Colloque Bio du 16 octobre 2012

Le 26 octobre 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
En partenariat avec Inter Bio Bretagne et l'ADRIA, la CCI de Rennes a co-organisé un colloque sur le thème "Produits transformés Bio : Quelles stratégies de développement ? Quelles opportunités et quelles tendances en nutrition/santé ?" Ci joint le compte rendu et les présentations des intervenants.

Télécharger les présentations :

Présentation MINISTERE AGRICULTURE

Présentation ECOZEPT

Présentation BIOLINEAIRES

Présentation DGCCRF

Présentation FOOD DEVELOPPEMENT

 

Nota Bene : Les présentations présentes sont celles qui ont été autorisées par les intervenants.

 

 

Compte rendu

 

Colloque Bio IntervenantsPanorama chiffré du marché bio en France et en Europe : Evolutions et perspectives.  

Elisabeth Mercier - Agence Bio

Le marché du bio ne cesse d’évoluer, notamment avec la poussée de deux phénomènes : d’une part la présence de consommateurs multiples et changeants, d’autre part des circuits de commercialisation également mobiles. Il est déterminant d’être attentif à ces évolutions afin de saisir de nouvelles opportunités.

En France, la diversité des circuits de production, de transformation et de distribution sont autant d’occasions de points de contact avec les consommateurs, source de   développement des ventes et donc du marché bio (multiplication par 4 en 10 ans, quasi doublement en 4 ans).

On dénombre de plus en plus d’opérateurs bio et de productions bio de proximité. De 2007 à 2011, le développement du nombre d’exploitations bio (+93%), des surfaces en mode de production biologique (+75%) et des opérateurs avals (+90%) est très important en France. Le niveau de production est aujourd’hui quasi équivalent à celui l’Allemagne !

Beaucoup de fermes sont en dernière année de conversion. On anticipe donc une nouvelle croissance de surfaces (+ 25%) en 2012 et le potentiel de conversion reste important d’ici 2015. De surcroît, la croissance de la demande sur certaines catégories de produits tire l’offre (filière laitière, viande bovine, fruits frais, vin…).

Les producteurs bio ont des profils très variés. Aujourd’hui 1 producteur sur 4 pratique la transformation à la ferme, 1 sur 2 pratique la vente directe et 1 sur 10 vend la totalité de sa production à la ferme.

11957 entreprises de transformation et de distribution sont certifiées bio en 2011. La croissance du nombre de ces deux types d’acteurs est également forte depuis 2005.

Si les transformateurs bio se sont développés partout en France, plus de la moitié se concentrent plus particulièrement sur 6 régions (dont la Bretagne) et sur certaines catégories, notamment la boulangerie- pâtisserie et les pâtes alimentaires. Les approvisionnements en matières premières des préparateurs bio sont principalement locaux et régionaux (82%).

Au niveau des distributeurs, les grandes surfaces alimentaires (GSA) pèsent 49% des ventes en 2011 (hors restauration collective) et représentent le segment qui a le plus progressé sur 5 ans. Les grandes surfaces spécialisées (GSS - 25% des ventes) sont de nouveau très dynamiques et démontrent leur volonté de s’adapter.  Le potentiel de développement est également important en restauration collective (taux de croissance à 2 chiffres à prévoir a priori) : ces acteurs sont généralement sensibles au bio mais les parts de marché actuelles du bio restent très modestes, hormis pour certaines familles de produits déjà biens introduits (pommes, carotte, yaourt, pain). Que ce soit en gestion concédée ou en gestion directe, on note que les acteurs ayant pris la décision s’engager dans le bio augmentent progressivement le nombre de produits introduits dans le temps, ainsi que les quantités consommées. Les seules craintes d’affaiblissement se focalisent sur la population des magasins indépendants de petite taille, non préparée au changement et qui n’en n’ont pas souvent les moyens.

Plusieurs constats :

  • Les circuits de commercialisation sont très différents selon les familles de produits : les fruits et légumes sont par exemple surtout vendus en GSS, alors que les produits laitiers (hors fromages) le sont surtout en GMS.
  • Dans une surface de vente, la diversité de l’offre et le nombre de références encouragent les ventes (justifiant l’implantation croissante de points de ventes de grand format, plus rentables au mètre carré)
  • Plus le nombre de concurrents s’intensifie sur le marché, plus les ventes se développent et plus la nécessité d’être visible est forte. La multiplication des points de vente est donc une stratégie gagnante. Les grandes et moyennes surfaces ont également des performances très intéressantes à étudier (certains magasins se distinguent par leur professionnalisme, leur stratégie, leur volume, leur pricing…).

