La lente évolution des pratiques de mobilité des Français

Le 26 juin 2012

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
L’Observatoire des mobilités et des arbitrages automobiles (OMA) du BIPE, une société d'études économiques et de conseil en stratégie qui étudie le comportement des ménages, publie en mai 2012 une étude démontrant qu' "acheter et posséder une voiture n'est plus une nécessité pour bon nombre de français".

Selon l'étude publiée par l'OMA du BIPE, des changements sont en train de s'opérer actuellement... Les français délaissent progressivement l'usage de la voiture au profit d'une mobilité plus économique et plus écologique.

Budget transport sous contrainte et arbitrage des ménages

Image BIPE

Depuis 1995, la part du budget transport des ménages dans leur budget global s'est stabilisé autour de 14,5%. Les économistes considèrent en effet que le budget transport des ménages fait partie des dépenses arbitrables, face à des dépenses contraintes en augmentation (dont le logement) et à des dépenses de loisir qui reste stablent. Il en résulte des arbitrages des ménages pour contenir ce budget dans un contexte tendanciel de hausse du coût d’utilisation des véhicules particuliers. La lecture de l'évolution du coefficient budgétaire et son interprétation via des calculs de pourcentages donnent quelqu'unes de ces tendances de fond : 

  • Un premier constat : le coût lié à l’automobile est largement prépondérant dans le budget transport des ménages. En 2011, le budget global automobile capte près de 83 % des dépenses.
  • A l’intérieur du budget automobile, le budget lié à l’utilisation de l’automobile (dépenses d’entretien, de carburant…) est prépondérant et a tendance à augmenter. En 2011, près des ¾ des dépenses (72,5% exactement) pour l’automobile sont liées à son utilisation, le reste pour le poste achat du véhicule. Cette proportion a augmenté depuis 2000 puisqu’à cette époque les dépenses d’utilisation ne représentaient que 63%.
  • La contrepartie est une réduction importante du poste achat qui passe de presque 5 % du budget total en 2000 à un peu plus de 3% en 2011. Au fur et à mesure que les coûts d’entretien augmentent, les ménages compensent par la réduction du poste achat (conservation du véhicule ancien, achat de véhicule d’occasion, achat de véhicule plus petit et moins cher en entretien).

Ce n'est pas tout. Afin de compenser la tendance à l'augmentation du coût d'utilisation de l'automobile, les ménages font évoluer leurs pratiques. Selon l'étude de l'OMA du BIPE, près de la moitié des automobilistes (45%) aurait décidé de faire évoluer leur comportement d'usage. Les ménages arbitrent également en baissant de manière significative les déplacements en voiture qui sont passés de 76% en 2010 à 72% en 2012, soit une baisse de 4 points en 2 ans. La hausse du prix du carburant a entraîné une forte chute de l'utilisation de la voiture. Sur les 1500 individus interrogés, 11% affirment qu'ils utiliseront de moins en moins leurs voitures personnelles dans les 6 mois à venir, 11% utiliseront plus souvent les transports collectifs et 13% le vélo.

Selon l'étude, trois indicateurs phares de l'automobile sont en déclin de manière simultanée aujourd'hui "des achats en baisse, des parts modales qui chutent et des kilométrages annuels par véhicule qui au mieux stagnent (12600 km par voiture en 2011)".

 

L'usage de la voiture en forte baisse : L'exemple de Rennes Métropole

Mobilité Rennes métropole

Source : Rennes Métropole

L'utilisation de la voiture n'est plus une nécessité dans les grandes villes puisque la part de la voiture est en déclin au profit des transports en commun et des modes doux (vélo) qui augmente de manière importante. En effet, comme on peut le voir sur le graphique, à Rennes entre 2000 et 2007, l'utilisation de la voiture diminue de 59% à 55% au profit de l'utilisation du vélo (de 3 à 4%) et des transports en commun. Dans les grandes agglomération, les usagers optent de plus en plus pour des modes alternatifs de transport. Selon l'OMA, à Paris, Lyon, Marseille ou Strasbourg, plus d'un déplacement sur deux se feraient désormais sans voiture.

Cependant, même si l'usage de l'automobile tend à diminuer dans les zones à forte densité la place de la voiture reste tout de même importante dans les zones urbaines et péri-urbaines. D'après l'étude de l'OMA, 93% des automobilistes déclarent ne pas avoir d'alternative dans les zones urbaines et péri-urbaines. Or, il est important de souligner que ce sont également dans ces zones que l'on retrouve le plus grand nombre de "précaires énergétiques".

 

Crédit photo : © Ainoa - Fotolia.com

A lire également

Concours Crisalide Numérique : les mobilités bien représentées !

Le 13/10/2017

Le concours Crisalide Numérique a pour objectif d’identifier des entreprises bretonnes qui ont su se développer ou se différencier en intégrant des usages innovants du numérique dans leur organisation et sur leurs marchés; et de valoriser ces usages exemplaires auprès des entreprises bretonnes et des acteurs du territoire.

Quel cerveau pour la voiture du futur ? [par l'Atelier]

Le 29/09/2017

[Extrait de l'article initialement paru sur l'Atelier] La voiture de demain sera non polluante, ultra-communicante et autonome. Mais pour libérer le conducteur de toute tâche de conduite, celle-ci devra disposer d'une puissance de calcul conséquente. Une rupture technologique pour les constructeurs automobiles et leurs équipementiers.

La technologie diesel est-t-elle encore un avenir pour l'automobile ?

Le 22/09/2017

Depuis la déclaration de l'OMS en 2012 sur la nature cancérigène des polluants du diesel, les constructeurs ont accéléré le développement du "diesel propre" sans pouvoir inverser la tendance forte de baisse des ventes et dans un discours devenu bien difficile à entendre dans le contexte du dieselgate.