Pourquoi les parts de marché du diesel vont baisser ?

Le 12 mars 2012

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En Europe, les motorisations diesel ont représenté 60 % des immatriculations (72% en France). Ce taux de diésélisation a augmenté de 2 % en 2011, mais le Bipe estime qu'il devrait s’inverser d’ici 2020. Celui-ci estime en effet que d'ici là, les motorisations diesel ne représenteront plus que 35%, 65 % pour l’essence. Pourquoi ce retournement ?

Vers une harmonisation de la fiscalité pour les véhicules d’entreprise

Une particularité française permet aux entreprises de récupérer la TVA sur les motorisations diesel, alors que la TVA des véhicules essence ne l’est pas. Cela explique pour une grande part la monoculture du véhicule d’entreprise à 96% diesel, les véhicules d’entreprises représentant 42% des immatriculations en France. Ce particularisme devrait être corrigé dans les années prochaines par une harmonisation des règles de déduction de la TVA pour les véhicules d’entreprise. Pour les plus petits rouleurs professionnels, la motorisation essence redeviendrait ainsi pertinente.

 

 

L’accroissement de l’écart de prix entre moteur essence et diesel

La mortalité liée à la qualité de l’air représente  plus de 40 000 morts par an selon les études du ministère de la santé, 10 fois plus que les morts sur la route. On sait maintenant que les particules émises par la combustion des moteurs en sont responsables pour une part importante, en particulier dans les zones urbaines. Les normes Euro 6 qui entrent en vigueur en 2014 renforce les exigences en termes d’émissions de particules, avec un objectif de division par 2 par rapport à Euro 5. Le respect d’Euro 6 va imposer des dispositifs de dépollution plus importants pour les moteurs diesel. Selon le Bipe, ce surcoût pourrait être de plusieurs centaines d’Euro, jusque 1000 € selon certaines prévisions.

 

Le rapprochement des consommations

Les technologies de downsizing essence amènent des progrès importants sur la consommation des moteurs essence qui viennent de plus en plus concurrencer les moteurs diesel. La Nissan Micra 1,2 L essence consomme 4,1 litre au 100 km. A titre de comparaison la polo de VW 1,6 L diesel affiche une consommation de 4,2 L au 100.

 

Le rapprochement des prix à la pompe

La forte consommation de gasoil entraine une pression plus forte sur le prix du gasoil que sur l’essence entrainant la réduction de l’écart de prix à la pompe que nous connaissons. Il est aujourd’hui de l’ordre de 10 centimes d’Euros.

Par ailleurs la Commission Européenne souhaite faire évoluer la taxation des carburants aujourd’hui plus favorable au diesel dans la majorité des pays européens. Le gasoil est en effet plus cher hors taxe mais moins taxé. Par ailleurs, compte-tenu de ses émissions de CO2 par litre consommé plus importante que pour l'essence, l’UE considère qu’il devrait être plus taxé. La commission a repoussé le vote du projet prévoyant l’indexation de la taxation sur l’empreinte environnementale mais il n’est pas abandonné et devrait être mis en œuvre progressivement jusqu'en 2023.

 

L’évolution des pratiques

Dans un contexte de stagnation du pouvoir d’achat, de hausse du prix des carburants, le besoin de maîtrise du budget transport entraîne des évolutions dans les pratiques de mobilité. D’une part, nous constatons une baisse des kilométrages moyens parcourus (réduisant l’intérêt du diesel). D’autre part, la baisse des kilométrages moyens parcourus se confirme depuis quelques années. Enfin, l’achat de petits véhicules moins chers à l’achat est une tendance de fond. L’offre de petits véhicules s’est d’ailleurs considérablement étoffée, dont une part maintenant importante ne propose plus de motorisation diesel. C’est déjà le cas de Nissan Micra, Honda Jazz, Renault Wind, Kia Picanto, Mitsubishi Colt et d'autres… La nouvelle petite de Volkswagen, la Up! n’est pas déclinée en diesel, et les petits modèles de PSA, gros producteur de moteurs diesel, ne sont plus disponibles en version diesel, tout comme la Aygo de Toyota fabriqué sur la même base.

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