Floating Mobile Data : Quand l’usager en mobilité devient émetteur et récepteur d’info-trafic.

Le 22 mai 2012

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Afficher en taille réelle Capture d’écran de l’application Paris Trafic, de l’éditeur Damabia.

Au croisement des enjeux de mobilité individuelle et de gestion collective du trafic et des réseaux, le « Floating Mobile Data » exploite les possibilités offertes par la géolocalisation et les technologies de l’information et de la communication dans les téléphones portables intelligents (« smartphones ») pour rendre possible la transmission bidirectionnelle de données trafic en temps réel. Ou comment l’usager devient fournisseur et consommateur des données qu’il produit.

Floating Mobile Data et Crowdsourcing

Le Floating Mobile Data (FMD) consiste à exploiter de manière anonyme les données issues des téléphones portables et du réseau d’infrastructures afin de déterminer, par addition d’informations relatives à la vitesse moyenne ou à la densité de circulation, les tronçons les plus  congestionnés, la programmation d’un itinéraire ou un temps de parcours hypothétique. En d’autres termes, le FMD permet d’aider à la navigation et à la gestion d’infrastructure en détectant ralentissements et embouteillages.

La captation d’informations issues des usagers en mobilité, qui fait de ceux-ci non plus des clients passifs, mais de véritables acteurs du système d’information, n’est pas sans évoquer la tendance croissante au « crowdsourcing », néologisme américain qui peut se traduire en français par « approvisionnement par la  foule » ou « externalisation à grande échelle ». En effet, dans les deux cas, Floating Mobile Data et Crowdsourcing, nous sommes confrontés au partage d’informations et au travail collaboratif. Chaque usager devient un acteur en réseau du système ; chacun devient un capteur, un éclaireur, une source d’information pour tous.

La technologie FMD permet aux gestionnaires d’infrastructures (Etat, collectivités, entreprises concessionnaires) de disposer d’informations complémentaires à leurs sources classiques (capteurs, boucles…) sans investissements massifs, en s’appuyant sur les bases de données géolocalisées dont  disposent les opérateurs mobiles et les opérateurs de mobilité.

Des services en cours de déploiement en France :

En France, les services liés au Floating Mobile Data sont actuellement en cours de déploiement. Les nouveaux usages combinant téléphonie mobile et gestion du trafic font l’objet de plusieurs offres concurrentes avec des approches opposées en termes de modèle d’affaires.

A l’origine, il y a des fabriquants de GPS, comme TOM-TOM et Coyote, qui fournissent des informations trafic précises à travers des services payants (HD Traffic) intégrés à leurs appareils embarqués. Désormais, ces offres sont directement concurrencées par les opérateurs de téléphonie mobile SFR, Bouygues Télécom et Orange, qui, associés notamment au fournisseur d’informations trafic Médiamobile commercialisent une offre d’information trafic sur téléphones portables intelligents appelée V-Trafic. Une expérimentation de ce système a récemment eu lieu à Toulouse, sous le nom de Trafic Zen.

Omniscience et Liberté de mouvement

Pour autant, malgré leur utilité manifeste, il faut rappeler les risques que peuvent présenter ces nouveaux usages tant en matière d’attention au volant, que de fiabilité des données et surtout de confidentialité et respect de la vie privée. Le téléphone portable de chacun tend à devenir un capteur, un microphone, une caméra, une sonde. Il devient un point d’accès permanent à chaque individu, un lien permanent avec le réseau. En effet, la géolocalisation rend possible le suivi en temps réel des déplacements de tous.

D’une certaine façon, le Floating Mobile Data représente un pas de plus vers une société d’ubiquité, d’omniscience, une société de l’information ouverte. A travers l’informatique, chacun de nous est éclairé, chacun de nous est surveillé. C’est pourquoi l’exigence d’anonymisation des données est plus que jamais d’actualité.

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