La Chine et l’Inde accélèrent sur le véhicule propre

Le 02 octobre 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Principal relais de croissance du marché automobile mondial, les pays émergents attirent plus que jamais les convoitises des principaux constructeurs automobiles, qui entendent bien profiter de leur savoir-faire technologique pour s’imposer sur ces marchés. Pour autant, et comme le montre les exemples de la Chine et de l’Inde, ces marchés ont des spécificités qui doivent être prises en compte : contraintes démographiques et écologiques très fortes, patriotisme économique, taux d’équipement en voiture très bas, moindre passif en matière de véhicules thermiques.

En Chine et en Inde, ces spécificités, couplées au besoin croissant de mobilité, favorisent et accélère l’évolution des mentalités en faveur d’une mobilité plus propre et plus multimodale. En effet, que ce soit au niveau gouvernemental ou via l’intermédiaire des constructeurs locaux, les initiatives en faveur de ce type de mobilité se multiplient. Poussés principalement par une densité de population et un degré de pollution très fort, des pays comme la Chine et l’Inde pourraient ainsi ne pas connaître l’ère de la voiture thermique individuelle grand public au profit des modes de propulsion électriques et hybrides et via une diversité des pratiques et des typologies de véhicules.

Apportant du crédit à cette hypothèse, les gouvernements chinois et indiens ont annoncé ces derniers mois des plans de soutien en faveur de la mobilité électrique d’une ampleur sans précédent. Dans le même temps, les constructeurs locaux ont communiqué sur leur vision de la mobilité de demain.

Des territoires sous contraintes démographiques et environnementales fortes et des plans de soutien à la mobilité de demain de large ampleur

Dans leurs principales villes, la Chine et l’Inde doivent faire face à des problématiques de pollution et de démographie telles, que la voie de la voiture thermique individuelle est difficilement envisageable. En matière de mobilité, les deux pays agissent donc sous la contrainte, contrainte bien souvent salutaire lorsqu'il s'agit de faire bouger les choses rapidement.

En juin dernier, la Chine a ainsi annoncé la mise en place d’un plan de développement pour l’industrie automobile qui vise la réduction de la consommation énergétique via l’intensification des nouveaux véhicules : véhicules électriques, véhicules hybrides et véhicules hydrogènes (PAC). Les volumes de production souhaités par le gouvernement chinois correspondent à 500 000 véhicules propres/an d’ici 2015 et 5 millions d’ici 2020 ! Parmi les éléments clés du plan, on note qu’un accent très fort est mis sur la R&D, notamment au niveau des batteries mais également de la pile à combustible. Enfin, au-delà des volumes annoncés, les caractéristiques techniques des futurs véhicules électriques sont également spécifiés (autonomie, densité énergétiques des batteries, vitesse…) avec un niveau de performance souhaité qui est très proche des véhicules électriques que l’on trouve actuellement sur les marchés matures. Sur les aspects de mobilité, des expérimentations de large ampleur sont également prévues, notamment en autopartage, dans 13 grandes villes du pays. Le premier projet d’autopartage de véhicules électriques démarrera prochainement à Hangzhou et concernera la mise en circulation de 20 000 voitures électriques.

Côté indien, le plan national de mobilité électrique a été doté de 2,5 milliards dollars avec l’ambition de voir circuler 6 à 7 millions de véhicules électriques dans le pays à l’horizon 2020. Le plan concerne des aides à l’achat de véhicules électriques, l’investissement dans des infrastructures de recharge, et le soutien aux activités de recherche. A noter que parmi les 7 millions de véhicules électriques espérés, les deux-roues électriques devraient être majoritaires puisque seulement 2 millions seront des voitures électriques particulières ou utilitaires.

Des constructeurs émergents sans passif "thermique" à trainer et qui adressent des marchés dont les mentalités ont moins besoin d’évoluer

Dans le même temps, les constructeurs locaux ont communiqué sur leur vision de la mobilité de demain. Rappelons ici que ces derniers maîtrisent l’actif technologique principal du véhicule électrique, la batterie, et n’ont pas un passif de motoriste pouvant être source d’inertie lorsqu’il s’agit de changer de cap stratégique.

En Inde, outre le premier constructeur Tata qui travaille déjà sur sa future Nano électrique, Mahindra, entend se positionner comme un acteur de la mobilité de demain. Suite au rachat de Ssangyong et de Reva, le constructeur dispose en effet des compétences en matière de véhicules électriques. Sa vision de la mobilité de demain se décline en 5 C : Clean (fabrication écologique), Convenience (souplesse d’usage, adaptation du modèle économique), Connected (communication embarquée et avec les autres véhicules), Clever (vers un véhicule autonome), Cost Effective (coût abordable). Le parallèle avec la vision des constructeurs historiques et sa cohérence montre que la mobilité de demain se fera avec des acteurs comme Mahindra, qui ont peut-être été sous-estimés par le passé.

En Chine, outre la présence des constructeurs locaux sur le véhicule particulier, des fabricants comme BYD sont également présents sur le bus électrique, hybride mais également hydrogène. Le pays est d’ailleurs leader mondial en termes de volumes sur ces véhicules. BYD teste déjà ses bus électriques en Europe, notamment au Danemark.
Concernant les batteries destinées à équiper les futurs véhicules électriques, le fabricant chinois de pièces automobiles Wanxiang vient d’investir 465 millions d’euros dans le fabricant de batteries américain A123 Systems.

Sur un marché de la mobilité amené à se diversifier, la pro-activité des acteurs indiens et chinois sur la mobilité de demain et les modes de propulsion hybrides et électriques, montre que ces derniers comptent bien voir leur position dans l’échiquier mondial évoluer. Stimulés par des contraintes démographiques et environnementales très fortes et soutenus par des plans gouvernementaux de large ampleur, ces acteurs sont en train de passer d’une position de « suiveur/copieur » à une situation où il se retrouve en position d’innover pour le véhicule de demain. La dernière innovation de BYD « Remote Driving Control Technology », qui permet de contrôler son véhicule à distance via une télécommande en est un bon exemple.

Reste à voir comment les constructeurs « historiques » se positionneront face ou avec ces acteurs amenés à prendre du galon. Le cas de GM qui, via son centre technique de Shanghai, élabore et teste des prototypes de batteries en collaborant avec des fabricants de cellules chinois montre en tout cas que les actifs technologiques ne sont plus détenus dans leur intégralité par les grands constructeurs historiques.

A lire également

La PPE : Pourquoi Pas moins d'Energie carbonée pour nous déplacer ?

Le 07/12/2016

La loi de Programmation Pluriannuelle de l'Energie est un exercice de transcription en droit français des engagements, ambitions et outils au service d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). La PPE coordonne la politique française sur les questions d'énergie avec les Accords de Paris et autres engagements européens.

Revue de presse Véhicules & Mobilités du 06/12/16

Le 06/12/2016

Transports publics ; Open Data ; PSA ; IHM ; Recharge électrique ; Véhicules Hors d'Usage ; Allemagne ; Méga camions ; Bretagne

Revue de presse Véhicules & Mobilités du 29/11/16

Le 29/11/2016

Réseau routier ; Royaume-Uni ; Véhicule connecté ; Voiture autonome ; Logistique dernier kilomètre ; Voiture électrique ; Chine ; Citroën ; Facebook