Viande : « Il devient impératif de lutter contre les différentes attaques dont est victime la filière ».

Le 18 juin 2012

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Cible de nombreuses attaques de la part de lobbies environnementaux et nutritionnels, attaques largement relayées par les médias, la filière viande réagit. Le SNIV-SNCP a livré ses réponses par voie de presse ; le Congrès mondial de la viande a été l’occasion pour les acteurs de mettre en lumière les arguments de la filière.

« La viande et l’élevage sont accusés, offrons-leur enfin un procès équitable », ont avancé les organisateurs du 19ème congrès mondial de la viande.
Les objectifs de la filière ? Entre autres, tenter de comprendre ce que l’on reproche à la viande et rétablir leur vérité afin de convaincre les décideurs, les médias et le grand public que l’activité de la filière viande est socialement responsable et répond aux besoins des consommateurs.

 

Impact environnemental : du bon et/ou du mauvais ?

L'élevage, en particulier bovin, ovin et caprin extensifs, contribue :

  • à la préservation de la biodiversité naturelle,
  • à l'entretien du territoire,
  • à la préservation des prairies et donc à la lutte contre le changement climatique,
  • au maintien de la biodiversité.

En parallèle, certains types d'élevages auraient un impact néfaste sur l’environnement, en particulier sur la qualité de l'eau, sur le bilan carbone ou sur les problématiques liées aux changements d'affectation des terres.

Il apparait que les impacts négatifs soient bien plus relayés par la presse. Et ces critiques, souvent basées sur des études contestables ou incomplètes selon les acteurs de la filière, influeraient malencontreusement les décideurs politiques.  

Quelles réponses apportent les professionnels ?

Selon le SNIV SNCP, lutter contre les idées fausses sur la viande devient un impératif.

« Lutter contre les idées fausses sur la viande devient un impératif, quitte à aller en justice », ont averti les industriels du secteur.

Dans sa Lettre n°12, le SNIV-SNCP livrait son analyse : la filière viande est aujourd’hui insuffisamment mobilisée pour défendre son image et son statut. L’ensemble des médias, guidés par des  activistes anti-viande, anti-spécistes, anti-élevage, anti-industriels, anti-grande distribution, multiplient les attaques contre la filière. Et malheureusement, les effets de ces attaques se font maintenant ressentir sur la consommation avec une baisse à 2 chiffres chez les jeunes générations.

Le SNIV-SNCP le fait valoir par voie de presse :  « Parce que trop, c'est trop, parce que les propos mensongers et diffamatoires relayés sans cesse ne sont pas tolérables au regard du droit à l'information, les entreprises françaises des viandes adoptent une nouvelle stratégie offensive qui permettra de rétablir, y compris par voie contentieuse, une juste vérité sur la production et la consommation des viandes en France. »

Le syndicat conteste que les Français soient de « gros » mangeurs de viande, que la viande soit « imposée » dans les cantines, que les animaux d'élevage « détruisent » la planète, ou que la consommation de viande pénalise l'espérance de vie. Selon lui, la viande est au contraire une « composante nutritionnelle importante, source de protéines essentielles à la construction et à l'équilibre quotidien ».

Congrès mondial de la viande : un monde sans viande : une absurdité ! selon René Laporte et Pascal Mainsant.

Attaques anti-viande 2

 

A ceux qui préconisent la réduction voire l’abandon de la consommation de viande, René Laporte et Pascal Mainsant, auteurs d’un ouvrage « La viande voit rouge », ont présenté leurs arguments lors du Congrès mondial de la viande.

René Laporte et Pascal Mainsant sont tous deux ingénieurs agronomes, zootechniciens et économistes.

 

 

 

Comment légitimer l’élevage face aux attaques du front anti-viande ? (René LAPORTE)


Le front anti-viande accuse :

  • l’élevage moderne de faire souffrir les animaux et de détruire la planète via l’émission de gaz à effet de serre,
  • l'élevage d’affamer l’humanité : il serait responsable du gaspillage des ressources naturelles en détournant des céréales qui seraient mieux affectées à la nourriture des hommes,
  • la viande de ruiner notre santé,
  • la viande d’empêcher les pays en voie de développement d’augmenter leurs productions…

Leurs revendications ? Diminuer voire supprimer la consommation de viande via une communication agressive, des images choc… En d’autres termes, « abolir l’élevage » souligne René Laporte.

L’économiste ajoute que l’association de défense des animaux Peta promet un million de dollars pour produire de la viande de culture. Par ailleurs, un projet relatif à la fabrication de viande in vitro à partir de cellules souches de vache pourrait aboutir à l’automne au sein de l’équipe du professeur Mark Post de l’université de Maastricht.

