La révolution de la flotte logistique : rapidité, propreté, rentabilité

Le 06 juillet 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Entamée au milieu des années 2000 avec l'explosion du prix du pétrole, la flotte logistique "fait sa révolution" : nouvelles énergies, nouveaux vecteurs de transport et autres innovations sont au rendez vous au tournant des années 2010 et pour le futur.

Apparu voici une dizaine d'années suite à l'explosion du prix du pétrole, le recours aux énergies alternatives et aux nouveaux modes de mobilité commence à entrer dans les stratégies des entreprises. Devenue priorité au milieu des années 2000, la recherche d’alternatives crédibles et fiables pour les flottes logistiques a débouché au tournant des années 2010 sur une révolution technologique. Quelles sont ces différentes nouveautés ? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

 Les nouvelles énergies de la flotte logistique

 

Le tout électrique devenu réalité à l’échelle du dernier kilomètre

Alors que l’autonomie très faible des premiers véhicules électriques en faisait des "bêtes de laboratoires" plutôt que des machines capables d’affronter le défi du dernier kilomètre, les récentes évolutions technologiques permettent à un véhicule comme le Renault Maxity de disposer d’une autonomie de 100 km. Cette performance étant largement suffisante pour une tournée de livraison en ville, son utilisation devient donc envisageable de manière réaliste. Son prix reste par contre entre 1,5 et deux fois plus élevé que celui de ses homologues diesel, le coût du dernier tronçon est alors 25% plus élevé.

Rédhibitoire ? Loin de là, au vu des nombreux avantages offerts par ce nouveau mode énergétique, et des solutions qu’il offre pour limiter cet écart de coût. Plus cher à l’achat, le véhicule électrique utilise une énergie moins onéreuse. Ainsi, plus il roule, plus l’écart avec un véhicule diesel se resserre. Des solutions de mutualisation et de partage de véhicules entre plusieurs entreprises prennent alors tout leur sens; ainsi, un Maxity qui roulerait la nuit pour distribuer des journaux et le jour pour des livraisons express aurait son mot à dire.

Le faible niveau de nuisance sonore du véhicule électrique peut aussi être traduit en termes économiques. Alors qu’un véhicule de livraison conventionnel est soumis à de nombreuses restrictions en milieu urbain, le moteur électrique - silencieux par définition - peut par exemple être utilisé sans nuisance de nuit. Roulant dans des rues sans trafic, il réalise un travail plus efficace car plus rapide.

Si l’on ajoute à cela les prochaines normes qui feront « payer celui qui pollue », la très probable augmentation du prix du pétrole, et l’immense marge d’amélioration des batteries et moteurs électriques, cette nouvelle filière énergétique constitue un véritable investissement d’avenir.

Le gaz pour le transport longue distance

Là encore, l’équation gaz / diesel est encore la même que pour l’électrique : plus cher à l’achat, moins coûteux à l’utilisation et moins polluant. Il est plus bruyant mais plus autonome (1000 km) que le moteur électrique, et est donc adapté aux longues distances. Volvo a par exemple développé la technologie Dual Fuel, qui utilise un mélange de diesel et de gaz, sur un modèle classique. Ainsi, le surcoût à l’achat est faible, alors que le prix du carburant est jusqu’à 30% inférieur, et les rejets de Co² 20% moins élevés. De plus en plus répandu aux USA, où les distances sont très importantes, il est appelé à se développer en France et en Europe. C’est une très bonne solution sur le moyen-terme entre le diesel et des modes encore plus alternatifs.

 

Les nouveaux véhicules

A côté des énergies alternatives, d'autres innovations ont permis de créer de nouveaux vecteurs logistiques, pour la supply-chain propre et efficace du 21ème siècle

Le vélo, rapidité et propreté.

D’abord développée par les coursiers dans les grandes avenues saturées de New-York, où il est plus rapide que n’importe quel autre mode de livraison, l'utilisation du "vélo de livraison" s’est accélérée en l’Europe. Avec ou sans assistance électrique, il se répand de plus en plus sous la forme des triporteurs, engins qui permettent de transporter plusieurs dizaines kilos de marchandises  quelle que soit l’heure de la journée. En effet, leur petite taille leur permet de passer partout, sans avoir à observer les restrictions de circulation imposées aux véhicules à moteur.

Le coût d'achat des modèles à assistance électrique reste certes assez élevé mais, comme pour les camions, le différentiel de coût de l’énergie plaide en sa faveur. Ainsi, différentes entreprises se sont récemment mises d’accord pour optimiser la rentabilisation de ces matériels, certaines les utilisant la nuit et d'autres le jour.

 

La flexibilité du MaxiCargo

Elaboré à partir d’un 3,5T à remorque séparable, le MaxiCargo permet au tracteur d’effecteur d’autres activités pendant le chargement -déchargement, afin d'optimiser le temps de travail. Il s'agit là d'un autre type d'innovation, d'utilisation simple et efficace, qui montre le potentiel d’amélioration de la flotte logistique dans différentes directions.
Maxocargo innove dans le véhicule utilitaire

Le pari de l’automatisation

L’étude menée par le cabinet PWC sur l’évolution jusqu’à 2030 de la supply chain met en évidence la forte augmentation à venir de l’automatisation de la flotte logistique. Des véhicules capables de se déplacer en permanence, sans contraintes humaines et sans erreur, les auteurs de l’étude en rêvent. Ils s’appuient sur l’expérience CargoCap menée en Allemagne, sorte de métro automatique (type VAL) dédié aux seules marchandises.

La révolution est double, à la fois par la création d’un nouveau vecteur de livraison, affranchi des contraintes urbaines puisque souterrain, et automatique. Comme beaucoup de modes innovants et alternatifs, le coût de ce type de solution constitue encore une contrainte forte aujourd'hui; mais qu’en sera-t-il dans 10 ans, compte tenu des nombreux avantages bénéfices offerts par cette solutions à des villes totalement engorgées en surface?

A lire également

L'usine du futur propulse la supply chain au premier plan

Le 18/09/2015

Dans la smart factory, l’usine 4.0 ou l’usine du futur, les opérateurs, les machines, les produits, les chaînes et les sites de production communiquent et interagissent entre eux. Et le chef d’orchestre de tous ces échanges n’est autre que la supply chain.

Retrouvez l'atelier "Le territoire, levier de la transition écologique et énergétique

Le 10/09/2015

Le troisième atelier "transition énergétique" de l'année 2015 a eu lieu le 10 septembre 2015 à la CCI Rennes de 8H30 à 12H00.
regardez en différé la vidéo et retrouvez les présentations.

La logistique au cœur de la compétitivité française

Le 10/09/2015

Le gouvernement a décidé de prendre les choses en main en concertant les acteurs de la logistique pour nouer le lien et bâtir une politique commune et partagée pour que la logistique française de demain devienne un levier de compétitivité pour les entreprises françaises.