Mais avant tout, il faut lutter contre les idées reçues : le bio « made in France » gagne du terrain !

  • En 2009, 38% de produits consommés étaient importés. En 2012, c’est moins de 30%.
  • De l’ordre de la moitié des importations est constituée de produits exotiques (café, thé, cacao, fruits), agrumes et produits dérivés.
  • Dans nombre de secteurs, l’offre française est en mesure de répondre à toute la demande exprimée : vin, viandes, œufs, laits, produits laitiers, fruits et légumes  tempérés…
  • Le développement des ventes à l’international se poursuit.

Il faut donc étudier les opportunités sur certains produits et adopter des stratégies plus offensives là où l’on constate des manques (charcuterie, produits laitiers, viandes, vin, œufs…), ou de très faibles consommations bio alors que le potentiel est théoriquement important (produits de la mer, saurisserie et fumaison, traiteur et surgelés, épicerie sucrée…)

Côté consommateurs bio, la moitié des volumes consommés le sont dans 6 régions (dont la Bretagne). On notera également une grande diversité de produits consommés, avec la prééminence de fruits et légumes, œufs et produits frais.

Si la demande s’amplifie plus modérément aujourd’hui, notamment du fait de la crise, des questions se posent :

  • En GSA, on a pu constater des déréférencements de produits bio, peu importants mais très médiatisés. Ces faits sont sans doute dus à des recentrages ponctuels et ne sont pas, a priori, signes de mouvements à venir plus importants. Une communication sur la stratégie des différents circuits s’avèrerait nécessaire pour faire les bons choix.
  • Les situations sont très contrastées par catégories de produits. Si l’offre a pu manquer sur certaines catégories, l’heure est à la reconquête.  Mais doit-on privilégier le frais acheté loin ou le local congelé ?
  • Sur les marchés en croissance de la restauration collective, les acteurs (4800 opérateurs bios fournisseurs) font face à des enjeux d’approvisionnement. Un premier niveau de réponse apparait avec des coopérations entre circuits courts et circuits longs.

Nb : attention ! Depuis le 1er octobre 2012, la certification est « au menu » des restaurants bio, avec la création d’un cahier des charges spécifique à l’utilisation des produits bio dans les restaurants commerciaux. 3 niveaux d’engagement ont été distingués, auxquels il faut désormais se soumettre.

Au niveau de l’Union Européenne, on dénombre plus de 35000 préparateurs bio et le CA 2010 est estimé à 18,5milliards d’euros (71% des ventes sont réalisées sur 4 pays).

  • L’Allemagne marque une petite pause en 2008 (due à une baisse de prix plutôt que de volume). La croissance actuelle est surtout le fait de superettes bios, alors qu’en 2007 et 2008 elle était due à des discounters.
  • En France, la progression est continue (à 1 chiffre).
  • Au Royaume Uni on constate une baisse depuis 2008, mais le ralentissement de cette baisse peut conduire à une future reprise. Ces évolutions sont multifactorielles : le climat médiatique a changé, la crise a contribué à fragiliser la confiance de distributeurs… le reflux a été plus fort sur certains segments (-40% dans la restauration), mais la stimulation de nouvelles initiatives est très positive : développement des bio box, etc.
  • L’Europe du nord (notamment l’Autriche, le Danemark et la Suède) se développe fortement sur le bio : offre, distribution, prix peu différents parfois du conventionnel…
  • L’Europe du sud a une consommation qui se maintient grâce à des professionnels combatifs, notamment en restauration collective : des liens avec le privé apparaissent dans certains pays, des phénomènes de réduction de circuits pour avoir des prix serrés, de relocalisation des achats…

La stratégie à déployer est cruciale !

Programmes collectifs d’information et de promotion, messages responsables et compréhensibles de tous, travail de la notoriété via les relations presse et publiques, organisation d’évènements fédérateurs, étiquetage clair… sont autant d’actions efficaces à mener.

Point sur les dernières évolutions réglementaires du cahier des charges Bio.

Isabelle Mellier, Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt - DGPAAT/BGSQAB

2012 est une année chargée en évolutions réglementaires : accord d’équivalence avec les USA (14/02), évolution des règles sur l’alimentation animale (14/06), entrée en vigueur du nouveau régime d’importation (01/07), nouvelles règles sur la vinification biologique (01/08) et nouvelles règles nationales sur la restauration (01/10). 

