Pourquoi Google s’intéresse aux voitures ?

Le 31 août 2012

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Nous connaissons tous les voitures de Google Street View qui prennent en photos les routes et rues du monde entier, afin d’alimenter la Google Map, mais depuis 2 ans le géant américain a mis en circulation des drôles de voitures « sans conducteur ». Où en est le projet « Google car », et pourquoi automatiser la conduite ?

En 2010,  la célèbre société californienne lance un programme de voiture sans pilote. Il s’agit d’une flotte d’une dizaine de voitures (Toyota Prius et Audi TT) bourrées d’électronique (radars, capteurs, télémètre, caméras, GPS) qui a déjà parcouru plus de 480 000 km en Californie, sans accident. A vrai dire, ces automobiles ne sont pas tout à fait « sans conducteur », car aujourd’hui, il n’est pas encore légalement permis de s’en passer. Google a l’obligation d’avoir 2 ingénieurs par voiture, pour reprendre la main sur la conduite en cas de problème. L’autorisation pour passer à un seul ingénieur ne devrait pas tarder.  Pour l'instant, les voitures ne peuvent techniquement circuler que sur des parcours déjà « scannés » par Google Street View. Depuis le printemps dernier, l’État voisin du Nevada vient à son tour de faire passer une loi permettant aux Google Cars de circuler sur son territoire, ce qui va permettre de continuer d’engranger les kilomètres tests. La commercialisation du kit « Google car » ne se fera qu’après plusieurs millions de miles effectués sans problèmes. Google imagine un avenir où nous pourrions, au moment de l’achat d’une voiture, choisir une option  « sans conducteur » intégrant la possibilité de lâcher le volant, mais pourquoi pas d’autres services Google en terme d’accès au web.

Eric Schmidt, le directeur de la firme de Mountain View affirme que si l’un des obstacles au déploiement des voitures auto-conduites est l’acceptation des passagers à se laisser conduire par de l’électronique, le principal problème actuel est d’intégrer une Google car qui respecte les limitations de vitesse à la lettre dans un flux de voitures qui, pour la plupart, les dépasse.

La Google Car en action

Google a récemment pris contact avec de nombreux constructeurs automobiles pour envisager un déploiement de son système, notamment des fabricants asiatiques et européens car il semble que les constructeurs américains aient des projets concurrents (General Motors croit à un développement de ce type d’automobile pour 2020). La société n’envisage pas de devenir un constructeur automobile supplémentaire, ni un fabricant de capteurs, mais souhaite développer une série de logiciels capables de piloter automatiquement toutes voitures dans un maximum de conditions de circulation. Google a déjà déposé une centaine de brevets dans le domaine de l’automobile dont 15 en partenariat avec IBM.

Les arguments présentés par Google pour « vendre » son projet sont de 2 ordres. Le premier est environnemental : en effet il est maintenant reconnu qu’une voiture pilotée par un système expert gère mieux sa consommation d’énergie qu’un conducteur humain; de plus l’augmentation de ce type de conduite devrait permettre de réduire fortement les embouteillages. L’autre argument est sécuritaire : Google assure que si l’on généralise ce type de transport sur la planète, ce système pourrait sauver 600 000 vies par an sur les 1,2 millions de morts dus aux accidents de la route.

Mais le premier objectif de Google est de permettre à des millions d’automobilistes de pouvoir passer en « mode sans conducteur » lors des embouteillages libérant ainsi des millions d’heures de cerveaux qui pourront alors téléphoner ou surfer sur le Web et retrouver ainsi les services de leur moteur de recherche préféré.

Avant d’arriver à une voiture sans conducteur, de nombreuses étapes vont être franchies dans les années à venir notamment dans l’assistance à la conduite (voir notre article récent sur le développement de l'aide à la conduite). Sur ce terrain, la filière électronique et automobile ont sans doute des cartes à jouer. En Bretagne, nous suivrons notamment avec attention le projet «Eco Solar breizh » (labellisé par le pôle de compétitivité ID4car) qui présentera au World Solar Challenge 2013 (en Australie) une voiture solaire dont la vitesse (et donc la consommation d’énergie) sera automatiquement gérée par un logiciel pour régler au plus juste le rapport puissance/consommation.

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