Consommer durable : les intentions à l'épreuve des faits

Le 12 avril 2012

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Plus de huit Français sur dix se déclarent préoccupés par la crise écologique, selon une enquête de l'institut Harris Interactive pour la fondation Nicolas Hulot publiée en avril 2012. Comment cette préoccupation se traduit-elle dans les comportements de consommation et les modes de vie ?

Les chiffres sont éloquents : selon le Club des Villes et Territoires Cyclables, 5% des Français utilisent quotidiennement le vélo pour se déplacer. Pourtant, au même moment 35% des Français se disent prêts à "prendre leur vélo à la place de la voiture autant que possible" (sondage Ecover - TNS Sofres). Un tel écart peut surprendre. Dans ce cas précis, l'écart entre les intentions et les faits s'explique peut-être par les efforts insuffisants entrepris pour populariser l'usage du vélo : manque de pistes cyclables et de stationnement sécurisé... Mais on peut y lire également le caractère contradictoire de nos comportements : on veut tout et son contraire. Autre illustration : on déplore la fermeture des usines d'habillement en France et leurs conséquences pour l'emploi, mais on achète dans les grandes surfaces des vêtements fabriqués en Asie à des prix défiant toute concurrence.

 

"Le coût demeure un obstacle majeur"

Un autre élément essentiel permet de comprendre pourquoi l'intérêt des Français pour les questions environnementales peine à se traduire dans leurs comportements de consommation : cet élément c'est le prix des produits présentés comme respectueux de l'environnement. C'est en effet l'une des conclusions de l’étude ImagePower® Global Green Brands 2011 réalisée par l’institut PSB : autant les Français se montrent de plus en plus préoccupés par l'état de leur environnement, autant "le prix reste le frein majeur à l’achat de produits verts"

Interrogé par la journaliste Laure Belot dans Le Monde du 4 avril 2012, Etienne Mercier, directeur adjoint du département opinion chez Ipsos confirme : "Le pouvoir d'achat prévaut de plus en plus face à l'environnement".

Au-delà du prix qui renvoie à la question du pouvoir d'achat et aux arbitrages auxquels sont confrontés les consommateurs, d'autres éléments viennent éclairer l'écart entre les intentions et les faits. En mars 2012 le quotidien Le Monde a lancé sur Internet un appel : "Réfractaires au développement durable, témoignez". Parmi les nombreuses réponses reçues, plusieurs témoignent d'un "écolo-scepticisme" qui semble se développer en France, tendance annoncée en 2011 par un sondage Ipsos selon lequel 45% des personnes enquêtées estimaient que l'on en "faisait trop sur le réchauffement climatique". Y compris au lendemain de Fukushima, des doutes quant à l'urgence de la question environnementale demeurent chez les Français.

Enfin le consommateur garde un certain scepticisme à l'égard du marketing vert : 46% des personnes interrogées par PSB pour l'enquête ImagePower® Global Green Brands 2011 considèrent que "l’excès de communication verte nuit à la compréhension". L'étude du Crédoc sur les attitudes et comportements des Français en matière d'environnement (novembre 2010) soulignait déjà cette tendance : si la notion de développement durable voit sa notoriété progresser, de forts doutes demeurent quant à la clarté et à la fiabilité de l'information délivrée au consommateur, et celui-ci ne se montre guère convaincu par l'intérêt de l'affichage environnemental. En arrière-plan, des doutes par rapport au "green washing" persistent dans l'esprit du consommateur.

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