Accord avec les USA : il y a désormais reconnaissance de l’équivalence des réglementations. Il n’y a plus besoin de certification NOP pour exporter aux USA depuis l’UE. Un certificat d’importation pour les USA est nécessaire, assorti du respect des règles d’étiquetage du pays de destination. Tous les produits sont couverts par la règlementation UE, hormis le vin qui devient un cas particulier (règles NOP USA à respecter).

Alimentation animale : modification des règles de lien au sol ; prolongation au 31/12/14 de la dérogation pour les 5% d’aliments non biologiques pour les volailles et porcins ; autorisation de 1% « épices, herbe aromatique et mélasse » non biologiques, modification des règles d’étiquetage (tous les ingrédients doivent être biologiques), modification des annexes 5 et 6 et prolongation au 31/12/14 de la dérogation pour les poulettes non bio.

Nouveau régime d’importation : depuis le 1er juillet 2012, il est possible d’importer directement dans l’UE les produits certifiés par les OC reconnus (70 environ) par la Commission européenne au titre de l’équivalence.

Nouvelles règles pour la vinification : L’appellation « vin biologique » est autorisée, ainsi que l’usage du logo européen. Pour les produits transformés, tous les ingrédients du produit doivent être certifiés. il y a obligation d’utiliser du vin biologique dans les produits transformés utilisant du vin. Une liste des pratiques interdites et une liste restreinte de substances autorisées sont en vigueur. Les taux de SO2 sont réduits.

Restauration collective à caractère commercial (les autres types ne sont pas concernés) Un cahier des charges est applicable depuis le 1er octobre 2012. 3 niveaux d’engagement (exigences à respecter et communication) sont prévus en fonction des cas suivants : ingrédients et produits bio, plats et menus bio, restaurants bio. Les perspectives à venir : modification de l’annexe 8 (additifs et auxiliaires techno), de l’annexe 9 (ingrédients non bio), discussion sur les modes de production des volailles… 2 procédures à connaitre pour mieux anticiper ces évolutions : la Procédure française et la procédure européenne. D’autres échéances sont à venir sur les volailles, l’horticulture… (cf. présentation)

Le concommateur Bio, qui est-il ? a-t-il évolué ? quelles sont ses attentes ?   

Burkhard Schaer - Ecozept

Le consommateur bio : quelques bases

  • La consommation bio pèse 2,3% de marché alimentaire en France, soit 3,7 Milliards d’€ (50€ de dépense/an/personne). En Allemagne, elle pèse 3,7%, soit 6,6 milliards d’€ (71€ /an/personne). Les champions sont les danois et les suisses avec 120€/an/personne.
  • 6 français sur 10 ont consommé bio en 2011 et 4 sur 10 au moins une fois par mois (nb : Attention, ces chiffres sont du déclaratif !). 15% des consommateurs bio réalisent 68% du marché, dont  2% de consommateurs exclusifs, 6% d’intensifs et  9% de moyens.

Les consommateurs bio au fil du développement du marché

  • En 1990 : 1 à 2 types de clients (Ecolo, jeune, bac+4, revenu moyen) portaient 2 motivations principales : la santé et l’environnement;
  • En 2010 : on dénombre de multiples types de consommateurs avec diverses motivations. « consom’acteur », « LOHAS », « Eco-optimiseurs »… Les critères sociodémographiques habituels ne fonctionnent plus pour segmenter cette clientèle. Les motivations sont complexes, mixant santé, environnement, bien être, protection des animaux, équité, solidarité, développement rural/local…
  • Entre 1998 et 2003 (étude Ecozept) on note déjà une forte évolution de typologie : les « écolos » sont passés minoritaires (de 22% à 7%) et un mouvement inverse s’est opéré sur les jeunes et les familles. Les retraités sont restés une population assez stable (30%) et les « autres » profils se développent (42%).

 

Le consommateur bio est énigmatique : sur la base de 350 études scientifiques menées depuis 2000, on s’aperçoit que le consommateur se déclare très vert (achète fréquemment, de plus en plus, cherche de nouveaux produits, bonne image du bio, est prêt à payer plus cher…). Or les observations via les panels et études montrent qu’il est moins vert que ce qu’il ne déclare (image floue du bio, n’achète que certains produits, ne fait pas confiance, trouve le bio trop cher et « pas meilleur »…). Ce décalage reste difficile à expliquer. Cependant, plusieurs faits entrent sans doute en ligne de compte : l’évolution des motivations (préserver sa santé, se sécuriser…), des attentes (local, de saison…), des hautes exigences (le bio « plus », toujours plus : équitable, solidaire…). (Cf. chiffres et graphiques dans la présentation).

