Consommer différemment pour consommer mieux

Le 12 décembre 2012

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Les Français sont de plus en plus nombreux à expérimenter de nouvelles formes de consommation : occasion, troc, échange de biens ou de services... Quelle est l'ampleur de ce mouvement et comment les commerçants y répondent-ils ? L'Observatoire société et consommation publie les résultats d'une enquête sur ce sujet.

A l'approche de Noël, un agriculteur de la région de Chalon-sur-Saône (Bourgogne) a mis en place un système de location de sapins : élevés sur les hauteurs du Morvan, les arbres sont livrés puis repris après les fêtes pour être replantés jusqu'à l'année prochaine. Et pour garnir les souliers au pied du sapin, le Père Noël aura dans sa hotte des jouets loués sur Little Kids, Ecojouet ou Le club des ptits loups...

 

Ces offres visent les Français ouverts aux nouveaux modes de consommation : achat d'occasion, échange ou location, ils sont en effet nombreux à se laisser séduire par ces pratiques. A l'écoute des nouvelles tendances dans l'univers de la consommation, l'ObSoCo consacre à ce sujet son Observatoire des consommations émergentes.

Trois motivations principales guident les consommateurs ouverts à ces pratiques innovantes : en premier lieu le pouvoir d'achat, mais aussi les préoccupations environnementales, enfin la volonté de tisser des liens et de donner du sens à l'acte de consommer. Au total, 53% des Français interrogés par l'ObSoCo expriment leur aspiration à consommer mieux. Et parmi ceux-ci 30% aimeraient consommer moins, mais mieux.

60% des Français adeptes de l'occasion

L'enquête de l'ObSoCo met en évidence l'attrait des Français pour l'achat de biens d'occasion, pratiqué par 60% des personnes interrogées, et la vente de biens d'occasion qui représente 49% des personnes enquêtées. Toutes les catégories de population sont concernées.

L'emprunt ou la location sont pratiqués par 50% des Français et concernent particulièrement les plus jeunes. L'achat groupé est pratiqué par 37% des Français, essentiellement via des sites Internet apparus ces dernières années : Groupon, Livingsocial... Les échanges de services ne comptent que peu d'adeptes mais plus de deux Français sur trois se déclarent intéressés par le concept. Quant à la récupération d'objets jetés, elle concerne essentiellement les personnes en situation précaire.

Qui sont ces nouveaux consommateurs ?

L'ObSoCo distingue trois groupes parmi les adeptes de ces pratiques alternatives de consommation :

  • les "Bioéthiques" (24%) bénéficient d'un certain confort de vie, sont plus âgés que la moyenne des répondants et motivés par la consommation bio ou équitable
  • les "Eclectiques" (21%) sont attirés par toutes les formes de consommation émergente. Ce sont aussi les plus jeunes
  • les "Radicaux" (7%) sont intéressés prioritairement par les dimensions de partage et de solidarité.

Quelle réponse des commerçants ?

La distribution tente de répondre aux attentes de ces consommateurs, mais les initiatives sont encore peu nombreuses :

  • Décathlon propose à l'automne et au printemps le "trocathlon" : les clients peuvent revendre et acheter des articles de sport d'occasion dans les magasins de l'enseigne
  • A Strasbourg, Ikéa reprend à ses clients les produits dont ils ne veulent plus, en échange de bons d'achat
  • Intermarché met à disposition de sa clientèle des parkings où chacun peut librement échanger ses produits avec d'autres consommateurs : une démarche qui vise à fidéliser les clients et donne de l'enseigne une image solidaire
  • Castorama a ouvert sur Internet une plateforme d'échange de services : Troc'heures.

Les enseignes de la grande distribution ne sont pas les seules à s'engager dans ces démarches. Les acteurs de l'économie sociale et solidaire sont présents depuis de longues annés dans la collecte, le reconditionnement et la revente de produits : petit ou gros électroménager, meubles, vêtements, objets de décoration... Les brocantes connaissent un succès qui ne se dément pas. Et de nombreux porteurs de projet investissent le créneau de l'économie collaborative, mettant à profit le web et les réseaux sociaux pour se faire connaître et élargir leur audience.

Que ce soit dans les loisirs, les déplacements, la culture, la consommation ou la production, l'heure n'est plus seulement au "Do it yourself" mais de plus en plus au "Do it with others". Un axe de réflexion qui peut être une source d'inspiration et d'opportunités nouvelles pour les commerçants.

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