Bornes de recharge : Une infrastructure à mettre en place

Le 09 novembre 2012

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Si nous pouvons considérer le salon de l'automobile 2012 comme le premier à avoir proposé à la vente des véhicules électriques, le manque d’infrastructures de recharge pourrait pénaliser les ventes encore timides sur ce segment.

Les investissements importants des constructeurs depuis 3 ans et l’évolution de la réglementation sur le rejet en matière de CO2 ont permis de faire rapidement bouger l’offre en matière de véhicules électriques (VE). Nous en avons eu une preuve au salon de l’automobile, avec le lancement de la Zoé (Renault) et d'une Focus tout électrique (Ford). Malheureusement, les collectivités peinent à mettre en place de réelles infrastructures de recharge, un frein supplémentaire pour le consommateur qui hésite déjà à investir dans cette nouvelle technologie. 

En 2009 le gouvernement annonçait un plan ambitieux de 2 millions de VE pour 2020 sur les routes françaises. Il estime à cette époque qu’il faudra parallèlement installer plus de 4 millions de points de recharges dont 400 000 bornes publiques, et prévoit un financement d’1,5 milliard d’€ pour accompagner cette mise en place.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Début 2012 le territoire français comptait moins de 3000 bornes de recharge disponibles, dont 300 en région parisienne (principalement pour l’opération Autolib' ). En Bretagne, la carte proposée par l’avem en partenariat avec Charmap en référence une vingtaine, principalement situées dans des parkings publics ou chez des garagistes. A bien regarder autour de nous, en ce mois d’octobre 2012 les bornes ne poussent pas comme des champignons.

Hors si de nombreuses villes ont inauguré en grande pompe leur première station de recharge, il faut bien se l’avouer, les collectivités locales hésitent encore à investir des sommes importantes pour mettre en place une véritable infrastructure de recharge permettant à un conducteur de véhicule électrique de circuler en toute sérénité. L’état français estime que seulement 10% des recharges se feront sur la voie publique. Même si nous savons que l'essentiel des recharges s’opéreront au domicile ou sur le lieu de travail, les tests menés dans les pays les plus en avance (Pays Bas, Norvège, Japon) ont prouvé que les bornes de recharges sur la voie publique sont indispensables pour augmenter l'usage de véhicules électriques en rassurant les conducteurs.

Il y a un an le livre vert sur les infrastructures de recharge (rapport Louis Négre) fixait pour objectif 2015, pour une agglomération de 500 000 habitants : 3300 véhicules rechargeables et autant de points de recharge dont 400 sur la voie publique, chiffre à multiplier par 4 à l’horizon 2020.
Lors de la publication de cette étude, l’Etat engageait un budget de 50 millions d’€ pour financer à 50% l’installation par les collectivités de bornes de recharges. Rien que pour les 25 plus grandes agglomérations françaises, il apparait nécessaire de créer 44 000 points de recharge d’ici 2014.

Projets grand emprunt et protocole GIREVE

Récemment l’Etat a fait 2 annonces pour soutenir ce développement. La semaine dernière l’Ademe a publié le résultat de son appel à projet concernant le développement de solutions de recharges. Elle cofinancera 7 projets à hauteur de 16 millions d’€. A noter le projet Infinidrive mis en place par La Poste et ERDF pour créer un standard de recharges pour les flottes d’entreprise et les collectivités, 2 projets portés par le groupe Véolia sont également soutenus : Telewatt (solution de recharge à partir du réseau d’éclairage public de la société Citélum ) et EVER (bornes de recharge rapide destinées au service d’auto partage mis en place par les collectivités). Le N°1 français de la borne de recharge DBT se voit également allouer une somme de 2,1 millions d’€ pour développer un système de gestion prédictive des infrastructures.

Par ailleurs le 3 octobre dernier, à la demande du ministère, 4 grands opérateurs français (Renault, PSA, ERDF et la caisse de dépôt et consignation) ont signé le protocole du projet GIREVE (Groupement pour l’itinérance des Recharges Electriques des Véhicules). L’objectif  de ce projet est de créer un bouquet de services pour faciliter la localisation de points de recharges (via le GPS) les plus proches quelque soit l’opérateur.

Seul les territoires qui ont accueillis des projets pilotes d’envergures ont un début d’infrastructure : les Yvelines avec le projet Save disposent déjà de 300 bornes, les strasbourgeois bénéficient de 150 points de recharges qui ont permis de tester la Prius rechargeable.

En Bretagne, le plan Véhicule Vert Breton prévoit : 1800 bornes publiques pour 2014 dont 600 de propriété publique. Un enveloppe de 4,45 millions d’euros est prévue pour cofinancer l’installation d’infrastructures de recharge avec les collectivités mais également les premiers achats de VE.


Afin de rassurer à la fois les collectivités locales sur l’évolution de l’électromobilité et le conducteur sur la possibilité de facilement recharger son véhicule en milieu urbain, il est nécessaire de continuer à développer des expérimentations sur des territoires de plus en plus larges. Le marché du VE ne se développera qu’une fois un certain nombre de freins seront levés dont celui de la présence de solutions de recharges sur tout le territoire.

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