Le consommateur bio pratique la « dissonance cognitive » : il achète des œufs bio mais pas de poulet bio et il est capable d’argumenter sur ce choix a priori peu logique. Un principe à retenir, important sur ce type de marché : plus le prix est cher plus la confiance diminue. Le consommateur est dissonant également dans le choix du lieu d’achat de ses produits bio : il achète surtout en circuits discount et GMS, mais il n’a pas confiance.

Typologie du consommateur bio d’aujourd’hui

  • Etude Danemark, 2012 : il est plutôt convaincu (42% du CA bio, alors que 12% des ménages),  bio positif et engagé (environ 30% de la population et du CA), sensible aux prix… (cf. graphique)
  • Etude Allemagne, Suisse 2010 : les consommateurs occasionnels bio sont de 2 types : ceux peu sensibles au prix (vrai préférence pour le bio) et ceux sensibles à très sensibles aux prix  (comportement volatil et peu engagé).

Conclusions :

  • Tendance de fond vers plus de « durabilité dans la consommation »,
  • On ne peut plus parler de « consommateurs bio », il est devenu trop complexe,
  • La consommation bio reste marquée par les dissonances, inscrites dans la décision d’achat.

En conséquence, il faut avoir une offre diversifiée dans tous les circuits de commercialisation, jouer sur l’authenticité et construire de vraies « marques-personnalité »

  • La consommation bio est portée par les intensifs-convaincus-avertis-concernés-altruistes,
  • La croissance est réalisée par les néo-bio-attentifs-peu-impliqués et par les aimant-bien-le bio-mais-sensible-au-prix,
  • Une partie de la population reste distant.

En conséquence, il faut encourager l’intensification des achats bio, faire du « Bio plus » pour avertis, du « Bio sympa et simple » pour les néo-bio et tenter de mieux comprendre le consommateur bio occasionnel en utilisant des typologies plus complexes et en ne se basant pas sur du déclaratif.

La distribution des produits bio – Les évolutions des concepts actuels et les nouvelles formes de distribution.

Antoine Lemaire, bio Linéaires

Evolution des concepts actuels 

En termes d’évolution globale du marché (Cf. graphique), on note une forte croissance du chiffre d’affaires de 2005 à 2011 portée par quasi tous les circuits de distribution. On prévoit un CA en bio de 4 M€  sur 2012. Dans le détail, la distribution spécialisée pèse 35% à 38% et la GMS atteint 49% des ventes (prévisionnel à 53%).

Si l’on fait un état des lieux de la distribution spécialisée, on constate depuis 15 ans beaucoup d’évolutions chez le consommateur suivies par la distribution. Le nombre de magasins bio s’élève à 2324 points de vente, soit un quasi doublement du nombre de magasins en 8 ans (nb : il n’existe pas de nomenclature type, mais pour établir ce chiffrage la référence a été de prendre toutes les surfaces ayant au moins 65% de références bio). La surface moyenne par point de vente évolue de 120 m2 (2005) à 175,2 m2 (2012). En surface de vente cumulée on estime qu’elle atteint 387 700 m2 (Estimation de l’évolution entre 2010 et 2011 : + 11 230 m2). Le CA moyen au m2 est de 5500€ (en croissance). La part moyenne de CA en alimentaire lié à surface de magasin s’élève à 64%.

Des disparités fortes existent entre indépendants et réseaux organisés. La croissance a moins profité aux indépendants qui ont généralement moins de possibilité d’adaptation.

Les principales enseignes en développement sont Biocoop, La Vie claire, Satoriz, Naturalia, Biomonde, Bio bon, La vie saine, L’eau vive et Natureo. Biocoop est le leader incontesté du secteur : 500 M€ en 2011, 325 magasins, +8% prévus sur 2012… Ce sont des résultats très encourageants pour le secteur. La Vie claire a beaucoup de nouveaux magasins (112 M€), Naturalia a racheté de nombreux points de vente et joui d’une très forte croissance (89 M€).

En termes d’âge de magasins, la moyenne se situe à 15 ans. L’âge et la surface ont tendance à être corrélés : il y a des surfaces souvent plus importantes dans les magasins de moins de 5 ans. Les magasins bio embauchent 8650 personnes (hors centrales et grossistes) et couvrent l’ensemble du territoire national, avec des concentrations en région parisienne, en Rhône alpes, en PACA, et en Bretagne. 3 à 4 régions représentent souvent plus d’1/3 de la production.

