Et si on achetait son véhicule électrique avec sa maison ?

Le 08 juin 2012

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Derrière ce titre provocateur se cache l’idée que le véhicule électrique est en quête de sens. Très attendu, il doit faire face à de nombreux détracteurs et à un démarrage poussif en termes de volumes. Pour ne pas faire « pschitt », le véhicule électrique doit donc créer du sens en s’intégrant dans notre quotidien sans trop bousculer nos usages.

L’équation à résoudre semble donc complexe mais des solutions existent comme celle de l'intégration du véhicule électrique dans l'habitat. En France, deux projets actuellement en phase d'expérimentaion vont dans ce sens. Le projet "Maison Air et Lumière" de Velux auquel Nissan est associé via la mise à disposition d'une Leaf. Et le projet MFC 2020 qui va plus loin en proposant une gestion des flux énergétiques articulée entre l'habitat et le véhicule électrique. A travers ce concept, quelques éléments de réponse quant à l'intégration du véhicule électrique dans notre quotidien peuvent être dégagés.

Une approche énergétique globale centrée sur l’usage, la gestion des pics de consommation et de l’excédent


Initiative du groupe Maisons France Confort entouré de 16 partenaires parmi lesquels on compte BMW, EDF et Schneider, le concept MFC 2020 est l’association d’une maison à énergie positive aux performances énergétiques hors normes (supérieures de 256% aux exigences de la RT 2012), avec un véhicule électrique. C’est donc l’intégration en amont de l’habitat et du transport qui sont les deux postes les plus énergivores de notre quotidien.

Dans cette approche énergétique globale, le véhicule électrique se positionne comme une banque mobile d’énergie capable de capter ou de céder l’excédent produit par l’habitat en fonction des conditions et de la demande. Ainsi, cette intégration du véhicule électrique permet la gestion des pics et des creux de consommation dans une logique bidirectionnelle pilotée grâce aux smartgrids et à la domotique.

Une manière de donner du sens au véhicule électrique


Dans le projet MFC 2020, la gestion des interactions énergétiques de l’habitat est automatiquement régulée de manière à dégager quotidiennement un excédent énergétique permettant d’alimenter le véhicule électrique via de l’énergie photovoltaïque à hauteur de 60km/jour. C’est donc de l’énergie décarbonée produite localement qui vient alimenter le véhicule électrique.

En se positionnant au cœur du dispositif de gestion énergétique de l’habitat de demain, le véhicule électrique ajoute de la flexibilité en étant en mesure à la fois d’absorber l’excédent énergétique du bâtiment tout en permettant de faire face aux pics de consommation. Dans la perspective d'une évolution de la réglementation thermique des bâtiments vers la "maison à énergie positive" en 2020, le véhicule électrique pourrait s'inscrire comme le complément utile à la maison pour consommer l'excédent d'énergie produite dans une logique d'autoconsommation. Une solution moins perturbante pour le réseau que le versement de l'exédent énergétique sur celui-ci et favorisant le recours aux énergies renouvelables.

La nécessité d’élargir le dispositif à l’entreprise


De manière générale, dans un foyer, les pics de consommation se situent le matin et le soir. Soit, juste avant le trajet domicile/travail qui nécessite un véhicule chargé, soit juste après, ce qui implique un véhicule déchargé. L'optimisation du couple habitat/véhicule électrique passe également par la prise en compte des capacités de recharge en dehors du domicile, en particulier sur le lieu de travail. Il apparait alors nécessaire d’élargir le dispositif de gestion à l’entreprise.

En matière de smartgrid, même si de nombreuses initiatives et expérimentations existent, elles sont encore cloisonnées et doivent aller vers une interconnexion du triptyque véhicule électrique, habitat et entreprise. Là encore, l’efficience passe par une intégration et une mutualisation en amont des postes énergivores.

Le développement de ces services de gestion énergétique dépendra de la vitesse de déploiement des infrastructures de recharge. La réglementation déjà en vigueur devrait faciliter cette implantation nécessairement massive. En effet, entre le « droit à la prise » pour les particuliers et l’obligation pour tous les immeubles de bureaux (neufs ou anciens) de disposer à partir du 1er janvier 2015 d’infrastructures de recharge pour véhicules électriques, les conditions semblent réunies pour le développement de services associés et d’interconnexions énergétiques.

Le véhicule électrique comme tampon de la flexibilité énergétique de demain


Dans un contexte où il est remis en cause par des volumes de ventes encore faible, en particulier par son coût et son manque d'autonomie, l’idée est de rappeler que le véhicule électrique impose une approche plus systémique de la mobilité.

Même si les usages seront au final similaires (90% des trajets quotidien font moins de 90km/j), cela implique de mettre en place un contexte favorable à son intégration. Si, contrairement à son homologue thermique, le véhicule électrique ne se suffit pas à lui-même, il peut aussi être source de valeur ajoutée dans un environnement prêt à l’accueillir.

La complémentarité énergétique entre habitat et véhicule électrique que tente de démontrer le concept MFC 2020 en est une indication.


Dans cette idée où le tout équivaut à plus que la somme des parties et où tout notre écosystème va dans le sens d’une baisse des émissions de GES et de consommation d’énergies fossiles, le véhicule électrique pourrait bien jouer le rôle de tampon dans la flexibilité énergétique de demain.

Crédit photo : © arsdigital - Fotolia.com

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