Vers de nouveaux comportements urbains

Le 15 juin 2012

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A l’analyse du développement d’un certain nombre de villes dans le monde, il devient légitime de s’interroger sur l’existence éventuelle d’un lien entre morphologie urbaine et comportements, y compris comportements de consommation, des habitants.
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Pour simpliste qu’elle soit, la question n’en appelle pas moins une recherche d’explication compliquée, tant les paramètres à prendre en compte sont nombreux et interagissent entre eux.
Pour tenter d’apporter un éclairage, prenons l’exemple de la ville de Portland, Oregon, Etats-Unis.

En 2008, le maire de la ville lance une révision générale du Plan d’Urbanisme. L’ancien datait de 1980 et lui semblait inadapté aux évolutions des comportements de ses concitoyens. Il forge un concept ; le « 20 minutes neighborhood ». Chaque habitant de Portland devra se trouver à moins de 20 minutes de marche des commerces et des services relevant du quotidien pour disposer d’une meilleure qualité de vie. L’objectif ? Stimuler l’activité économique locale, améliorer le cadre de vie et l’environnement de tous, en poussant discrètement la voiture hors des murs de la cité pour encourager les mobilités douces

Appuyée sur les éléments constitutifs du concept, petit à petit la cité devient un espace urbain éco durable. Mais pas seulement. Car le développement de la ville procède aussi de questions de sens. Première ville américaine a avoir opté pour le rythme Slow Life, elle gère maintenant un développement proche de celui prôné par Jérémy Rifkin dans son dernier ouvrage ; une production et un partage raisonnés de l’énergie.

Cela ne traduit pas uniquement par une manière de vivre la ville, mais induit également un écosystème économique.

 

A bien y regarder, ce modèle de développement pourrait être source d’inspiration pour nos villes européennes ; promouvoir un projet urbain sur un concept à la fois simple et fort et le mettre en œuvre en mobilisant les techniques et les équipements qui vont lui donner corps.

Portland a retenu le concept « 20 minutes neighbourhood ». De manière concrète, cinq éco districts structurent le développement de la ville. L’un des plus importants et des plus aboutis est le quartier du South Waterfront. Il héberge le pôle Santé de la ville, avec hôpitaux et bâtiments d’enseignements universitaires. Sa conception accède à une demande du personnel hospitalier et universitaire ; avoir un accès rapide au site pour mieux répondre aux urgences. Résultat ; un tramway aérien, (Aerial Tram) dessert l’éco district et permet aux équipes médicales d’être rapidement à pied d’œuvre. Sur tout le district, les consommations énergétiques sont optimisées. Sur une superficie de plus d’un hectare, les toits sont équipés de systèmes de production d’énergie partagée entre les différents usagers du quartier. Les éclairages publics sont confiés à des leds basse consommation. Des poubelles solaires compactent automatiquement les déchets dont 67% sont recyclés. et valorisés.

Les autres éco districts se sont développés sur les mêmes principes. Et peu à peu, les équipements sont entrés en résonnance avec les choix de vie des habitants, ces choix étant eux même influencés par les principes de développement de la ville. Des espaces de location de voitures électriques munis de bornes de rechargement, des particuliers d’un même quartier mettant leurs véhicules en location pour permettre à leurs voisins de disposer un temps d’une berline ou d’un petit utilitaire selon leurs besoins… Portland est la première ville des Etats-Unis pour son taux de « Bike Commuters » quotidiens. Plus du quart de la population rejoint son lieu de travail à vélo sur plus de 510 kilomètres de pistes cyclables aménagées dans l’espace urbain. Une approche de la mobilité qui a permit de diminuer de 20 % le nombre de véhicules fréquentant le centre ville.

 

 

 

De leur coté les habitants adoptent comportement et attitudes qui donnent corps au concept de développement urbain retenu. Un mouvement culinaire slow food se fonde sur le «farm to table ». La ville vit au rythme des saisons et de ses marchés. Mac Donald a fini par fermer la majorité de ses restaurants face ces nouveaux comportements.

Des magasins de produits de seconde main ont éclos un peu partout.. Ils répondent à la préoccupation des habitants de ne pas surconsommer, au risque d’impacter de façon irraisonnable le niveau de ressources disponibles. Portland connaît ainsi la plus grande librairie de livres usagés du monde.

Derrière cette façade bio se cachent des réussites exemplaires ; « Growing Gardens » vient en aide aux plus défavorisés en leur donnant accès à des jardins familiaux et en leur apprenant à cultiver les fruits et les légumes. Un « food hub » met directement en relation maraichers, fermiers et consommateurs, que ces derniers soient une école, un hôpital ou un ménage.

 

D’une manière générale, la ville laisse une grande part aux initiatives individuelles. Elle les encourage et ne les étouffe pas à l'image de Los Angeles pourtant toute proche. Il s’en suit une qualité de vie qui appuyée sur son concept de développement urbain donne à Portland une image et un rayonnement sans équivalent.

 

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