René Laporte apporte différentes réponses afin de donner légitimité à l’élevage et à la consommation de viande :

  • L’élevage est une activité économique qui représente 40 % de la production agricole mondiale.
  • L’élevage est la principale source de revenu pour 120 millions d’éleveurs dans le monde (ILRI, 2002).
  • L’élevage a le droit à la modernité et doit mettre à profit les connaissances scientifiques pour soigner leurs animaux (génétique, l’alimentation, protection de leur santé…)
  • L’homme va naturellement vers la viande, adaptée à sa physiologie et palliant de nombreuses carences.
  • En termes d’apports journaliers de fer, 100g de viande sont plus adaptés et mieux acceptés qu’1kg d’épinards.
  • La consommation dépasse rarement les limites établies puisque la majorité des individus du monde développé mangent moins de 500g de viande cuite par semaine.

 

Quelle est la responsabilité réelle de l’élevage quant aux gaz à effet de serre ? (P. Mainsant)

 

En 2006 la FAO annonçait des chiffres relativement élevés concernant l'émission des gaz à effet de serre par l’élevage. Elle reconnait discrètement aujourd'hui que l’élevage proprement dit ne serait responsable que d'environ 10% des GES dont un quart pourrait être réduit (soit à peine plus de 2%), le reste étant incompressible.

Si l’on considère la hausse annuelle de 3% de la part anthropique, P. Mainsant juge donc inopportun de « s’acharner » sur l’élevage, les 2 % seraient le prix à payer pour avoir du lait et de la viande bon marché, en soulignant aussi qu’il ne peut y avoir de lait sans élevage et sans viande.

Pascal Mainsant ajoute en outre que 20% des GES dus à l'élevage proviendraient des monogastriques, 80% des ruminants. Sachant que les monogastriques offrent 80 % de la viande consommée…

 

L’homme est il un carnivore facultatif ?(P. Mainsant)

 

Non, répond le chercheur économiste. Le front anti-viande néglige le fait que l’Homme soit omnivore et, qu’à ce titre, il soit aussi carnivore. D’ailleurs si l’Australopithèque était végétarien, certains scientifiques pensent que sa descendance n’a pu survivre que grâce à la chasse et à la consommation de chair. Comme la quête de nourriture était aléatoire, l’Homme a inventé l’élevage pour sécuriser son alimentation. Sa physiologie a évolué en même temps : grâce à la nourriture carnée, il a acquis des caractères propres aux carnivores tels les canines et l’intestin grêle.

De l’Australopithèque à l’Homo sapiens, le cerveau a plus que triplé de volume, passant de 400 cm3 à 1500 cm3 ; serait-ce grâce aux protéines animales ? Conclusion de Pascal Mainsant : « la viande a fait apparaître l’intelligence »...

 

Le mystère du panda, extrait du livre de Pascal Mainsant et René Laporte « La viande voit rouge ».

Avec ses griffes, ses dents, son système digestif, le panda, un lointain cousin de l’ours, présente une physiologie de carnivore. Une mutation lui aurait fait perdre le goût de la viande, il est alors devenu végétarien et se nourrit de bambous. « Il est dégénéré et a perdu tout instinct sexuel » selon les auteurs. « 10% seulement des mâles et des femelles réussissent à procréer et ils abandonnent souvent leurs petits. Cet animal est aujourd’hui en voie de disparition et la planète ne compte que 1600 individus malgré les efforts qui sont faits pour le sauver ». Alors doit-on se méfier du végétalisme ? ont lancé les auteurs devant une salle internationale quelque peu interloquée.

 

En conclusion : viande éthique, promesse ou réalité ?

En 2010, Jonathan Safran Foer affirmait, dans son ouvrage « faut-il manger les animaux », que la viande éthique n’était qu’une promesse. Il semble qu’aujourd’hui les acteurs de la filière viande se soit mobilisés sur les différentes thématiques ayant trait au développement durable : santé et bien-être animal, préservation des ressources naturelles et respect de la planète, engagements sociétaux…

Lors du 19ème congrès mondial de la viande, les cinq libertés auxquelles ont droit les animaux d’élevage ont d'ailleurs été largement mise en avant :

  • Ne pas souffrir de faim et de soif : accès à de l’eau potable et à une nourriture préservant la pleine santé et la pleine vigueur des animaux,
  • Ne pas souffrir de contrainte physique : environnement approprié comportant des abris et une aire de repos confortable,
  • Être indemnes de douleurs, de blessures et de maladies : prévention ou diagnostic et traitement rapides,
  • Avoir la liberté d’exprimer des comportements normaux : espaces et équipements adéquats, contact avec des animaux de la même espèce,
  • Être protégés de la peur et de la détresse : conditions d’élevage et traitements évitant les troubles comportementaux.

(*) Règle établie en 1979 par le Farm Animal Welfare Council.

Les consommateurs vont-ils percevoir les efforts engagés par la filière en matière d'éthique et de développement durable au sens large ?

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