Téléconsultation ou conseil médical en ligne : l’offre et la demande se développent

Le 31 mai 2012

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La consultation ou le conseil médical en ligne se développent en France comme en Europe, du fait d’une demande croissante du public, des politiques de santé, et d’offres qui se multiplient. Le téléconseil ou la téléconsultation prennent de plus en plus de place dans le système de santé, et s’appuient sur des solutions TIC dédiées.

De quoi parle-t-on ?

>> La téléconsultation, telle que définie par le décret du 19 octobre 2010, est le fait, pour un patient, de consulter un professionnel médical à distance.

Si un professionnel de santé fait appel à un autre professionnel, à distance, il est question de télé-expertise ou téléassistance, selon le cas.

Si un professionnel médical interprète à distance des données nécessaires au suivi médical du patient, il est question alors de télésurveillance médicale, utilisée principalement pour des patients à leur domicile et atteints de maladies chroniques.

Cf. www.themavision.fr/jcms/rw_263586/l-asip-sante-precise-le-decret-de-telemedecine-du-19-octobre-2010 pour accéder au décret de télémédecine et à la note juridique de l’ASIP Santé.

 

>> Le conseil médical en ligne, ou téléconseil est une prestation de conseil médical réalisée par téléphone ou messagerie ou visioconférence. Ce service est soit facturé directement au patient (facturation « au conseil » ou à la minute, par ex.), soit payé par certaines complémentaires santé qui proposent ce conseil (offert ou option payante) à leurs adhérents. Dans le 2ème cas, l’objectif de la complémentaire est de se différencier par ce service, ou bien de faire de la prévention santé pour limiter ses coûts de remboursement à venir.

 

En France, d’un point de vue réglementaire, le téléconseil est beaucoup moins contraint que la téléconsultation qui, considérée comme un acte médical, doit être encadrée et autorisée par les Agences régionales de Santé ou entrer dans un programme national défini par arrêté ministériel.

Le téléconseil se positionne donc en complément plutôt qu’en substitution d’une consultation classique auprès du médecin traitant.

 

Les tendances et les acteurs du marché

Les principales motivations des patients pour le téléconseil sont de solliciter un 2ème avis médical (en plus de celui de leur médecin traitant), se faire préciser des informations données par le médecin traitant, ou bien parler d’un sujet délicat à aborder en vis-à-vis (à ce titre, la sexualité est l’un des sujets les plus abordés en téléconseil).

 

Le téléconseil intéresse un public large, notamment les seniors.

 

Plusieurs éléments de contexte contribuent au développement du téléconseil en France :

  • une désertification médicale dans certaines zones (rurales surtout)   => le téléconseil évite de se déplacer,
  • l’augmentation des dépenses de santé, qui pèsent sur le budget des ménages  => poser une question à distance à un médecin peut être une alternative moins chère qu'une consultation classique,
  • une forte demande d’information des patients, qui se traduit notamment par une très forte fréquentation des sites web d’information santé (dont Doctissimo est leader) => mieux informés, les patients sont plus exigeants vis-à-vis du corps médical et davantage en demande d’un 2ème avis ou d’une explication,
  • une médecine de plus en plus pointue => le téléconseil peut être un moyen d’accéder à un « savoir médical » plus pointu et/ou plus à jour que celui de son médecin généraliste.

 

Sur ce marché du téléconseil se positionnent de plus en plus d’acteurs, tels que :

  • Wengo, filiale de Vivendi, qui parmi un ensemble très vaste de téléconseils (juridique, informatique…) propose depuis février 2011 du téléconseil médical à travers la plateforme de la société H2AD, au tarif de 2,5€ la minute,
  • DocteurClic : propose des « questions à un médecin », pour 6,5 Euros par question,
  • Francemedecin : ouvert en décembre 2011, 3 euros la minute par téléphone ou 13 euros par mail,
  • Medecindirect
  • Lavismedical

 

Face à cette montée en puissance, l’Ordre des Médecins s’interroge sur les aspects éthiques et déontologiques, le risque de dérive commerciale, et rappelle qu’il s’agit d’un avis donné à distance et non d’une véritable consultation. Il demande à l'Etat de lever ce qu'il appelle un "flou juridique".

 

La situation à l’international

Le téléconseil médical ou la téléconsultation sont beaucoup moins développés en France que dans certains pays comme la Suisse, le Danemark, la Grande-Bretagne…

Ces différences sont liées aux politiques publiques mais aussi à l’organisation et au mode de financement de la santé.

Ainsi, la Grande-Bretagne a mis en place depuis 1997 NHS Direct, un système de conseil médical par téléphone ou internet, qui reçoit 10 millions de sollicitations par an. Ceci permet d'éviter 1,6 millions de visites chez le généraliste et 1 million de consultations aux urgences.

A l’opposé, dans des pays comme la Suisse, le téléconseil est principalement financé par les complémentaires santé, pour limiter le recours aux consultations classiques dans le cadre d’un faible financement public de la santé.

 

Globalement, du fait des contraintes budgétaires des politiques publiques, le téléconseil ou la téléconsultation vont sans doute se développer durablement comme composante d’un système global de santé, en tant que moyen de prédiagnostic, de pré-tri ou d’orientation afin de limiter le recours à des moyens plus coûteux (urgences, consultations classiques…), ou pour pallier la désertification médicale dans certaines zones.

 

Quelles opportunités pour des entreprises du secteur TIC ?

Les besoins, en termes de TIC, associés au développement de la téléconsultation ou du conseil médical en ligne, sont notamment :

  • Des solutions logicielles pour la plateforme de service :
  • assurer l’interface entre le patient et le médecin à distance (tél, visioconférence, messagerie),
  • gérer la relation client (facturation, …),
  • gérer les informations médicales : traçabilité des échanges, renseignement du dossier médical voire interface avec le Dossier Médical Patient…
  • disposer d’outils d’aide au diagnostic et à la décision, pour accélérer et fiabiliser le travail des « téléconseillers »   (par ex., NHS Direct en Grande-Bretagne et Medgate en Suisse utilisent de tels outils)
  • Des dispositifs médicaux grand public (mesure des paramètres physiologiques), communicants ou non, pour collecter des données médicales en instantané ou enregistrées sur une période – par ex. tension artérielle, température, poids… - et les transmettre au médecin pour qu’il affine son diagnostic et ses conseils

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