de coût substantielles sont les deux principaux facteurs qui sont sensés stimuler ce marché et favoriser une diffusion de ces solutions. Néanmoins, un obstacle majeur risque de se dresser devant les porteurs de projets : le taux d’accès à Internet des populations visées par ces services est le plus faible, toutes tranches d’âge confondues.

 

Taux de pénétration d’internet chez les futurs utilisateurs des services de maintien à domicile

Les services qui seront proposés (lien à travers un support numérique, télésanté, gestion de la domotique, ..) dans le cadre du maintien du (MAD) nécessiteront, très probablement, la détention préalable d’une connexion internet. Hors, malgré une évolution continue du taux de pénétration d’Internet en France au cours de ces dix dernières années, la tranche d’âge des personnes susceptibles d’être concernées par ces services, est celle qui a les plus faibles taux d’accès à Internet depuis 2003.

Ainsi en 2011, des chiffres du Credoc montraient que 65% des personnes ayant entre 60 et 69 ans étaient connectées à Internet. Ce chiffre baissant à 25% pour les 70 ans et plus.

 

Accès à Internet et intérêt pour les services d’aide au maintien à domicile

Une des hypothèses classiques en matière d’adoption des technologies de l’information et de la communication soutient que l’adoption d’une nouvelle technologie peut être facilitée par l’usage d’une où plusieurs autres technologies connexes. Un internaute chevronné aura plus de facilités à adopter le commerce électronique qu’un internaute débutant, par exemple (Leguel, Pénard, Suire, 2006). Dans le cadre de l’aide au maintien à domicile, on peut supposer alors que la demande pour les futurs services proviendra d’abord de personnes qui possèdent une connexion internet et qui sont familières avec cet outil.

 

L'enquête de Telecom Bretagne

Une enquête menée par Télécom Bretagne auprès de 208 habitants de Rennes montre toutefois que cette influence mutuelle entre technologies dépend du service final qui sera fourni via ces technologies.

L’échantillon des individus interrogés présentait les caractéristiques suivantes :

  • Il contient 55,3% de femmes,
  • L’âge moyen y est de 63 ans et 8 mois,
  • 39,43% des enquêtés possèdent une connexion internet  à domicile.

Dans le cadre du projet SIGAAL (Services Inter Générationnels pour l'Assistance aux Aînés dans leur Logement, voir aussi Services pour le maintien à domicile : les bénéficiaires sont-ils disposés à payer ?), deux questions sur l’intérêt pour deux packs différents de services (lien social d’un coté et domotique et confort de l’autre) d’aide au maintien de l'automie au domicile ont été posées à ces individus.

Concernant le pack de service sur le lien social (mail, visiophonie, agenda paratgé avec les médecins…) , ce sont les personnes qui n’ont pas internet qui sont le plus demandeuses, puisque 61,9% (76/126) des personnes qui ne possèdent pas une connexion Internet sont intéressés. Dans le sous échantillon des personnes qui ont Internet (82 personne), le pourcentage des personnes intéressés n’est que de 40,24% (33/82).

Le sens de la relation s’inverse quand il s’agit des services de confort et de sécurité (sécurisation du domicile, gestion d’alertes, …). Les résultats de cette enquête montrent en effet que 31,74% (40/126) des non internautes sont intéressés par les services de confort et de sécurité, alors que ce pourcentage est de 58,35% dans le sous échantillon des internautes (48/82).

Ces résultats peuvent être expliqués par le fait que les personnes qui possèdent une connexion internet doivent probablement déjà utiliser des services de liens sociaux sur les différents supports qu’ils utilisent et sont donc plus intéressés par ce qu’ils n’ont pas déjà.


Conclusion

Ces quelques statistiques montrent clairement que les personnes qui ne possèdent pas une connexion internet peuvent elles aussi être intéressées par certains des services d’aide au maintien à domicile (service de lien social dans le cas de SIGAAL).

Pour permettre aux individus qui le souhaitent de bénéficier des possibilités offertes par ces technologies et par conséquent ne pas creuser les inégalités liées à l’accès, les offreurs devront intégrer des solutions de raccordement dans leurs offres (via des partenariats par exemple) ou trouver des solutions alternatives (la ligne téléphonique ?) en attendant une couverture internet universelle.

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