Les résidences-services : un marché mal connu mais prometteur

Le 29 mars 2012

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Les résidences-seniors (ou résidences avec services pour seniors) représentent encore un marché de niche, mais qui semble promis à un bel avenir. Ce marché, dont les entreprises ont souvent une image floue voire fausse, est parfois plus accessible et rentable que les marchés du domicile et des établissements d'hébergement.

 

De quel marché parle-t-on ?

Aujourd’hui, 95% des seniors en France (de 60 ans et plus) vivent à domicile, 4% en hébergements collectifs médicalisés du fait de leur dépendance (principalement des EHPAD, cf. article sur les maisons de retraite et EHPAD) et 1% en structures d’hébergements autonomes non ou peu médicalisées.

 

 

 

 

 

 

 
Cette population en logements autonomes non médicalisés se répartit comme suit :

résidences-seniors

La cible visée par les villages ou résidences seniors est celle des seniors encore suffisamment autonomes pour ne pas être obligés d’aller en structure collective médicalisée (avant 85 ans environ), et qui, par rapport à leur domicile y voient deux avantages :

  • être moins isolés,
  • accéder à des services.

Cependant, il existe aujourd’hui de nombreux concepts de villages et résidences qui ciblent des sous-segments précis de seniors (principalement en fonction de leur âge et de leurs revenus) pour leur offrir des équipements, activités et services cohérents avec leurs attentes et besoins.

Des nouveaux concepts tels que les résidences intergénérationnelles, les résidences en proximité d’EHPAD (pour l'accueil du conjoint) se développent aussi.


Les tendances de ce marché

Dans un contexte de vieillissement de la population, peu de solutions existent aujourd’hui entre le domicile et la maison de retraite pour les seniors de 70-75 ans. Le développement de ces nouveaux concepts de logements confortables, autonomes, avec services associés et adaptés à une légère perte d’autonomie et de lien social, sont une nouvelle réponse à ce segment de seniors non encore adressé et en croissance à moyen terme.

Par ailleurs, les promoteurs immobiliers perçoivent ce segment des résidences seniors comme un nouveau levier de croissance, ce qui les pousse à lancer de nouveaux programmes. De plus, les incitations fiscales et le rendement des placements dans la pierre attirent les investisseurs.

Enfin, après une période de tâtonnement, les acteurs du marché ont su définir des modèles économiques rentables (notamment via des bouquets de services à la carte), ajuster leur positionnement tarifaire (certains loyers sont maintenant inférieurs à 800€/mois) et mieux segmenter leur offre en fonction de la cible visée.

Les principaux freins restent liés à la nécessité de faire connaître aux seniors ces nouveaux concepts, et à la capacité de financement des seniors.


Les acteurs du marché

Ils se décomposent en 3 métiers : les promoteurs, les exploitants et les syndics.

Les promoteurs spécialisés en résidences seniors, tels qu’Acapace (Jardins d’Arcadie) ou Aegide (Domitys) sont aujourd’hui rejoints par les spécialistes des résidences services (ex. Pierre&Vacances, offre Les Sénioriales), par des spécialistes des EHPA(D) ou par des promoteurs généralistes (Cogedim, Nexity, Vinci Immobilier…), avec des stratégies variées.

Par exemple, le rachat des Sénioriales est l’opportunité pour Pierre&Vacances de capter une clientèle 3ème âge et de développer des synergies : vendre aux résidents seniors des séjours dans ses résidences tourisme.


Des opportunités pour les entreprises qui proposent des solutions TIC pour seniors

Le segment des résidences et villages seniors, intermédiaire entre le domicile et le segment des établissements (maisons de retraite et EHPAD), est intéressant à plusieurs titres :

  • Les seniors résidents ont des besoins proches de ceux qui sont à domicile (en solutions de sécurité, divertissement, communication / lien social…), et sont souvent plus aisés que la moyenne. De leur côté, les promoteurs et exploitants ont des besoins spécifiques pour améliorer l’attractivité ou la rentabilité de leurs résidences (avec des besoins qui se rapprochent de ceux des établissements).
  • L’approche commerciale est plus facile qu’en B2C : le promoteur ou exploitant de résidence peut être client, prescripteur ou revendeur de l’offre (qu'il peut intègrer dans son bouquet de services optionnels).
  • Les coûts techniques de déploiement peuvent être mutualisés entre les différents logements (par ex. infrastructure télécom, installation, support technique…), ce qui abaisse le coût de revient de la solution.

Donc cette niche de marché peut être plus accessible et rentable que le marché du domicile. Elle peut également être l’opportunité de tester une solution à grande échelle et d'acquérir des références, avant de cibler les segments du domicile et des établissements.

 

Source principale : Xerfi

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