En termes de démographie, les ouvertures et fermetures de surfaces à mi 2012 sont assez équivalentes à la situation de 2011 : une centaine d’ouvertures, surtout dans réseaux organisés, et 80 fermetures environ (30% environ de dépôt de bilan).   

Les prévisions 2012 :

La situation a été plutôt satisfaisante en début d’année, plus complexe au printemps et stable en juin. Un regain actuel est constaté. La croissance devrait être de 3 à 7 % sur 2012. Le montant de panier moyen est en évolution positive, mais attention : il peut être dû à une moindre fréquentation.

Les produits leaders sont stables, et on dénote beaucoup de mouvements chez les challengers. De nouveaux développements sont à attendre sur des rayons ou catégories encore peu revisités : snacking, 4ème gamme, surgelés, produits de la mer… L’innovation produit est très dynamique même s’il reste des progrès à réaliser dans la mise en avant de ces innovations en surface de vente. 

Il y a généralement une bonne répartition du CA par grandes familles alimentaires : 20% en frais, 50% épicerie, 30% en UF (cf. détails par catégories).

Etat des lieux GMS : Une des particularités du bio en GMS : le taux de MDD est plus important que dans le conventionnel… mais pour combien de temps ? Le marché du bio est fortement impacté par la crise, certains distributeurs prennent déjà en compte le ralentissement dans leur assortiment avec une volonté de contrôler les dépenses.

Etat des lieux de vente directe : bon positionnement sur le marché bio (11% en 2011). Les AMAP rencontrent des freins sur la variété d’offre, l’obligation d’engagement sur une durée déterminée, la situation géographique des fermes (hausse coût de transport)...

Les nouvelles formes de distribution :

La bio vit sa (R)évolution entre 2012 et 2020 : elle devra à la fois anticiper, comprendre et assimiler les nouvelles attentes de la consom’action et les mutations générales en cours de la distribution.

La consommation responsable est une grande famille qui se développe. Elle englobe : les produits bio et équitables, les circuits courts, les 4R, le consommer et vivre autrement et la consommation collaborative.

Le « Made in Local » - la révolution des circuits courts : on trouve dans cette famille une extraordinaire diversité (Amap, vente à la ferme, marché de produits, magasin de coopératives de production…) cautionnée par 85% de personnes interrogées qui déclarent préférer favoriser le local.

Exemples : relocalisation (Oh ! Légumes), AMAP en cités, distributeur automatique de légumes, de lait cru, fermes sur les toits, pisciculture bio intensive…

Internet - l’essor du e-commerce et de l’évolution logistique : aujourd’hui l’ensemble des enseignes développe des références bio en e-commerce. Exemples : Jecommandebio.com, mondebio.com, tout labio.com, so bio…. Le multicanal est plus que jamais à intégrer dans les stratégies.

La distribution – Evolution des points de vente :

  • la grande distribution en crise se réinvente : ouverture de supermarchés plus petits, travail sur la proximité (valeur sure du commerce du futur), convinient stores à la française, lien social, ouverture de surfaces dédiées au bio… Exemples : Chez jean, Relay&Casino Proximité, Cargo…
  • grande ou spécialisée : développement de l’offre en VRAC (tendance 4R), concept store de naturalia…

Quel magasin bio idéal demain ? Un lieu inséré dans une communauté, un éco-quartier, avec une offre locale et bio, du co-voiturage, des services à valeur ajoutée…

Comment concilier CA, consommation durable et convivialité ? Il faut faire évoluer les services proposés en innovant : louer le matériel onéreux, faire des ateliers pratiques avec des consommateurs engagés, louer des espaces de crèches auto-gérées…

Les nouvelles obligations d’étiquetage nutritionnel : le règlement (CE) n°1169/2011

Ellie Daguet – DGCCRF bureau 4A

Un changement majeur s’est produit : l’étiquetage nutritionnel devient obligatoire sur denrées pré-emballées ! 

  • Valeur énergétique, graisses, acide gras saturés, glucides, sucres, protéines, sel.
  • Sel : équivalent sel
  • Il porte sur une denrée telle que vendue (possibilité sur denrée telle que consommée)

Les exceptions prévues : dérogation sur certaines catégories de denrées, denrées dont la face la plus grande est inférieure à 10 cm2, les boissons alcoolisées. Il ne s’applique pas non plus aux denrées soumises à des réglementations spécifiques.

Les autres dispositions : la valeur moyenne et le mode de calcul, le mode d’expression de l’EN, les coefficients de conversion, les apports de référence, la présentation, les formes d’expression et de présentation complémentaires.

