Les circuits courts alimentaires de proximité : l'avis de l'ADEME

Le 21 juin 2012

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En réponse à une demande grandissante des consommateurs d'une production plus locale, la vente de produits alimentaires en circuit court de proximité se développe progressivement. L'ADEME vient de publier un avis pour éclairer l'impact environnemental des circuits courts.

Le Ministère de l'Agriculture a présenté, en 2009, un plan de soutien aux circuits courts. Ce plan a pour objectif de développer la part des produits de saison et de proximité dans les achats alimentaires dans l'intérêt des consommateurs mais aussi des agriculteurs. En effet, les circuits courts alimentaires de proximité représentent des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Bien que ce dernier aspect reste mal connu et difficile à évaluer.

D'abord, qu'entend-on par circuits courts alimentaires de proximité ?

Cette notion recouvre deux aspects :

  • Circuits courts : circuits de vente directe ou avec un seul intermédiaire,
  • Circuits de proximité : distance limitée (inférieure à 150 kms) entre le lieu de production et celui de consommation.

En réalité, ce mode de distribution englobe une importante diversité de circuits de commercialisation dont voici quelques exemples :

  • Vente directe à la ferme et sur les marchés,
  • Points de vente collectifs, paniers et AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne),
  •  Vente en tournée, au domicile ou avec un point relais de livraison (lieu de travail par exemple),
  • Restauration hors domicile :

          Restauration collective faisant appel à des fournisseurs locaux,

          Restauration traditionnelle en approvisionnement direct,

  • Commerces de proximité, grand distribution ayant développé un partenariat avec de petits producteurs,
  • Vente à distance (commandes groupées sur internet et tournées de producteurs).

 

En 2010, d'après l'ADEME, 21 % des exploitations françaises vendaient en circuits courts. Ramené à l'échelle de la Bretagne, cela représente 3 600 exploitations. Du point de vue de la consommation, l'étude "Agriculteurs -> Consommateurs, choisir ses modes de vente en circuits courts" publiée par la Chambre d'Agriculture Bretagne indique que 6 à 7 % des achats alimentaires français se font en circuits courts via :

  • Les marchés : 35 %
  • La vente à la ferme : 20 %
  • Les GMS : 18 %
  • Les autres magasins (bio, magasins de producteurs, petits commerces) : 12 %
  • Autres circuits : 15 %.

Enfin selon une étude FRCIVAM Bretagne (Fédération Régionale des Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural) sur le territoire de Rennes Métropole, 268 emplois sont induits par la commercialisation de produits alimentaires de proximité.

Beaucoup de consommateurs optent pour un achat en vente directe en pensant que c'est un achat local donc forcément mieux pour l'environnement. Pourtant un achat sur un marché n'est pas forcément un achat de proximité. Certains produits peuvent provenir de marchés de gros et être importés de l'autre bout du monde. A l'inverse, la grande distribution peut proposer des produits locaux suite à un partenariat avec des producteurs.

L'ADEME passe les circuits courts au crible de l'environnement

Le lien entre circuits courts et environnement n'est donc pas si évident. Selon l'ADEME, il faut étudier l'ensemble du cycle de vie de l'aliment (production, transformation, conditionnement, transport, etc). A cela s'ajoute les impacts énergétiques, climatiques et les impacts sur l'eau et la biodiversité. Aujourd'hui, peu d'études compactent ces données.

Les circuits courts présentent plusieurs points forts qui méritent d'être mis en avant :

  • La soumission des productions françaises aux règlementations nationales et européennes qui sont parmi les plus exigeantes au monde,
  • Une agriculture périurbaine maintenue peut limiter l'étalement urbain et ainsi préserver la qualité de sols fertiles,
  • La recherche d'une certaine autonomie alimentaire, en produisant localement une partie des besoins, sécurise les approvisionnements, soutien l'économie locale et évite la délocalisation des impacts (réduction des déchets car peu de conditionnement et d'emballages).

Mais il existe aussi de nombreux points de vigilance :

  • La plupart des exploitations pratiquant les circuits courts sont de petite taille et sont inscrites dans des logiques proches de l'agriculture biologique, certaines mêmes sont labellisées bio. De ce fait, elles sont souvent moins productives qu'une exploitation plus intensive qui elle aura mieux optimisé les intrants rapportés à la tonne de matière produite.
  • Le respect de la saisonnalité des produits est aussi important. Ainsi, des aliments produits localement hors saison sous serre consommeront plus d'énergie et rejetteront plus de gaz à effet de serre que des produits importés cultivés en plein air (même en incluant le transport).
  • Quant au transport, grand producteur de CO2, il nécessite une bonne logistique. Ainsi un transport de marchandises optimisé sur de grandes distances s'avère plus respectueux de l'environnement que des petits trajets effectués dans des camionnettes peu remplies et revenant à vide. Pour sa part, le consommateur peut être amené à se déplacer davantage en cas de dispersion des points de vente. Il apparaît donc nécessaire d'organiser la distribution au plus près du client final - livraison de panier sur le lieu de travail, regroupement des points de distribution (sur un marché ou dans des points de vente collectifs) - afin de proposer une offre large sur un unique point de vente.

En résumé, la diversité des circuits courts de proximité et le manque d'études sur le sujet ne permettent pas d'affirmer qu'ils présentent systématiquement un meilleur bilan environnemental que les circuits longs.

Plus de proximité ne signifie pas nécessairement moins d'émissions de gaz à effet de serre si les moyens de transport sont inadaptés, si la logistique est insuffisamment optimisée.

Selon l'ADEME, les circuits courts de proximité doivent permettre de répondre autant que possible localement à une partie des besoins alimentaires de la population d'un territoire et sont, en ce sens, complémentaires des circuits longs.

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