Croissance du véhicule d’entreprise et de flotte : des conditions favorables au développement de l’hybride

Le 28 juin 2012

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Une croissance des flottes et des véhicules d’entreprises qui devrait se poursuivre

Si l’achat de véhicules a longtemps été trusté par les particuliers, les années 2000 ont vu l’écart se resserrer au profit du véhicule d’entreprise, grâce à une réglementation plus favorable pour le véhicule de fonction. En 2008, la crise et les mesures de soutien à la filière automobile qui en ont découlé ont nuancé cette tendance avec des particuliers qui ont anticipé leurs achats de véhicules neufs alors que dans le même temps, les entreprises gelaient leurs investissements.

Depuis la fin de ces mesures, les immatriculations de véhicules particuliers se rééquilibrent peu à peu au profit des entreprises. Le contexte économique difficile couplé au prix des carburants qui restent élevés tendent à modifier durablement le rapport du particulier vis-à-vis de son véhicule. Aujourd’hui, baisse du pouvoir d’achat et remise en cause de la notion de propriété au profit de la multimodalité aboutissent, en Europe de l’ouest, à une chute des ventes de véhicules neufs auprès des particuliers.

Pour le véhicule particulier d’entreprise, le contexte est différent. Même si la situation économique est incertaine, la voiture reste encore aujourd’hui un outil très utilisé en entreprise pour répondre aux besoins de mobilité des collaborateurs. Le véhicule de fonction constitue aussi bien souvent un avantage en nature auquel ces mêmes collaborateurs ne sont pas encore prêts à renoncer.

D’après l’OVE, (Observatoire du Véhicule d’Entreprise), la part des particuliers dans les immatriculations de VP se situait en 2011 à 59% ; et devrait, en cas de stabilité fiscale, et, compte-tenu des éléments que nous venons d’évoquer, continuer à baisser au profit des flottes d’entreprises.

Dans cette mouvance, la part de la location longue durée (LDD) en entreprise devrait elle aussi poursuivre son expansion. Pour les entreprises, l’heure est en effet au recentrage sur le cœur de métier et à l’externalisation des services « annexes ».

Une fiscalité favorable à l’hybride et aux véhicules électriques

La taxe sur les véhicules de société (TVS) s’applique sur le véhicule particulier en entreprise. Elle se calcule en fonction du taux d’émission de CO2 pour les véhicules mis en service après juin 2002. La nouvelle TVS 2012, applicable depuis le 1er octobre 2011, apporte une évolution majeure :

L’exonération de TVS pendant 8 trimestres de tout véhicule combinant énergie électrique et motorisation thermique et émettant moins de 110gCO2/km.

Cette exonération s’ajoute à celle déjà en vigueur et cette fois sans limite dans le temps, pour les véhicules émettant moins de 50g de CO2/km qui concerne pour l’heure uniquement le véhicule électrique.

Afin de bien avoir en tête l’effet de levier que peut constituer cette évolution, le tableau ci-dessous précise le barème applicable pour les véhicules particuliers d’entreprise :

 

Taux d'émissions CO2

(en gCO2/km)

Tarif applicable

par gCO2/an

0 < Taux d'émissions < 500
50 < Taux d'émissions < 100
2 euros
100 < Taux d'émissions < 1204 euros
120 < Taux d'émissions < 1405,50 euros
140 < Taux d'émissions < 16011,50 euros
160 < Taux d'émissions < 20018 euros
200 < Taux d'émissions < 25021,50 euros
Taux d'émissions < 25027 euros

Tableau : Tarifs TVS 2012 en fontion du taux d'émission du véhicule

 

Même si ce nouveau barème de TVS ne suffit pas à gommer l’écart de prix encore important pour la plupart des modèles entre thermique et hybride, son rôle clairement incitatif pourrait, cumulé à d’autres facteurs plus subjectifs, favoriser le développement de l’hybride en entreprise.

A titre d’exemple, la TVS pour le Peugeot 3008 thermique modèle diesel de base (130g/CO2/km) est de 715 euros/an. Celle pour le Peugeot 3008 thermique, modèle comparable à sa version hybride (HDI, 163ch, 169g/CO2/km) est de 3042 euros/an, soit 9126 euros sur 3 ans ! Pour son homologue hybride qui émet 104gCO2/km, la TVS sur 3 ans s’élève à 416 euros. Soit 8710 euros d’écart pour une motorisation similaire ! Dans un contexte où l’effort de R&D des constructeurs en faveur de l’hybride s’intensifie et où des modèles plus compacts avec un surcoût négligeable comme la Toyota Yaris apparaissent, la différence de TVS pourrait à moyen terme ramener thermique et hybride à un niveau de prix comparable.

Dès lors, la « bonne conscience » environnementale que porte la motorisation hybride, pourrait achever le travail et nous pourrions assister à une démocratisation de l’hybride dans les flottes d’entreprises.

L'hybride en entreprise : une démocratisation annoncée

La dernière enquête prospective de l’OVE sur les flottes d’entreprises en France (2011) avance des parts de marché en forte augmentation pour le véhicule hybride dans les flottes d’entreprises. En 2015, l’hybride devrait représenter 25% du parc français des véhicules d’entreprises avec 5% d’hybrides essence et 21% d’hybrides diesel, sachant que le parc actuel est constitué de 1% d’hybrides. Le véhicule électrique quant à lui devrait représenter 4% du parc en 2015.

Outre l’avantage fiscal lié à la TVS 2012, l’hybride peut également compter sur sa bonne image en entreprise. Avec son étiquette « mobilité durable » et son autonomie importante, il apparait très adapté aux besoins de nombreux collaborateurs. Autre argument qui sans doute explique l’écart entre véhicules électriques et hybrides dans les prévisions de l’OVE : la valeur résiduelle. Contrairement aux véhicules électriques, les loueurs longue durée, dont la rentabilité dépend de la revente des véhicules loués, ont déjà un certain recul sur la valeur résiduelle du véhicule hybride. Ces derniers qui drainent désormais plus de 50% des flux d’immatriculations en entreprises, ne manqueront pas de relayer les avantages de cette motorisation en les traduisant en TCO auprès de leurs clients. Ils devraient ainsi largement participer à la démocratisation de l’hybride en entreprise.

 

Dans un marché automobile européen en berne, les flottes d’entreprises devraient représenter une part importante des achats de véhicules particuliers neufs au cours des 3 prochaines années. Dans ce contexte, les conditions semblent réunies pour voir le véhicule hybride se démocratiser dans les flottes. Outre une TVS 2012 avantageuse, ce dernier dispose de nombreux arguments pour faire pencher la balance en sa faveur.


Crédit photo : © arsdigital - Fotolia.com

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