Vers une nouvelle catégorie de supermarchés ?

Le 12 avril 2012

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Un supermarché peut-il encore aujourd’hui développer une attitude partenariale et éthique dans les relations qu’il entretient avec ses clients et ses fournisseurs ?

Le secteur des Grandes Surfaces Alimentaires (GSA) britanniques est l’un des plus difficile au monde. Plus de 80% de l’alimentation de détail sont contrôlés par quelques grandes entreprises célèbres pour leur intransigeance en matière de prix et leur attachement forcené au principe de concurrence. Or satisfaire les clients avec des prix bas passe souvent par une très forte pression sur les producteurs. Car une liaison mécanique s’est peu à peu instaurée ces dernières années entre producteurs et distributeurs avec, dans le rôle des fournisseurs, des entreprises qui doivent produire des quantités toujours plus importantes à des prix toujours plus bas, et le plus souvent pour le compte d’un seul acheteur. Une situation de monopsone comme la nomment les économistes. La presse britannique se fait régulièrement l’écho des pratiques qu’entraînent des prix à la ferme couvrant à peine les coûts de production, des accords commerciaux qui font porter tous les risques aux agriculteurs et rien aux consommateurs, des supermarchés qui pratiquent des importations de fruits et légumes poussant pourtant très bien localement mais qui coûtent légèrement moins cher que les productions locales.

Pourtant un distributeur implanté majoritairement dans le nord de l’Angleterre, affirme avoir trouvé une autre façon de travailler sans compromettre sa propre rentabilité : BOOTHS.

A la différence de ses confrères de la grande distribution qui ont déjà tenté l’expérience, BOOTHS base sa relation avec les producteurs sur un engagement de confiance réciproque. La chaîne paye le prix du marché, pas plus, mais y ajoute une prime systématique. Par exemple, 5 euros par tête pour des agneaux achetés à un petit producteur local. Le contrat stipule la fourniture de 60 agneaux arrivés à terme par semaine. Mais, si une semaine il n’y a que 55 bêtes à avoir atteint le poids requis, la chaîne prend les 55 agneaux sans dénonciation de contrat. Et verse les primes au prorata des animaux achetés. Ainsi, de 26 à 30% des produits vendus dans les supermarchés BOOTHS proviennent de producteurs locaux, avec des accords de commercialisation relativement souples. Ce qui est nettement supérieur à la moyenne des pratiques observées dans les supermarchés britanniques.

Le positionnement marketing de BOOTHS est plutôt moyen-haut de gamme par rapport à ses concurrents. Certes les produits y sont plus chers : en moyenne de 10 à 15% par rapport aux prix pratiqués par les Grandes Surfaces Alimentaires traditionnelles. Mais pour Mr Booth, propriétaire de la chaîne de magasins éponyme, «  on peut soutenir qu’il est normal que le consommateur paye ce prix. De plus en plus de personnes font leurs courses avec une conscience éthique… ».

BOOTHS ouvrirait-il la voie à un nouvel écosystème, responsabilisant le consommateur dans ses arbitrages d’achat et le distributeur dans une politique d’approvisionnement qui oriente le producteur vers un modèle économique pérenne ?

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