Des PME françaises qui misent sur le véhicule électrique

Le 20 mars 2012

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Avec des PME leaders du marché de la voiture sans permis, et une expérience de l’électromobilité débutée dès 1996, la France semble avoir une carte à jouer dans le marché naissant du petit véhicule électrique.

Acteurs traditionnels et nouveaux entrants se tournent vers l'électrique.

Jusqu'à présent, le marché du quadricycle se calquait sur celui de la voiture dite « sans permis ». Avec un volume de 35 000 véhicules vendus chaque année en Europe, il s’agit d’une niche française, puisque l’hexagone assure 40% des achats. Marché d’ailleurs dominé par des PME françaises dont la société savoyarde Aixam en est le leader en assurant 45% du marché.

L’arrivée de l’électromobilité ne semble guère intéresser ce leader, ce qui permet à de plus petites sociétés de se positionner. Microcar propose à la vente sa M. Go électric et la société Chatenet Automobiles annonce un modèle électrique pour mi-2012, la CH26-ZE. Deux véhicules "sans permis" et pilotables dès l'âge de 16 ans.

 

ElecMgoCH26ZE

La France, forte d’un véritable marché du véhicule léger et d’une expérience de l’électromobilité depuis 1996 se trouve donc être un territoire propice à la création de jeunes PME souhaitant se lancer dans l’aventure du petit véhicule électrique. Le marché intéresse aussi les acteurs traditionnels puisque Renault lance son quadricycle électrique : La Twizy (produite en Espagne). Ces modèles visent plus volontiers une clientèle jeune et urbaine, cherchant un mode de déplacement ludique, dimensionné à leur pratiques de mobilité et mode de vie.

Des projets régionaux en phase d'industrialisation

Depuis 2008 plusieurs sociétés sont apparues dans le paysage économique français, poussées par des appels à projets de l’Etat ou de certains départements (voir projet SAVE des Yvelines) avec pour idée de repenser la mobilité urbaine. Ces projets implantés sur tout le territoire français (voir notre cartographie ci dessous) ont pu pour certains attirer investisseurs et financeurs et passer en phase d'industrialisation, à petite et moyenne échelle.

Dans le domaine du petit véhicule électrique, c’est la société Luménéo des Yvelines qui est la première à commercialiser un véhicule de ce type avec sa Smera et sa Neoma. La société vient de lever 6 millions d'euros pour développer ces deux modèles qui seront produits  sur le site Faurecia vosgien de Nompatelize.

Toujours dans le département des Yvelines, la société Muse propose Mooville un petit véhicule conçu entièrement pour l’autopartage, et décliné également dans une version utilitaire allongée pour la livraison "dernier kilomètre".

ElecMooville

Sur un autre niche, la jeune société ardéchoise Volteis commercialise, depuis 2010, un petit 4x4 électrique à destination des professionnels du tourisme, avec un volume d’affaires représentant 200VE/an. La société a récemment réalisé une levée de fond de 900 k€ pour appuyer notamment son implantation sur les îles (Seychelles, Maurice..) à qui se destinent ses voitures.

Enfin, sur ce marché du VE léger, la société Mia électric avec ces 12 000 véhicules/an et ces 350 salariés, fait office de poids lourd. Le projet charentais, porté à l'origine par Heuliez, est désormais l'objet d'une coopération entre le français Baelen Gaillard Industrie (BGI) et le fond de l'allemand Edwin Kohl. Les moyens investis sont à la hauteur de l'ambition puisque ce sont pas moins de 35 millions d'euros qui ont été débloqués dès l'année de la reprise de la marque. 

ElecVolteisMia

Il ne faut pas oublier le marché du quadricycle électrique lourd destiné à remplacer les petits utilitaires spécifiques (transport de marchandises pour le dernier kilomètre ou le nettoyage urbain…) qui semble prometteur. Dans ce domaine, on y retrouve le Mooville (décrit ci dessus), mais également, la société du Loiret Little Car qui propose aux communes son mini-utilitaire électrique l’Ebox, complément de la citadine T-Concept (150 exemplaires prévus en 2012).

C’est dans le Sud-Ouest à Bourran (47) que nous trouvons la société Goupil : première à s’être positionnée sur le créneau du véhicule utilitaire électrique avec le G3 et proposant maintenant une gamme allant du plateau à la benne basculante en passant par le fourgon frigorifique.

 

ElecG3

Dans un tout autre registre, la première voiture électrique Grand Tourisme, la Furtive E-GT est produite à Magny-Cours par Exagon Motors (une dizaine prévues en 2012). L'entreprise Venturi (Monaco) produira en 2012 également une dizaine d'exemplaires de sa Fetish.

ElecFurtive

Si du côté des grands constructeurs, le marché du véhicule électrique classique (berline) a du mal à décoller, l’électromobilité pourrait faire son apparition dans notre paysage urbain via des petits véhicules conçus pour des usages spécifiques par des PME innovantes. 

Ces entreprises au modèle de développement atypique doivent maintenant s'appuyer sur une stratégie de financement à long terme si elles veulent passer du "prototype à 100 exemplaires" à une vraie production industrielle. Ancrées dans nos territoires, leur pérennité peut contribuer à façonner une nouvelle carte du tissu industriel français d'autant plus qu'elles jouent souvent la carte du sourcing local.

Cartographie

ElecTableau

ElecCarto




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