L'impression 3D : une révolution en marche

Le 03 septembre 2012

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Une nouvelle technologie de production additive est apparue il y a peu et promet déjà de déclencher une révolution sans précédent depuis la création des chaînes d’assemblage. En effet, l’impression 3D suscite de plus en plus l’intérêt des professionnels comme des particuliers et menace d’impacter l’organisation même du secteur logistique.

Qu’est-ce que l’impression 3D ?

 

L’impression tridimensionnelle a été développée à l’origine pour la fabrication rapide de prototypes. C’est une technique qui, à partir d’un fichier CAO (objet 3D créé par ordinateur), permet de reproduire l’objet dans la réalité en le découpant en tranches, puis en déposant ou en solidifiant de la matière (plastique, céramique, poudre métallique…) couche par couche. C’est l’empilement de ces couches qui crée le volume. Le principe de l’imprimante 3D est donc assez proche de celui d'une imprimante 2D classique.

L’utilité d’un tel procédé pour le prototypage est évidente. La production de masse est certes efficace pour les économies d’échelle, mais loin d’être rentable quand il s’agit de travaux exceptionnels ou de prototypes.

L’impression 3D pallie à ce problème en reproduisant l’objet à l’identique et en permettant l’impression de versions modifiées ou révisées tout aussi aisément. Le coût associé à l’outillage est donc le même, quel que soit le nombre d’objets uniques produit. La manière dont chaque produit est réalisé individuellement fait de l’impression 3D un outil idéal pour les techniques de personnalisation de masse. Les consommateurs devraient avoir ainsi plus de choix sur le format final du produit qu’ils achètent.

 

L’impression 3D, une révolution ?

 

production de masseIl y a une grande différence entre la production de masse et le prototypage. Néanmoins, en théorie, il n’y a aucune raison pour que des avancées dans cette technologie ne puissent pas augmenter la vitesse de production et réduire les coûts unitaires. Si cela devait arriver, les changements dans le secteur manufacturier pourraient être conséquents.

Par exemple, l'impression 3D est très utile pour produire des biens (mêmes amovibles) qui auraient demandé en temps normal l'assemblage de multiples composants. En éliminant la phase d'assemblage, les fabricants feraient d'énormes économies en termes de main-d'oeuvre, mais cela pourrait également permettre la suppression des frais de stockage, de manutention et de distribution nécessaires pour rassembler les différents composants.

Cette technologie permettrait aussi de rééquilibrer les coûts de la chaîne d'approvisionnement. Une baisse des coûts, et plus particulièrement celui de la main-d'oeuvre, mettrait un terme à la logique de décentralisation des entreprises, notamment avec la hausse constante des coûts de transport. Les installations de fabrication pourraient alors être positionnées près des consommateurs.

Couplée avec des procédés efficaces de fabrication, l’impression 3D pourrait révolutionner les principes établis depuis la 1ère révolution industrielle. Non seulement les sites de production locaux pourront être relocalisés à proximité des zones de vente, mais la flexibilité de la production (reconfiguration des outils), poussée par la forte variabilité des demandes des clients, s’en trouvera renforcée. La nouvelle organisation qui en découlera sera bien différente des anciens modèles de production, dans lesquels le réoutillage ou les modifications des usines de production (afin de produire de nouveaux modèles) mettaient des mois, voire des années.

 

Quel impact sur le secteur de la logistique ?

 

L’impact de cette nouvelle technologie sur le secteur de la logistique serait important :

 

  • Une partie des biens produits auparavant en Chine ou dans d’autres pays asiatiques pourrait désormais l’être en Europe, et donc entraîner une baisse des volumes de marchandises à transporter.
    Le niveau élevé de personnalisation des produits aurait pour conséquence une baisse des niveaux de stocks. Les produits étant fabriqués à la demande, une réduction des besoins d’entreposage s’imposerait.

 

  • Les opportunités pour les prestataires de services logistiques de s’impliquer dans la chaîne d’approvisionnement en amont des entreprises se feront plus rares, étant donné que les différentes productions auront tendance à être regroupées dans une seule installation.

 

  • La logistique en aval s’en trouverait aussi affectée. La « production à la demande » pourrait impacter significativement la relation entre fabricants et distributeurs. Dans certains secteurs, les distributeurs pourraient soit cesser d’exister soit devenir de simples vitrines pour les produits des fabricants, n’ayant eux-mêmes aucun stock en leur possession. Les commandes seraient alors directement prises en charge par le fabricant, et livrées au domicile du consommateur.

 

  • Un nouveau service pourrait faire son apparition dans le secteur de la logistique : l’entreposage et le transport des matières premières nécessaires aux imprimantes 3D pour la création des produits. De plus, le prix de ces imprimantes devenant de plus en plus abordable pour le grand public, la livraison de ces matières premières à domicile se développerait.

 

  • Un autre service impacté serait celui de la logistique des pièces de rechange. Aujourd’hui, de grosses quantités de pièces de rechanges sont produites pour les chaînes logistiques afin de permettre une réparation rapide des machines en cas de besoin. L’utilité pour un service d’ingénierie de pouvoir télécharger le design d’une pièce de rechange via une librairie virtuelle, de l’imprimer en 3D et de pouvoir l’utiliser rapidement, est flagrante : l’entreposage de ces pièces et leurs centrales de distribution deviendraient alors inutiles pour répondre aux besoins des clients.


Une telle révolution entraînerait par la même occasion l’émergence d’un nouveau type d’intervenants ressemblant aux prestataires 4PL (fourth party logistics) et proposant développement d’applications informatiques, services de livraison, gestion des relations entre partenaires et gestion des contrats.

Cela représente une opportunité pour les acteurs majeurs de l’industrie qui disposent des ressources suffisantes pour développer et proposer ces types de service, car la logistique des pièces de rechange risque soit d’être profondément transformée soit d’être décimée par ce nouveau type de fabrication 3D.

 

Néanmoins, pour que cette nouvelle technologie puisse transformer significativement l’industrie, il faut qu’elle soit capable de produire des biens en quantités égales ou supérieures aux modèles classiques de fabrication. Bien que la faisabilité d’une telle prouesse soit encore en discussion, elle n’est cependant plus au stade de la science-fiction. Sa capacité à créer des pièces légères mais solides a déjà été repérée par l’industrie aéronautique, automobile et des télécoms. On estime qu’environ 30% des produits finis en 2012 ont eu recours à une sorte d’impression tridimensionnelle, et que d’ici 2016 et 2020, ces estimations pourraient atteindre respectivement 50 et 80%.

Crédits photos : © endostock - Fotolia.com

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