Covoiturage : montée en puissance et élargissement du champ d’acteurs

Le 06 novembre 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Dans un contexte de crise et d’augmentation des prix des carburants, le covoiturage constitue un des principaux leviers pour abaisser le budget transport dans les zones peu desservies par les transports en commun.
Longtemps décrit comme une tendance, une pratique émergente réservée aux jeunes générations, le covoiturage semble, depuis quelques mois, avoir franchi un nouveau cap aussi bien en termes de nombre de pratiquants qu’au niveau du champ d’acteurs qui s’est élargi.

Un été 2012 record

L’été 2012, traduit bien cette montée en puissance. Durant cette période propice, le site covoiturage.fr, qui revendique 90% de parts de marché a enregistré l’arrivée de 3000 nouveaux membres par jour, soit 200 000 nouveaux inscrits en 2 mois sur un total de 2,2 millions.

Cette affluence estivale montre que lorsque le problème de mobilité se pose comme c’est souvent le cas hors de son lieu de résidence, le covoiturage fait désormais partie du champ de solutions, au même titre que peut l’être une agence de location de véhicules. De plus en plus dynamique, le covoiturage ne se limite plus à des trajets anticipés mais constitue également une alternative crédible dans l’immédiateté.

L’implication croissante des collectivités

De leur côté, les collectivités ont bien pris conscience du phénomène et multiplient les initiatives visant à encourager la pratique du covoiturage en l’encadrant et en la sécurisant. En Bretagne notamment, les aires de covoiturage se sont multipliées sur les principaux axes routiers. Le département du Morbihan compte ainsi sur son territoire 56 aires sur lesquelles on constate quotidiennement un taux d’occupation de 80%. Ces aires, financées par les collectivités nécessitent en moyenne un investissement compris entre 300 000 et 500 000 euros qui correspondent au foncier ainsi qu’aux travaux d’aménagement. En complément de ces aires de covoiturage, des sites départementaux ont également été mis en place pour assurer la mise en relation des covoitureurs localement et pour des trajets réguliers. (www.ticoto.fr, www.covoiturage.morbihan.fr, http://www.covoiturage-finistere.fr).

Autre initiative, celle de Nantes Métropole qui expérimente actuellement les « points stop » afin de sécuriser le covoiturage improvisé et qui met aussi en place des "plans de mobilité entreprise" afin de favoriser le covoiturage entre collègues.

Les sociétés d’autoroute proposent également des infrastructures

A l’image des collectivités, mais de manière plus récente, les sociétés d’autoroute mettent en place des aires de covoiturages aux portes de leurs échangeurs. Dans un contexte économique tendu où le consommateur procède par arbitrage budgétaire, le gestionnaire d’autoroute a le souci d’attirer ou plutôt de conserver ses clients en partant du principe qu’un véhicule avec à son bord trois personnes sur l’autoroute vaut mieux que trois conducteurs seuls sur une départementale dans le but d’éviter le péage.

Cofinancées par les conseils généraux, ces aires de covoiturage autoroutières sont même dans certains cas, devenues des conditions de rallongement de durée de concession et plaident en faveur d’une évolution des pratiques sur le long terme.





Avec 3 millions de pratiquants au niveau national, le covoiturage est devenu une variable à part entière de l’équation « transport ». Au-delà du contexte économique morose qui forcément, favorise cette démocratisation, le covoiturage semble avoir franchi un cap avec un champ d’acteurs désormais élargi. Mis en perspective avec les récentes levées de fonds importantes dans la location de voitures entre particuliers et le succès d’Autolib’, ce franchissement de cap plaide en faveur d’une évolution durable des mentalités et des pratiques en matière de mobilité.



A lire également

Concours Crisalide Numérique : les mobilités bien représentées !

Le 13/10/2017

Le concours Crisalide Numérique a pour objectif d’identifier des entreprises bretonnes qui ont su se développer ou se différencier en intégrant des usages innovants du numérique dans leur organisation et sur leurs marchés; et de valoriser ces usages exemplaires auprès des entreprises bretonnes et des acteurs du territoire.

Quel cerveau pour la voiture du futur ? [par l'Atelier]

Le 29/09/2017

[Extrait de l'article initialement paru sur l'Atelier] La voiture de demain sera non polluante, ultra-communicante et autonome. Mais pour libérer le conducteur de toute tâche de conduite, celle-ci devra disposer d'une puissance de calcul conséquente. Une rupture technologique pour les constructeurs automobiles et leurs équipementiers.

La technologie diesel est-t-elle encore un avenir pour l'automobile ?

Le 22/09/2017

Depuis la déclaration de l'OMS en 2012 sur la nature cancérigène des polluants du diesel, les constructeurs ont accéléré le développement du "diesel propre" sans pouvoir inverser la tendance forte de baisse des ventes et dans un discours devenu bien difficile à entendre dans le contexte du dieselgate.