Délais d’application : nouvelles dispositions applicables le 13 décembre 2016 pour mise en conformité avec une possibilité d’écouler un stock déjà étiqueté. INCO prévoit d’anticiper les propositions d’EN (Art 54.3). Avant l’application obligatoire, si la déclaration est fournie à titre volontaire, elle doit respecter INCO.

Le Règlement (CE) n°1924/2006 : un tournant pour les allégations santé génériques

  • Applicable dans les 27 états membres avec une harmonisation de la communication
  • L’objectif est de délivrer une information vraie et loyale au consommateur européen et de mieux régir la concurrence entre les opérateurs du secteur.
  • Le principe est celui d’une liste positive avec application a priori.

Le vote de la 1ère liste : une liste de 222 Allégations santé (AS) génériques autorisées a été votée le 16 mai 2012 (Règlement 432/2012 publié le 25/05 au JOUE) – Elle est applicable le 14/12/12.

Ces 222 AS peuvent dès aujourd’hui être utilisées à condition de respecter les CoU associées et les conditions générales du règlement ainsi que les autres dispositions en vigueur.

Les 222 AS autorisées : essentiellement portant sur des vitamines et minéraux, quelques AS sur des acides gras et des fibres, des substances isolées (charbon actif, choline, lactase…), des substitutions (édulcorants intenses vs sucres, acide gras satutrés vs AGI…), des substances spécifiques (lactulose, mélatonine…), en lien avec des dispositions d’alimentation particulière, une AS viande/poisson et une AS noix.

A chaque AS, sont attribués un libellé, des conditions d’utilisation (apport, référence / poids, mentions d’avertissement …), etc. Concernant la Flexibilité des libellés, la stratégie sans risque reste d’utiliser le libellé autorisé,  sinon prudence (garder le même sens, rester dans le champ scientifique défini…). Dans tous les cas il convient d’utiliser l’avis de l’AESA mais dans certaines limites.

Le Registre de la commission européenne :

http://ec.europa.eu/nuhclaims/ . Le registre actualisé comporte les allégations autorisées, les AS spécifiques et génériques évaluées et refusées avec les raisons du rejet, les allégations en attentes (plantes, complément de dossier, décision en suspens pour diverses raisons…), les allégations non autorisées (mises à part du registre).

Périodes transitoires :

  • Allégation autorisées ou refusées : délai de 6 mois pour se mettre en conformité jusqu’au 14/12/12
  • AS en attente : période transitoire
  • AS jamais intégrées ou retirées : elles doivent disparaitre immédiatement !

En attente (le calendrier reste incertain) : plantes en suspens (la période transitoire continue), autres : fin d’année ou d’ici mi 2013 ; Art 14 : autorisation préalable ; les marques de fabrique, les noms commerciaux ou les dénomination fantaisistes doivent se mettre en conformité.

Toutes les listes son évolutives ! AS sur les fonctions de l’organisme, AS infantile ou maladie, modification d’AS déjà autorisées possible (art.19)…

Profils nutritionnels : disposition en stand-by. L’objectif est d’empêcher l’accès aux ANS aux produits trop gras, trop sucrés ou trop salés. Idem pour les boissons alcoolisées (nb : texte qui s’applique sans profil nutritionnel actuellement).

Colloque Bio Denis LaironDes enjeux pour l’environnement et pour les consommateurs. Qualité nutritionnelles et sanitaires des produits de l’agriculture biologique 

Denis Lairon, Directeur de recherche INSERM UMR 1260-INRA

Quels intérêts nutritionnels et sanitaires des produits bio ?

Depuis les années 70, des travaux de recherche et des publications d’articles scientifiques ont vu le jour dans différents pays. Si c’est le plus souvent insuffisant pour en parler de façon « sérieuse » (nombre limité de données…), des tendances et des pistes se dégagent.

Le rapport de l’AFSSA « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique 2000-2003 » est consultable sur  www.anses.fr  (rubrique nutrition). (NB : même type d’étude conduite au Royaume uni)

Aspects nutritionnels : les résultats des comparaisons entre biologique et conventionnel :

  • Tendance à des teneurs en matières sèches supérieures en bio
  • Les minéraux et oligo-éléments à intérêt nutritionnel des fruits et légumes sont comparables, avec un peu plus de fer (21%) et de magnésium (29%) en bio
  • Vitamines : les données sont très limitées et portent surtout sur l’étude de la vitamine C. il n’y a globalement pas de différence, hormis les pommes de terre où il y a davantage de Vitamine C… mais au stade de la production !
  • Phyto-micro constituants (antioxydants) : plus de présence dans le bio (phénols et polyphénols) mais cela dépend des conditions de production, des années, des conditions extérieures. Les végétaux en fabriquent plus s’ils doivent se défendre face au stress environnemental.
  • Produits animaux : peu d’études et donc peu de conclusions. Les tendances : moins de lipides totaux dans le bio, plus riche en acides gras polyinsaturés et moins en AGS.

