Les prétendants aux nouvelles chaînes de valeur de la mobilité

Le 02 octobre 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

La mobilité massivement centrée sur l’automobile patrimoniale entre dans une phase de remise en cause et de mutation. Au-delà du défi environnemental, le coût et les contraintes de cette mobilité sont de moins en moins acceptables pour l’usager et se traduisent par des nouvelles pratiques de mobilité, essentiellement en zone urbaine. Celles-ci ne sont pas encore massives mais foisonnent et croissent rapidement autour de nouveaux modes, de nouveaux services, de multimodalité et de nouveaux acteurs. Sortir d’un siècle de pratiques de ce modèle dans lequel les constructeurs automobile ont capté le rôle de capitaine de la chaîne de valeur et investi dans un modèle industriel ne va pas de soi. La demande de nouvelles mobilités va néanmoins croître, soutenue par des générations Y très à l’aise avec ces nouveaux modes, par les grandes métropoles mondiales qui n’auront pas le choix d'évoluer mais aussi par l'arrivée de nouveaux acteurs qui pourront faire valoir des compétences pour cette lutte annoncée du capitanat de la chaîne de valeur mobilité.

Lors du lancement de BMA (Bretagne Mobilité Augmentée) à Rennes, Bernard JULLIEN directeur du GERPISA est revenu sur cet enjeu et a proposé 3 grandes catégories d’acteurs pouvant aujourd’hui prétendre à un rôle en haut de la chaîne de valeur mobilité :

  • Les constructeurs
  • Les acteurs de la distribution et les prescripteurs (loueurs)
  • Les gestionnaires de transport public

 

Les constructeurs : comment maintenir la place de capitaine de la chaîne de valeur ?

Nouveaux acteurs chaine de valeur mobilitéFace à l’émergence de nouveaux acteurs, l’enjeu pour les constructeurs est bien de maintenir le capitanat dans une chaîne de valeur non plus automobile mais de mobilité où le rôle de l’automobile va s’amoindrir au profit « d’intégrateurs de mobilité ». Au-delà de concevoir les nouvelles solutions techniques, les constructeurs favoriseront des logiques d’alliances avec certains de ces nouveaux acteurs pour initier l'apprentissage de ces nouvelles chaînes de valeur, alliant la dimension industrielle mais aussi la nouvelle dimension servicielle.

 

 

Les distributeurs et prescripteurs : la connaissance de l'automobile sans les inconvénients d'être industriel

Il s’agit à la fois des loueurs (courte et longue durée) et des acteurs de la distribution, spécialement ceux n’ayant pas accès à la vente et donc non dépendant de constructeurs. Ces acteurs se prévalent d’une connaissance fine de l’automobile tout en étant neutres par rapport aux produits et aux technologies et sont capables d’offrir un service de mobilité global sans à priori modaux. Les positionnements du groupe MOBIVIA (Norauto) et de loueurs courte (Hertz) ou longue durée (ARVAL) en sont une illustration.

 

Les gestionnaires de transport public : une compétence symétrique à celle des constructeurs

Evolution budget transport

Par rapport aux constructeurs, ces acteurs disposent de l’expérience des autres modes de transport, ont une capacité de gestion des réseaux et une culture de la négociation avec la collectivité. Ils captent aujourd’hui la plus faible partie du budget transport des ménages (transport en commun) mais pourraient accroître cette valeur en intégrant l’automobile dans la gestion de leurs réseaux de transports et de services. La répartition de ce budget, comme le montre le graphique ci-contre, va évoluer : au détriment de l'automobile possédée et au profit des transports collectifs et de la voiture servicielle. La taille et la présence à l’international de ces acteurs crédibilise cette hypothèse.

 

Dans ce conflit latent, le rôle des collectivités aujourd'hui centré sur l'innovation et l'expérimentation de nouvelles mobilités encore peu structurées, pourrait devenir celui d'un arbitre.

A lire également

La place de la voiture demain : l'équilibre difficile du secteur automobile

Le 09/06/2017

Comment concilier des objectifs économiques et des objectifs écologiques sans faire de compromis ? L'institut Montaigne a publié ce mois-ci un rapport intitulé "Quelle place pour la voiture demain ?" et fait 10 propositions pour répondre à ces questions. Voici notre synthèse de la synthèse :-)

Dossier InOut 2018 - le meilleur des mobilités numériques

Le 02/06/2017

Rennes Métropole organise en 2018 un événement économique international qui rassemblera les professionnels du numérique et de la mobilité, et les usagers. Tous vivront l’expérience inédite d’inventer et de tester les mobilités de demain. Nous avons décidé de vous partager dans ce dossier permanent les éléments marquant de InOut 2018.

[INFOGRAPHIE] Marché automobile mondial 2016 : un marché US bientôt relégué par la Chine et l'Europe ?

Le 12/05/2017

Retrouvez l'infographie complète du marché de l'automobile mondial 2016