Les tendances générales du rapport AFSSA 2001-2003 (France) et du FSA 2009 (RU) sont globalement les mêmes (études indépendantes)  même si les méthodologies d’études sont différentes.

D’autres rapports : Article de Dangour - Rapport Gueguen et Pascal, 2010 - Article de Smith-Sprangler 2012 

Questionnement sur le devenir hypothétique des micronutriments le long de la filière… des impacts à chaque étape : Variété, mode de production, stockage de matières premières (notamment impact sur la vitamine C), process de transformation, stockage de produit élaboré, action du consommateur sur le produit, assimilation de l’organisme.

Aspects sanitaires : les résultats et les tendances : 

  • Les facteurs de risques liés aux pratiques de fertilisation en agriculture biologique (boues d’épuration, fertilisants …) ne concernent pas que l’agriculture biologique. Les modes de production de l’AB semblent même réduire les risques.
  • Pas de risques liés à l’alimentation des bovins et les contaminations, ils semblent même réduits (ensilage de la ration).
  • Bactéries résistantes aux antibiotiques : le taux de résistances est plus faible en AB
  • Contamination aux pesticides : les études montrent que :
    • Aucun résidu n’est présent dans 94% à 96,7% des produits bio analysés (selon étude)
    • Aucun résidu détectés des 78 pesticides recherchés sur des produits bio
    • Comparaison avec des produits en conventionnel : 30 à 45% selon les années de produits contenant des résidus.
  • Contaminants chimiques des organismes : 2 études aux USA qui montrent des différences significatives entre le bio et le conventionnel (analyse de métabolite sur enfants). Manger bio permet de changer de seuils d’exposition.
  • Mycotoxines (aspergillus, Penicillium, Fusarium) : en bio, il y a interdiction de recours aux traitements fongicides. Or il n’y a pas plus de mycotoxine en bio qu’en conventionnel, surtout en année humide ! D’autres études montrent qu’il y en a moins dans le bio, notamment via l’amélioration de techniques pour éviter le risque.
  • Nitrates : le problème de transformation des nitrates en nitrites très réactifs est moins présent dans le bio. Important : 80% des apports se font dans l’alimentation et 20% dans l’eau = les apports journaliers ne doivent pas être dépassés et certains fruits et légumes  en contiennent beaucoup !
  • OGM : incompatibles avec les principes de l’AB qui vise à respecter les équilibres naturels. Des données suggèrent des effets biologiques préoccupants (résistance aux herbicides, à la toxine Bt, transfert de gènes, toxicité hépatique / rénale, développement tumoral).

Aspects majeurs d’un système de production durable : cf. tableau récapitulatif.  

Quels axes d’innovation, de marketing et de communication pour valoriser les produits bio ?

Vincent Lafaye et Gwenaëlle Garnier – Food Develop’ment

L’innovation est un facteur clé de différenciation concurrentielle, de développement de l’entreprise et d’amélioration de sa rentabilité.  

Facteurs clés de réussite :

  • Répondre aux attentes des consommateurs  (Ex : SIAL : sur les 100 produits élus, aucun n’est en rayon ! attention donc…)
  • De manière durable
  • Avec l’innovation « globale » pour se différencier : innovation produit, technologique et commerciale (nouveaux circuits et modes de distribution)

Bien définir son produit, avec du bon sens :

Un produit réussi est un produit qui se vend bien ! d’où la nécessité de définir le mix marketing, étape à laquelle on va souvent trop vite ! Ce travail doit être réalisé en adéquation avec la stratégie de l’entreprise. Nécessité d’intégration de l’éco-conception, du développement durable, du sociétal… Développement ACV Sociale = l’éco-socio conception est l’avenir !

Répondre aux attentes et aux tendances

Plaisir

Naturel

Terroir / identité

Exotisme (ingrédients venu d’ailleurs et cuisine fusion)

Ludique

Mariage d’ingrédients

Santé

Produits « sans »

Naturalité / simplicité : retour à l’essentiel

Santé préventive : super fruits, fruits à coque, thé vert, chocolats…

Praticité

Facilité de manipulation, gain de temps, refermable, portionnable, conservation…

Consommation nomade / grignotage décomplexé

Ethique

Produits responsable

Locavorisme : incontournable dans la filière alimentaire ! c’est une opportunité pour les acteurs bios « made in France » mais une menace d’offre concurrente pour le consommateur infidèle et zappeur.  Le bio local c’est l’idéal !

Innovation process :

Le bio est source d’innovation sur les techniques de transformation et de conservation qui permettent de préserver les propriétés organoleptiques et nutritionnelles des matières premières. Ex : chauffage ohmique…

Offre désirable et séduisante :

  • Connaitre ses clients : profils différents et attentes différentes. Qui veux-je cibler ?
  • Définir son territoire de marque : marquer sa différence tout en restant fidèle aux idéaux : historique de démarche, engagement, légitimité. Ex : Nature et Aliments : usine éco-conçue et atelier de personnes handicapées.
  • Adapter son offre pour être cohérent avec le bio : réponse aux attente des consommateurs et notamment à la quête de sens (ex : pêche durable)
  • Bon positionnement prix / produit : le prix est le principal frein à l’achat mais cela dépend des consommateurs.
  • Promotion des ventes : la crise actuelle favorise la promotion, mais parallèlement il y a la quête de sens qui peut être exploitée en bio : la promo peut être créatrice de lien pour fidéliser le client et non rechercher du prix pour le prix.
  • Accessibilité de l’offre
  • Visibilité de l’offre bio sur les points de vente : merchandising  5B, ilots bio versus essaimage dans les rayons. L’ilot bio peut constituer un problème pour conquérir de nouveaux clients mais il offre une visibilité intéressante. Diffusion : visibilité par cohérence packaging
  • Informer le consommateur pour le rassurer : magasin, packaging, application mobile, sites internet coopératifs… mais attention à l’utilité et au sens !
  • Expérimentation sur l’affichage environnemental : 3 grands critères : carbone, eau, biodiversité… Un peu réducteur ?
  • Packaging : visibilité, séduction, praticité, information…
  • Valoriser l’agriculture biologique : visible, ludique…
  • Véhiculer les valeurs et l’engagement de l’entreprise : valeur nutritionnelles, qualité / origine des matières premières, procédés, engagements sociaux…
  • Réduire l’impact environnemental : éco-conception de l’emballage (ex : terre Adélice), réduire quantité de déchets (attention sur la logistique : hygiène, praticité…)

Valoriser les produits bio par la communication : Quête de sens et information, c’est consommer autrement. La communication est transparente et responsable.

  • Communication globale et cohérente : soutenir la marque et fidélisation naturelle des clients au travers des différents supports, pour créer le lien et être visible
  • Support en adéquation avec les valeurs revendiquées
  • Imaginaire vrai : consommateur à la recherche d’une histoire vraie
  • Inciter au changement de comportement = consom’acteur
  • Valorisation de la filière AB via des leviers multiples : campagnes bio, semaine bio, kit dans l’éducation, promotion des acteurs et des produits…

Conclusion :

  • Le Bio est porteur de valeurs d’avenir et porteur de l’air du temps
  • Il doit s’intégrer aux modes de vie des consommateurs
  • Il faut de la modernité, de la simplicité et de l’authenticité dans la communication

Colloque Bio -Salle

Auteur(s)

Marion Le Joly, Catherine Miniot

A lire également

Table ronde régionale : "l'Approvisionnement de proximité de la restauration collective"

Le 30/06/2015

Le 24 juin dernier s'est tenue une table ronde régionale consacrée à "l'Approvisionnement de proximité de la restauration collective" co-organisée par la DRAAF, la DIRECCTE et les 3 chambres consulaires. Autour de la table, offreurs et acheteurs pour des échanges riches d'enseignements.

Green morning : "Energie et IAA : de l'urgence de l'économie à la valorisation"

Le 16/09/2014

Le service Eco-Activités de la CCI de Rennes a organisé le 11 septembre dans ses locaux une matinée consacrée aux économies d'énergie dans les industries agroalimentaires. Retour sur ce temps fort !

Atelier Marketing. Algues ou légumes de la mer, une mine d'opportunités pour un marché en croissance.

Le 19/09/2012

Largement consommées dans le monde en tant que légumes, les algues connaissent ces dernières années un essor croissant dans nos habitudes alimentaires européennes. Autant d'opportunités d'innovations possibles pour les IAA. Tels ont été les thèmes abordés par les différents intervenants experts de cette thématique.